‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 82 sur 220 · CIL V. — LES DIEUX I>K LA RELIGION POPULAIRE · texte numérisé non relu

CIL V. — LES DIEUX I>K LA RELIGION POPULAIRE

de ces taureaux. Le Mué-vis, taureau de Ré <f l'Apis, taureau de Phtah, sonl attestés par les auteurs classiques *. Le taureau «le Mînou ù Thébes est représenté dans la procession du dieu même 2. Bâkhou, Bakis des Grecs, le taureau d'Hermonthis, est connu par les textes*. D'après toutes les vraisemblances, les statues elles -m^ mes, assez nombreuses dans les temples, étaient ceu loger les dieux ; mais on observait un ordre de préséance : le dieu principal résidait d'ordinaire dans le sanctuaire ; ses subordonnés habitaient la plupart du temps dans des chapelles particuliè sous la dépendance du temple. Les auteurs grecs appellent ces derniers Hoï rcSwaot. Ce culte des statues dans les temples se rapportait naturellement aux dieux locaux.

Ce n'était pas assez. On multiplia les séjours des «lieux. Parfois un palmier dans le déserl logeait la divinité ; une prière identifie le dieu Thol à un palmier d'une espèce rare '. Un rocher pointu et élancé, une source, où Ton venail se désaltérer à l'époque des (ortes chaleurs, remplissaient le même office ; une l'orme du dieu Mînou résidait ainsi dans

1. De hid. cl Osir., \\\lii. Cf. aussi: HÉRODOTE, Il 'MU ; III, xxvin ; DlODOEE, [, 84, 88 ; ELU n, XI, 11 î Ammii n M \i:« I U in.

XXII, It, 2.

2. Wilkinbon, M<t une ra and Cuêiome, 2* édit. t. III, pi. u ;{. Bri gbch, Dictionnaire géographique, p. 200 ; M i<

nalee, I. 21. Pourses représentations, on peut voir G r, /.<•

Musée égyptien, pi. vi.

i. Papyrus Sallier I, pi. vin, lig\ 1-5.

une source près d'Akhmîm *. Un ser£ent^qui circulait dans le champ ou se concentrait dans un bouquet d'arbres, portait aussi avec lui la divinité. Le nome du Mont-Serpent avait emprunté son nom à un serpent de cette espèce 2. Les superbes sycomores, que l'on rencontre de temps en temps dans la campagne et qui attirent le regard du voyageur, passaient aux yeux des Egyptiens pour des êtres divins. Aussi leur faisaient-ils des offrandes de toutes sortes. Le nome Memphi tique et le nome Létopolite étaient les plus réputés pour leurs sycomores, qui servaient de résidence aux doubles de Noùit et d'Hâthor. C'est pourquoi on appelait ces parages Pays du Sycomore. Le sycomore du sud, nouhit, risit, le plus célèbre de tous, était, pour ainsi dire, le corps vivant d'Hâthor sur notre terre. C'est pour cela que l'Hàthor Memphitique s'appelait la dame du sycomore méridional 3.

Les dieux de ce genre paraissent s'être multipliés d'une manière extraordinaire. Ils s'étaient multipliés à l'intérieur des nomes, dans les villes et les villages et dans les maisons des particuliers. La superstition y était sans doute pour quelque chose ; mais aussi le besoin que l'homme a toujours senti, en face de ses faiblesses, de ses misères et de ses impuissances, d'avoir des protecteurs et des conseil-

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