LA RELIGION EN AMKIIIQIIK. LIV. V
sur la civilisation ; mais qu'est-ce en comparaison de ce qu'il l'ait pour notre destinée élernelle? Ce monde, après tout, n'est que notre école pour un monde meilleur ; or, l'école même n'est pas le but, elle n'est que le moyen.
L'Église, avec ses institutions, est d'ordonnance divine. Elle fut destinée par son Fondateur à transmettre le salut, pour autant du moins que l'homme peut coopérer avec l'infinie sagesse et la toute-puissance de Dieu. Combien donc n'imporle-t-il pas que l'Église réponde aux vues du Seigneur, soit dans son propre intérêt, soit dans l'intérêt du monde entier, auquel elle est chargée d'annoncer la délivrance!
Par cela même que l'Église sur la terre n'est qu'une préparation à l'éternité , elle doit revêtir quelque ressemblance avec l'Église du ciel. Dépositaire des vérités révélées, instrument choisi de Dieu pour les répandre, il faut encore qu'elle se maintienne, autant qu'il est possible, pure de tout ce qui pourrait l'en- Iraver dans ses nobles fonctions.
Gardons-nous toutefois de nous exagérer l'autorité de l'Église. Elle ne possède point la puissance législative proprement dite. Elle n'est pas autre chose qu'un agent du pouvoir constitutif; et ce pouvoir, c'est Christ, le Législateur et le Chef suprême. L'Église a reçu de lui la révélation de sa volonté. Il a clairement défini la sphère où elle doit se mouvoir. Elle ne saurait donc compter sur sa bénédiction que si elle lui demeure striclement obéissante.
C'est par la vie sainte et les pieux entretiens de ses
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membres, par la prédication fidèle de ses ministres, par les instructions plus familières des classes bibliques et des écoles du dimanche, par le culte domestique, par la distribution des Saintes-Écritures et d'autres livres reliajieux, par des prières habituelles faites avec ferveur et avec foi ; c'est par toutes ces voies, dis-je, et moyennant l'efficace du Saint- Esprit, que l'Église peut réellement travailler au salut du monde. Voilà comment elle en devient la lumière, et qu'elle justifie cette parole du Seigneur : « Vous » êtes le sel de la terre. » Mais, encore une fois, pour remplir sa mission, il faut qu'elle s'approche le plus près possible de l'idéal tracé par l'Évangile. Ce doit être une société de saints, rachetés par le sang de Christ, régénérés par son Esprit et dévoués à son service. C'est en portant la croix, qu'elle se prépare à recevoir la couronne au jour oii elle se présentera devant son Seigneur, « sans taches, ni rides, ni rien » de pareil, mais, au contraire, sainte et irréprocha- » ble, ii parce qu'elle est « son corps. »