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ner^ie de la part de la Sociclé elle-môme. A quoi il faul ajoiilcrlc peu de confiance qu'elle a su inspirera une partie du public, nolanimenlaux membres des sociél6s qui se proposent l'exlinclion de l'esclavage. Cela n'empêche pas qu'elle n'ait réellement fait quelques progr(>s, bien qu'avec lenleur. Son revenu annuel s'élève, depuis quelque temps, à environ 50,000 dollars ; et je ne parle que de la Société nationale. Il en est d'autres dont la marche est indépen(lat)te. Celle du Maryland, par exemple, qui a fondé la colonie nègre du cap Palmas. Elle a obtenu du gouvernement de l'Etat 200,000 dollars, à toucher en dix paiements annuels de 20,000 dollars chacun.
La colonie de Libéria compte actuellement 4,000 âmes, et l'on peut dire, qu'à tout prendre, elle ne marche point mal. Si le climat de cette contrée est funeste aux blancs, il n'en est pas de même pour les hommes de couleur. La mortalité n'y est pas plus grande qu'on ne pouvait s'y attendre : elle ne dépasse pas celle qu'eurent à essuyer les premiers planteurs delà Virginie et du Massachusets. Quant au cap Palmas, par suite de sa position plus élevée, il se trouve remarquablement salubre; les missionnaires eux-mêmes ne paraissent point soulTrir du climat.
On s'est d'ailleurs assuré qu'à une dislance de 15 ou 20 milles des côtes, le pays s'élève sensiblement, et qu'il finit même par devenir montagneux. C'est là qu'on espère voir bientôt les colons acheter des terres. Déjà ils construisent une route qui va de Monravia dans l'intérieur du pays et qui sert à leurs opérations
CHAP. XI. SOCIÉTÉ AMÉIllCAINE DE COLONISA TION. 4-27
commerciales. Presque parloul, le sol esl fertile et la végélalion luxuriante, eu sorte que loul y favorise le développement de la population. On y peut faire chaque année double récolle. La pomme de terre, le riz, la canne à sucre et le café , s'y cultivent avec succès. Bon nombre de colons possèdent actuellement chacun sa petite ferme; d'autres, et peut-être en trop grande quantité, trafiquent avec les indigènes.
Rien n'est plus faux cependant que le bruit qui avait couru sur ce qu'ils auraient connivé a la traite des nègres. Il est démontré, au contraire, par des témoignages dignes de foi, qu'ils ont fait plutôt tout ce qui dépendait d'eux pour l'empêcher. Nul homme de bon sens n'exigera sans doute qu'une colonie essentiellement composée d'esclaves libérés soit le modèle de toutes les vertus ; toujours est-il que celle dont je parle ne marche point trop mal, et qu'elle exerce une heureuse influence sur les indigènes. Je suis fâché de devoir ajouter qu'on n'en saurait dire autant de la colonie du cap Palmas; mais la Société du Maryland ne tardera sûrement pas d'y porter tous les remèdes en son pouvoir.
J'ai dit que la Société nationale de colonisation a eu parmi ses adversaires les partisans de l'abolition de l'esclavage. Cela est venu de la manière dont les amis de cette Société défendaient ses intérêts. Ils aimaient à la représenter comme le seul moyen de purger d'esclaves le sol des Étals-Unis : c'était absurde. Elle a eu plutôt pour influence d'ôter aux propriétaires d'esclaves toute idée de les émanciper en masse, puis-
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qu'oïl les ineiiarait de leur enlever leurs ouvriers, dès qu'ils ne seraieul plus esclaves ; el, sous ce rapport, la Société a fait plus de mal que de bien. D'un autre côté, ses adhérents ont crié trop haut qu'il était impossible à la race, noire de vivre sur le pied d'une parfaite égalité avec la population blanche. A les entendre, le nègre, quel qu'il fût d'ailleurs, n'obtiendrait jamais la considération publique. Je ne piélends pas qu'il n'y ail aucune diiïiculté à la chose; mais il ne fallait pas que des hommes tels que ceux qui dirigent cette Société, accréditassent les préjugés déraisonnables qu'on entretient contrôles hommes de couleur.
Malgré ces erreurs, et d'autres encore que je pourrais relever, je ne puis m'empôcher de ressentir le plus vif intérêt pour la colonisation de l'Afrique ; premièrement , parce qu'on peut en plaider la cause devant les propriétaires d'esclaves, d'une manière propre à favoriser l'émancipation, ce que ne sauraient faire, à l'heure qu'il est, les agents de nos sociétés abolitionisles; en second lieu, parce qu'elle fournit aux propriétaires d'esclaves qui désirent affranchir les leurs, un moyen facile de les placer; chose fort nécessaire dans les États où la loi bannit du territoire tout esclave émancipé. J'aime ensuite la colonisation de l'Afrique , parce que j'y vois le seul moyen d'arrêter une fois la traite des nègres, et enfin parce qu'il n'est pas de voie plus sûre pour introduire la civilisation dans cette partie de l'ancien monde, ni de meilleur point d'appui pour l'œuvre des missions chrétiennes. C'est d'ailleurs l'opinion du révérend docteur