‹ La reine Jeanne opéracomique en trois actesChapitre 36 sur 48 · ACTE ni. SCfeNE V · texte numérisé non relu

ACTE ni. SCfeNE V

tahexte.

Quelle forte tête tu fais !

ULLO

Soyez tranquilles!., je comprends Timportaoce de ma position, et Je vous jure qiie rien i ne me fera parler... Diable! par ma faute Terasa redeviendrait une pauvre fille, et moi un simple hôtelier!., plutôt me pendre!., au surplus. n*ai‘je pas tout ce qu'il faut pour attendre patiemment l’heure de parler en maître... (Prenant la main de Tarente. ) Un beau-frère que j’aime !.. sa sœur que j’idolâtre!., allons, c’est convenu... pendantqnelquesjours. je me contenterai d’être roi en cachette . n’est-ce pas . ma petite femme?..

TARENTE

Ta femme! ta femme!., sans doute, elle le sera !

JEANNE

Oh ! je me considère comme cng:agée !..

LILLO

Hein?., plaisantez-vous?., mais nous sommes mariés.

TARENTE

C’est-à-dire !..

ULLO

Mariés!., et plus solennellement encore que si le prêtre avait béni notre union!..

JEANNE, interdite.

Comment?..

Hais aujourd’hui, la moitié des mariages, à Naples, a été contractée ainsi... ma mère mariée devant saint Janvier!., et je porte avec orgueil le nom de mon père...

JEANNE, ü parL

Et j’ignorais!..

TARENTE, avec inquiétude.

Et cet usage, personne n’y a jamais manqué !..

LILLO

Une fois... Bianca la bouquetière, l’année passi'e. aux fêtes de Noël... elle lit au.ssi l’écliangc des anneaux avec Caetano le pêcheur... malgré ça, clic ne voulut pas le suivre... on la trouva morte !..

JEANNE et TARENTE.

Morte!..

LILLO

Gactaiio l’avait tuée!

TARENTE

Mais la justice?..

LILLO

Vint pour le saisir !.. ah bien! oui... le peuple tout entier prit fait et cause pour lui, et l'on n’osa pas le tourmenter davantage ; tenez, j’étaU un de ceux qui firent respecter notre usage révéré. (Observant Jeanne et Tarente qui se regardent avec effroi.) Ah ça! mats vous me paraissez tout contrariés, vous autres?..

TARENTE , affectant le calme.

Nous?., au contraire... nous sommes enchantés !..

LILLO, a Tarente, en montrant Jeanne.

Ah ! tant mieux! car je sens là que je l’aime tant, qu’il me serait impossible de la quitter une minute, une seconde... partout où elle sera, elle ' me retrouvera à ses côtés... aujourd’hui, ellet®«

■ habite re palais, eh bien ! à partir d’aujourd’hui, je ne le quitte plus!

JEANNE , k part

Ab! mon Dieu!

LILLO

Comme nous allons nous aimer!., mais pas en grands seigneurs, par exemple!., en bons bourgeois... sans façons, sans étiquette... et quand j’accourrai auprès de ma femme, pas de valets qui m’entourent, qui me précèdent... fi de l'amour qui sc fait annoncer!., tenez, à propos deçà, ce matin, en parcourant le palais» là, au bout de la grande galerie, j'ai vu l’appartement de la Beiue... (It désigne la gauche.) et de ce côté, bien loin, rappartement du Bol... (II désigne la droite.) Mais je ferai changer tout ça... j’ai déjà donné des ordres, et je vais voir... j’ai tant de choses en tête , aujourd'hui... un mariage. une royauté... un emménagement., attendez-moi, ne vous impatientez pas, je reviens dans un instant !.. (Il sort par la droite.)

SCÈXE IV.

Page 1