‹ La Réinfection SyphilitiqueChapitre 9 sur 16 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(D' Carle de Lyon, Annales des Maladies vénériennes, 1921.) En 1909 M. G... se présente chez le docteur Cordier, médecin de l’Antiquaille à Lyon. Celui-ci constate un reste de chancre, une roséole et des plaques muqueuses pharyngées, accidents sur la description desquels le malade est: très précis. Le docteur ordonne des pilules et les accidents disparaissent peu a peu. Retenons surtout que l'ensemble des accidents présentés, autant que la personnalité du médecin, écartent toute idée d'erreur de diagnostic.

Le traitement, pilules ou sirop de Gibert, est suivi à peu

hate.

près régulièrement pendant un an. Quelques accidents pharynges.

Trois ans après, en 1910, G... souffre d’une gêne croissante de la respiration, arrivant presque au cornage. Son médecin habituel, le docteur D, provoque une consultation avec un spécialiste laryngologue de notre ville. Le malade se garde bien d'évoquer ses antécédents, en sorte que les traitements proposés sont absolument inefficaces.

Il va ensuite consulter Doyen dont la médication n’a pas plus de succès, Enfin, un beau jour, il asphyxie franchement et syncope. Le docteur D. court chercher un chirurgien qui pratique la trachéotomie d'urgence. Convalescence avec persistance de gêne respiratoire, de douleur et d'état général de plus en plus mauvais.

G. se décide à parler de son ancienne maladie et D. me l'amène de suite. Ceci se passait en novembre 1910.

J'institue immédiatement un traitement au benzoate de mercure : o gr. 03 tous les jours,puis tous les deux jours en injections intramusculaires. En trois semaines la respiration est devenue normale et le sujet engraisse de façon appréciable à l'œil uu : Une véritable résurrection, me dit-il. Ce bon état s’est toujours maintenu. Le docteur D. lui a fait des séries régulières d'huile grise, deux fois par an. Le traitement a été interrompu depuis 1915.

A mon retour à Lyon en 1919, je revois G... il porte gdillardement ses soixante-deux ans, et ne présente aucun stigmate. Une analyse du sang est nettement négative. Je lui conseille de « mener bonne vie et de ne rien faire ‘qui échauffe le sang » suivant la formule d'A. Paré ; moyennant

quoi je l’autorise à se passer de traitement.

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