II. — ESSAIS DE SYSTEM
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Quelques auteurs ont essayé de marquer les principales étapes d'une évolution qui se sérail produite dans la religion égyptienne ou de dégager, par des rapprochements suggestifs, certaines vues synthétiques. La tâche esl cependant bien difficile, car la religion de l'ancienne Egypte, telle qu'on la détache des textes el des monuments, ne se prête pas beaucoup aux généralisations. Il importe néanmoins de mentionner ces tentatives.
Suivant Lieblein, l'évolution religieuse en Egypte aurait passé par (rois phases. Elle aurail commencé par 1<> culte de la nature, le naturisme, mais à forme bénothéiste ; celle phase aurail dure jusqu'à l'époque où l'Egypte réalisa son unification politique. La deuxième phase sérail caractérisée par le polythéisme, lequel, s'épuisanl progressivement par une incessante spiritualisation des dieux de [a nature, aurait abouti à une sorte 3e monothéisme. Mais ce monothéisme élail trop abstrait pour pouvoir sa-
tisfaire aux besoins du peuple ; aussi dut-on faire une espèce de compromis et adjoindre à ce monothéisme des formes plus accessibles à l'intelligence populaire : le culte des animaux et la doctrine-de l'émanation.. Cette théorie n'a rencontré aucune faveur auprès des savants, parce qu'elle contredit les données de l'histoire : elle place au sommet de la religion ce qui est à sa base. Le culte des animaux serait le terme final de l'évolution; or nous avons vu que ce culte se trouve au point de départ et constitue un des éléments les plus anciens de la religion égyptienne.
Pietschmann a été plus heureux. Ce savant a introduit trois idées fondamentales dans l'étude historique de la religion. Il a établi un parallélisme assez frappant entre le fétichisme des populations africaines et la zooîâtrie de l'Egypte. Ce culte des animaux présente en effet des ressemblances avec les cultes fétichistes, et d'autre part l'Egypte a subi l'influence des contrées africaines. En second lieu, il a mis en lumière le caractère magique de la religion de l'Egypte ; il est en effet indiscutable que cette religion, comme d'ailleurs toutes les religions de l'ancien monde, contient des rites et des pratiques magiques. Enfin, il a montré le rôle important des cultes locaux dans l'évolution générale de la religion. Maspero, Ed. Erman et Wiedemann ont reconnu tout ce que ces vues enferment de juste, sans pourtant les admettre entièrement. C'est qu'il est impossible d'être trop systématique, lorsqu'il