LILI.O, à JranuF
Je VOUS adore cl, je l’cspèrc,
Vous m’accepterez pour é|>ouv!
TSRENTE, ipi't.
Nous le tenons!
iF.aNNE, à I«rt.
Il est à nous!
UU.O. i Jeart.<«.
Ma l>elle enfant, qii'cn dites-vous?..
TABENTE.
Voyons, voyons, causons d'affaires;
Que peux-tu donner h ma swiir?..
LILLO
J’ai derargent, de bonnes terres...
JE&.NXE. d*u» airda m^prii.
Bien queccta?
TARENTE. afr ironie.
C’est bien ftatlcur!
lEANNR al TARKNTB, riauL
En vérité! c’est trop d’honneur!
LILLO
Ce n’est pas tout. . . à ma richesse .
Je pourrai joindre la noblesse :
ÈCOUtCZ-IDOi...
JEANNE et TAKENTE.
Explique-toi !
LtLLO, B«r« nijiticra.
De Durazzo, J’ai la promesse.
Il me donne nn tiiredc brillant;
Il me fait duc. parconséqucni,
Mon épouse sera duchesse.
JEANNE, aieciroflir.
Bien que cela!
TARK.NTE, de niiiitr.
C’est bien Qatteur!
JEANNE M TARENTE, rlairt.
En vérité! c’esi trop d'honneur!
LILLO, •lupctaii.
Eh mai.s! je n’y puis rien comprendre, t out cela ne peut vous tenier?
JEANNE
\ bien mieux, j’ai droit de prclcndrv,
TARKNTC.
Noire grand’mére éiaii une hahile sorcière...
Je crois la voir encor.
Avec scs blancs cbetciiv, dont elle était si ûére,
Et son t)o»nct tout d'uri JEANNE.
t’n soir, elle prit ma main dans la sienne.
L'examina,
Puis, la Rrandc magicienne.
S’écria :
■Ah!..
> i'ouqveusc existence.
• Grandeur et puissance!..
• Voilà dans la main.
» Leur sigiiecertain,
• Je sais m’y counaitre.
• Enfant, je le vols,
« Ton époux doit être • I n roi I *
LILLO, .lab.
I n roi!
JiANNE et TAnE.NT|-.
l u roi!
IJLI.O.
Pour mon amour, ah! quel malheur insigne !
Alais la sorcière a peut-être menti...
JEANNE
Non! dans la main U existe une ligne.
Que Je pourrais te faire voir ici..,
;Pr«i>aittU main de LiHci, et rcaatnii»ai>i.)
Approche... ah! grand Dieu! quel prinlige' Oue Tois-je ià ?
LILLO
Qu’avez-vous, quel vertige ?
JEANNE
Viens, Lorenzi.
Regarde aussi!
TARENTE. regardai.)
('.‘est étonnant!
C’est surprenant !
JEA.NNE.ctaailuaul de •u.um.ki,
V'oyons encor;
(>uet coup du sort!
LILLO
Ëxptiquez-\ous?
JEANNE
C’est merveUieuxî
T.ORENZI.
C’est un hasard!
JEANNE
Miraculeux!
tarente.
Elourtlissanil
JEANNE
Prodigieux I
MLLO.
Mais, qu'avcz-vüus, ici, tous deux?
JEANNE, a*«v ii«piraiiuii.
Non, ma science n’est pas vaine...
Cette ligne que j’aperçoi.
M’offre la preuve Ucn certaine.
Qu’en t’étJousant je serai rciur,
Car Je lis qnc tu sera.s roi !
LILLO, liait* la {du* srande .'lÿ.iai 'ni.
Roi!
JLANNEel TaREML i-r^'
I Roi!
LILLOi eti (lUte. m
A peine, & peine Je respire!
QuedUes-voas? suls-Je en délire ?
JEANXe.
LlIIo! Lillo! rcvicnsàtolt
TARMTE.
Marche à ton but... sois sans elTroi I
E>SBMBLR.
JEA?(^e et TARFJSTB.
Au plus haut rang, tu dois prétendre.
Voila, voila l'arrêt du sort!
Allons, allons, sans plus attendre,
(Curage, ami, prends ton essor.
Puisque le ciel. Ici, l'ordonne.
Pour ton bonheur sache obéir,
A toi, le sceptre et la couronne,
Étends le bras pour les saisir.
ULLO
An plus haut rang, je dois prétendre,
Maisje ne puis y croire encor;
A vos avis, deis-je me rendre.
Est-ce bien la l'ordre du sort ?
Ah ! malgré moi, mon cœur frissonne,
Se pourrait-Ü? quel avenir I Pour moi le sceptre et la couronne,
A cet arrêt dois-je obéir f
MI.LO, tout étourdi.
Ah mon Dieu ! je n'en reriens pas ! comment là, dansma main, il cstécrit...Teresa, regardez donc encore un peu!..
JEANNE, regardant la main de Lillo.
Hais c*est inévitable... grandeurs! puissance! majesté!..
TARENTE, à LlUo.
Tu es né pour cela ! mais vois donc comme ça se rencontre ! pour que ses arrêts en ta faveur puissent s'accomplir, le destin a renversé tout exprès le pouvoir de la Reine...
En effet !
TABENTE.
La place est libre... allons, du cœur... en avant!
LILLO
C'est ça... en avant! en avant! MaisDuraao?
TARENTE
Eh bien ?
ULLO
Puisqu'il va être roi!..
JEANNE
Grâce à qui?
LILLO
(irace à moi !
TARENTE
Maladroit ! tu as la puissance de faire un roi, et lu n'en profiles pas pour toi-môme!
LILLO
Tiens!., au fait!..
TARENTE
Tu voudrais tromper le destin, après tout ce qu'il a ordonné pour toi !..
JEANNE
Prends garde de l’offenser, Lillo; il ne pardonne jamais !
LILLO
Je sais bien... mais que faire, à présent?., les choses sont si avancées !
W TATENTE.
Va voir tes amis... dis-letirqnetu .is réfléchi, que tu t'es trompé... que Durazio n'esl pas l'homuie qui convictii... que tu viens d’apprendre qu’il voulait trahir le peuple...
LILLO
Mais ils ne me rruiroiit pas... il faudrait une preuve !..
JEANNE
Une preuve!., attends!..
TARENTE, à part.
Quel est son dessein?
JEANNE
Je vais te donner les moyens de réussir...
courage, feimcié.,. et je te le promets, je te le jure... notre victoire est certaine !
(Elle entre vivement dans l'hôtellerie.)
LILLO
Vrai ! je ne sais pas ce qu’elle va faire... mais c'est un Vésuve que cette petite femme-là !.. elle m'a rendu toute mon énei^ie... à nous deux, Durazzo!..
C'est ça!..
LILLO, montrant sa main.
Et je ne leur dirai pas que le destin?..
TARENTE
Non pas!
LILLO
Je comprends.., lorsqu’on veut renverser scs amis, il ne faut pas annoncer tout de suite qu'on va prendre leur place!..
TARENTE
Arrangeons-nous d’abord pour que le trône soit vacant... c'est le seul moyen d’y arriver plus lard!
ULLO
Comme il parle, comme il m'aime, ce Lorenzi ! aussi, je ne t’oublierai pas... une fois que je serai roi, je n'aurai pas besoin d’élre duc, je te repasserai ça, mon beau-frère!..
JEANNE, rentrant, A Lillo.
Tiens, prends ce papier que le hasard a fait toml>er entre mes mains... vas le monirer à tes amis!
LILLO, prenant le papier.
Ce papier... voyons... (Usant.) «Prince Durazzo, grâce au bruit de ma mort que vous avez su répandre, j'ai pu sans danger gagner les états romains... j'approuve tous vos projets... emparez-vous du trône , puisque c'est pour me le conserver! Jeanne de Naples!» Qu'ai-je lu!.. Il serait possible!., et cette écriture...
Est bien de la main de Jeanne !
LILLO
Il nous vendait, le perfide!., maintciianf, qu'il tremble !.. malheur à lui !
JEANNE
Vas, vas... ne perds pas une minute!..
LILLO
J'y cours!.. (U sort vivement.)