‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 71 sur 185 · CHAP. XIV. LES PREM. COL. — POLONAIS · texte numérisé non relu

CHAP. XIV. LES PREM. COL. — POLONAIS

tous les cas, ne saurait en être contesté. Je la tiens de respectables ministres de l'église réformée hollandaise qui sont en relations personnelles avec un grand nombre des descendants des colons dont il s'agit.

Ils racontent donc que, vers le commencement du XVIIJ^ siècle, un comte Sobiesky, issu en ligne directe du célèbre Jean Sobiesky, troisième du nom, celui qui défit les Turcs à la bataille de Choczin en 1673 et leur fit lever le siège de Vienne en 1683, conduisit une colonie d'environ deux cents Polonais protestants sur les côtes de l'Amérique, pour y jouir d'une liberté de conscience qui leur était refusée dans leur pays natal.

Celte tradition n'a rien d'inadmissible. On sait que les doctrines de la réformation furent d'abord trèsbien accueillies en Pologne. Les protestants y obtinrent une sorte d'édit de Nantes qui leur garantissait la liberté de conscience et de culte. Mais, au mépris des traités, les chrétiens évangéliques se virent persécutés à outrance, et leur foi fut si bien proscrite qu'on aurait peine à trouver maintenant un seul Polonais appartenant au protestantisme. S'il y a des protestants en Pologne, ils sont tous d'origine germanique. Quoi de plus naturel en conséquence que de compter aussi des Polonais parmi les citoyens d'un pays où se sont réfugiés les martyrs de toutes les contrées de l'Europe !

Cette colonie polonaise s'établit dans les vallées de New-Jersey qu'arrosent lePassaïc etle Raritan. Quelques-uns de leurs descendants demeurent en ces

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mômes lieux; d'autres se sont dispersés ça et là. Le nom de Sobiesky, que, par corruption, l'on prononce Zabriskie, est encore celui d'une famille considérable dont une partie vit dans IKtat de New-Jersey, et l'autre dans la ville de New- York.

Que les voies de Dieu sont merveilleuses! La Pologne a prél'éré le romanisnie à la rél'orme, et quel service a-l-elle retiré du romanisnie dans sa lutte récente? Pour répondre à cette question, il sufïit de rappeler la bulle du pape que l'abbé de la Mennais donne tout au long dans son écrit sur les affaires de Rome.

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