E. Dl Bl RGMANN, HUtoricht Insrhriflcn. pi.! il
2, Bbogsgh, Nouvelle* recherchée sur lu divition detai
les anciens Egyptiens, p. 1-K> : 61
mois étaient sous la protection d'autant de divinilés diverses. Assez souvent ils prenaient le nom même de la divinité à laquelle ils étaient consacrés. Dans le langage populaire, ils conservaient ces derniers noms *. A son tour chaque mois se divisa en trois décades, dont chacune était sous la protection d'un décan. Enfin chaque jour avait son génie tutélaire. Une longue série de fêtes s'espaçait sur la durée de Tannée. Elles marquaient quelquefois une époque de l'année : telles les fêtes du premier de l'an, les fêtes du commencement des saisons, des mois et des décades. Quelquefois c'étaient des fêtes commémora tives : telles les fêtes des morts, les fêtes des dieux. D'autres fois enfin c'étaient des fêtes agricoles : la fête de la rupture des digues, la fête de l'ouverture des canaux, la fête de la moisson. Les Egyptiens, comme d'ailleurs tous les peuples de l'antiquité, associaient la religion à tous les actes de leur vie.
Les révolutions de la lune avaient imposé l'année de trois cent soixante jours. Mais la rotation de la lune ne cadrait pas avec celle du soleil. Il y avait entre les deux un écart de cinq jours et un quart. Les Egyptiens s'en aperçurent et s'appliquèrent à obvier à cet inconvénient. On intercala donc entre la fin de l'année et le commencement de l'année suivante, cinq jours supplémentaires, épagomènes, qu'on dénomma les « cinq jours en sus
1. Ces noms ont passé chez les chrétiens Coptes ; par exemple : mois de l'harmouli.
Cil. IX. — u:s DIEUX DANS l.ï.hi l \n<>\ !/.\
de l'année ». Ces jours formaient, à la suite de la « grande année », un « petit mois » '. Après l'addition des cinq jours épagomènes, il resta il ei régler l'écart de six heures el quelques minutes. Vu boul de quatre années, ces six heures formaien! un jour complet. Celle addition faisait boule de neigi jetait un grand boulevcrsemenl dans le comput, en rompant de plus en plus l'équilibre entre l'année du calendrier et l'année astronomique. Ce jour nouveau qui s'insérait tous les quatre ans dans la série du temps, devenait au bout de cent vingl ans un mois entier. 11 en résultait un désaccord profond. Le lel* Thot ordinaire premiers jours d'Aoûl précédait d'un mois, de trente jours, le lever de Solb Or ces deux événements devaient uécessairemenl coïncider. Les astronomes des époques pharaoniques ne trouvèrent jamais le moyen <lc supprimer ce défaut. Ils vivaient un peu à l'aventure, en em> ployantdes procédés puremenl empiriques. Lorsque l'écart était devenu trop grand, de façon a brouiller les calculs et a troubler la marche des é> énements, ils se contentaienl de donner un coup de pouce sur le cadran du temps el d'en faire reculer l'aiguille K La plupart (\v^ jours axaient un caractère faste ou néfaste. Entrons dans quelques détails t < m m i ^ par les textes. Les heures de la nui I étaient toutes
l. Cette dénomination s'est conservée ohei les Copies, Stern, Koplischt Grammatik, |>. 137.
'.?. Le Papyrus Anuslasi I V atteste, pi. \. lig. I ■•■ "' trouble.
3. On peut voir, sur ces calculs astronomiques, Ksall, (lien tur Geschichtt de$ alten Aegyptien$< t. I, p. 76 si suit.
RI UOION Di I ÉOTPTII ICI ls
néfastes. Toutefois parmi les nuits, les unes étaient plus néfastes que les autres : le 9 Thot : « ne sors pas la nuit » d. Même recommandation pour le 15 Khoiak 2, pour le 27 du même mois 3. Le 5 Phaménôth, seule la quatrième heure de la nuit était néfaste 4. Les jours qui commémoraient l'anniversaire de certains événements étaient particulièrement néfastes. Le 17 Othyr, où Sît avait tué son frère Osiris, portait malheur. Rien ne réussissait de ce que Ton entreprenait ce jour-là. Le 12 Paophi, jour où un des serviteurs d'Osiris s'était rallié au parti de Sît : « Quoi que tu fasses en ce jour-là, il en sortira malheur en ce jour-là » 5. Le 22 Paophi : « ne te baigne en aucune eau ce jour-là : quiconque navigue sur le fleuve en ce jour sera mis en pièces par la langue du crocodile divin » 6. Le 20 Méchir : « ne songe pas à partir en bateau » 7. Le 24 du même mois : « ne pars pas en ce jour pour descendre le fleuve ; quiconque s'approche du fleuve en ce jour perd la vie » 8. Le 4 Paophi : « ne sors pas de ta maison d'aucun côté en ce jour » 9 ; même recommandation pour le 5 de Paophi 10. Le 5 de Pakhons : « quiconque sort de sa maison en ce jour-là, les