CHAPITRE XXVIII
ASILES POUn LES SOUnDS-MUETS.
Le docteur Gogswell, médecin pieux de la ville de Hartford (Connecticut), avait une fille sourde et muette qu'il aimait tendrement. Inspiré par son affection , il propose à un jeune ministre , le révérend M. Gallaudet, de passer en Europe afin d'y étudier les meilleures méthodes d'éducation pour les infortunés que la privation de l'ouïe prive aussi de l'usage de la parole.
» En 18W, le nombre des aliénés était de 17,434, savoir 1 sur 979 habitants. Sur ce nombre, il y en avait 5l6:>qiji étaient entretenus des deniers publics et 12,272 de ceux de leurs amis. I. 32
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Ce cligne ecclésiastique revint aux Etats-Unis en 181 G, après avoir passé plus d'un an dans l'Institut royal, alors dirigé par l'abbé Sicard. Aussitôt il fut question de fonder, à Ilarlford, un établissenieiil pareil. Après avoir, sans peine, obtenu l'an torisation légale, on ouvrit une souscription qui produisit, sur les lieux mêmes, une forte somme, et le congrès accorda 23,040 acres de terrains publics pour servir de dotation à l'établissement. 11 ne tarda pas à recevoir des élèves, et dès lors il n'a cessé de prospérer. C'est le plus ancien institut de ce genre aux Etats-Unis : il porte le titre d'Asile Américain pour l'instruction et l'éducation des sourds-muets. On peut bien y voir un établissement national, puisqu'il a été doté, en grande partie du moins , par le congrès, et qu'il est accessible aux jeunes sourds-muets de tous les Etats. Mais , par le fait, il ne sert proprement qu'à ceux de la Nouvelle-Angleterre. Le nombre des élèves y est ordinairement de cent quarante à cent cinquante; le cours des études dure quatre ans.
Depuis 1816, il s'est formé cinq autres établissements sur le plan de celui de Hartford : à New-York, à Philadelphie, à Colombie dans l'Ohio, à Banville au Kentucky, et à Staunton en Virginie. Ces institutions sont essentiellement soutenues par les Etats. Ils réunissent environ trois cent quatre-vingts élèves.
On y reçoit comme pensionnaires des enfants appartenant à des familles aisées ; mais je ne pense pas qu'ils fassent plus de la sixième partie du nombre total. En 1840, il y avait aux Etats-Unis sept mille
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six cent cinquante-neuf sourds-muets; ce qui fait un sur deux mille deux cent vingt-sept individus. On ne doit pas compter qu'il y en ait plus du quart qui ne soient d'âge à recevoir l'instruction. Toujours est-il que nos établissements ne sont pas encore à la hauteur des besoins. Mais il n'est pas douteux que les nouveaux Etals ne s'occupent de cet objet lorsqu'ils auront pourvu aux premières exigences de la civilisation. En attendant, il y a, dans ce qui se fait, de quoi réjouir le chrétien.
Ce qui doit surtout le remplir de joie, c'est de savoir que nos instituts de sourds-muets ont tous pour directeurs des hommes décidément religieux, et que les leçons qu'on y donne sont parfaitement évangéliques. La Bible y sert de texte à l'étude de la religion. Soir et matin l'on rassemble les élèves pour la prière. On écrit quelques passages de l'Ecriture sur un grand tableau noir; on en fait une courte explication, après quoi vient la prière pour laquelle on se sert de signes comme pour tout le reste. Chaque dimanche il y a sermon , dans cette même forme ; et Dieu a singulièrement béni ces instructions. Il est un assez grand nombre de nos élèves qui sont devenus des hommes vraiment pieux , ce que leur vie tout entière atteste hautement ; et plus d'une fois on a vu les instituts des sourds-muets avoir leur part des réveils religieux qui se manifestaient dans les lieux où ils existent.
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