‹ La religion des imbécilesChapitre 118 sur 134 · A GROSSE DAME · texte numérisé non relu

A GROSSE DAME

Pour la marier, faudrait au moins en avoir; je n'en ai plus, Dieu merci !

M. DU FOUR

Vous avez eu le chagrin de les perdre?

LA GROSSE DAME

Dieu merci non; je voulais dire que toutes mes demoiselles sont mariées, Dieu merci! Pas vrai, Sauvage, qu'elles sont pas malheureuses, nos filles?

SAUVAGE

Elles le méritent pas non plus.

M. DUFOUR

Tout me porte à croire que la mienne le sera aussi, si toutefois elle veut être raisonnable.

LA GROSSE DAME

Quelle partie qu'elle est, vot' demoiselle, sans être trop curieux? Est-elle de boutique?

M. DUFOUR

Non pas elle, mais mon gendre. Quand je dis mon gendre, il ne l'est point encore.

LA GROSSE DAME

Ça ne peut pas tarder.

M. DUFOUR

Je l'espère. Mon gendre donc, puisque gendre il y a, est pharmacien.

LA GROSSE DAME

Jolie partie, apothicaire !

M. DUFOUR

D'autant, vous savez comme moi que les pharmaciens ne sont plus soumis aux exigences auxquelles ils l'étaient jadis.

LA GROSSE DAME

.Manquerait pu que ça !

Son père était pharmacien.

LA GROSSE DAM K

Vous avez été apothicaire?

M. DUFOUR

Jamais; son père, comme je vous disais, son père...

Page 1