‹ La religion des pré-Israélites [microform]Chapitre 14 sur 70 · LES ISRAÉLITES · texte numérisé non relu

LES ISRAÉLITES

Lorsqu'on relit les anciens documents du peuple d'Israël et que l'on étudie attentivement les faits historiques qu'ils contiennent , nous apercevons qu'avec un peu d'efforts on peut retrouver dans l'ancien testament le fil conducteur qui nous guide à travers cette histoire antique.

Il faut pour cela que l'on fasse quelques efforts, je le répète, et rien n'est plus aisé à comprendre, car il va sans dire que les g,rts et les sciences ne peuvent être cultivés avec quelque succès par un peuple nomade, qui n'a pas même un séjour fixe et ignore tout à fait les avantages

de la société et ceux qui résultent des relations internationales , qui ont tant d'influence sur le développement de l'esprit humain. Aussi ces vieux documents dont nous parlions tout à l'heure portent l'empreinte très marquée d'une légende de famille , qui s'est conservée à travers les siècles à force d'avoir été transmise de père en fils par tradition orale. H n'y a qu' Abraham, Isaâk, Jacob et Joseph qui ont une histoire, tandis que la série des faits et des événements, qui s'attachent à ces individus, prouve bien" qu'ils se sont passés dans un même endroit, mais ne présente pas une histoire qui se déroule et dont les phases se suivent dans un enchainement nécessaire.

Plusieurs généalogies se trouvent éparses parmi ces récits. On y rencontre les noms des ancêtres d'Abraham ou des membres de sa famille et de tribus amies ou parentées. Quand nous examinons attentivement ces généalogies nous voyons presque toujours que les noms qui s'y trouvent sont les noms des pays ou des tribus qui furent en rapport avec le peuple d'Israël. Toutefois il se peut quelles serviront pour nous indiquer le chemin qui conduit à la découverte d'autres phases de l'histoire antique.

Nous commencerons nos recherches par les ancêtres d'Abraham. Yoyons ce que la généalogie peut nous apprendre de l'histoire de la tribu qui a vu naître ce patriarche. M. Bunsen, dans son „Bibelwerk," a déposé les résultats de ses études scientifiques sur cette matière et nous lui empruntons en partie ce qui suit. ^

Selon le onzième chapitre de la Genèse nous lisons le registre de famille ainsi:

Sem — Arpakscliad — Schélach — Héber — Péleg — Eéhu — Sérag — Nachor — Tharach — Abraham — Izaâk — Jacob.

A partir de Nachor, nous trouvons rapporté les événements historiques des quatre personnes qui viennent après lui, de sorte que nous pouvons considérer leurs noms comme des noms de personnes. Quand nous examinons, pour faire la comparaison , la généalogie qui se trouve dans le chapitre précédent , nous lisons encore : Sem (Elam-Assur) Arpakschad (Lud-Aram) — Schélach — Héber — Péleg et Joktan. Ce sont les mêmes noms jusqu^à Péleg, seulement avec cette différence que de plusieurs personnes, nous trouvons cités aussi les fils. Semblables sont les noms de Sem — Arpakschad — Schélach — Héber — Péleg et Réhu , ce dernier nous l'ajoutons de Pautre généalogie.

On cite le fils de Héber, Péleg, avec cette remarque: „Du temps qu'il vivait le monde fut partagé," ce qui signifie que de son temps, l'humanité vivante se séparait en deux parties. Joktan, le frère de Péleg, avait treize fils et tous ces Joktanides portent les mêmes noms que les tribus qui habitèrent Yemen (le presqu'île de T Arabie).^ Cette division dont nous parlions s'accorde ainsi avec l'époque où. la tribu de Yemen se sépara des autres Sémites. Elle se rendit en Arabie tandis que les autres allèrent plus loin encore.

Quand nous reprenons la généalogie à son commencement, nous y lisons que Sem était le fils de ISFoë et que le plateau du Caucase fut le lieu où, selon la tradition, l'arche de Noë toucha terre et où la postérité de Sem tint son séjour les premiers temps. Au pied de

ces montagnes étaient situés les royaumes de Chaldée, d'Assyrie et de la Perse et les premiers noms cités dans la généalogie de Sem sont ceux de Elam, Assur, Lud et Aram.

D'ailleurs, dans les noms des fils de Sem se trouve caché le sens que voici : Sem signifie nom , Schélach. émigration , Héber traverser , Péleg division , Réhu pâturage. Il est donc très probable que ces noms se rattachent à un sens plus profond qu'ils ne font supposer au premier abord. Examinons les donc séparément:

Sem. Le nom donné à la personne d'où le peuple élu a pris son origine , selon le point de vue Israélite. Ses fils furent :

Elam — Assur — Arpakschad — Lud — Aram.'

'Elymais. Tribu ou peuple habitant la rive orientale du Tigre dans la Babylone orientale. ^

Assur. Tribu aux sources du Tigre où se trouvait le royaume de Ninus.

Arpaîcscliad. Arapachitis qui touchait aux pieds des montagnes de l'Arménie.

Lud. Lydie pays célèbre dans l'Asie mineure.

Aram. Le plateau de l'Arménie. Plus tard le nom d'Aram fut généralement employé pour désigner la Syrie.

L'endroit où fut Arpakschad ou Arapachitis est limité ainsi : à l'est se trouvait Elymais , au sud l'Assyrie , à l'ouest la Lydie et au nord l'Arménie.

Après Arpakschad suit, parmi les fils, Schélach ce qui signifie émigration , nom qui se rattache à un fait historique qui eut lieu du temps où les ancêtres d'Abraham commencèrent leur vie de nomades. Ils sortirent dArapachitis longeant la rive orientale du Tigre et traversèrent cette

rivière, événement dont le souvenir s'est -conservé dans le nom de Héber, fils de Schélacli. Il parait cependant qu'une dispute eut lieu après cette traversée, une de ces fréquentes discordes entre les nomades qui plus tard devinrent tant de fois les causes de guerres, et dont Forigine était l'accroissement de la tribu, d'où suivait souvent manque de nourriture suffisante , ou de terrain nécessaire pour se fixer temporairement. Après Héber la multitude se divisa en deux parties, événement auquel se rattache le nom de Péleg qui signifie division. Une partie de la tribu partit pour Yemen et le reste retourna au Caucase en longeant la rive droite du Tigre et en traversant la Mésopotamie. La plaine fertile de ce pays offrit de magnifiques pâturages aux nomades et le nom Eéhu , fils de Péleg, est sans contredit la plus propre dénomination que Yon a pu donner à cet événement. Us s'avancèrent jusqu' à Osroéne, lieu appelé Sarug par les Syriens et y séjournèrent pendant quelque temps. Cette phase nous a été conservée dans le nom du père de Nachor Sérug; cette région est ?Ur des Chaldéens ou le pays de Haran, lieu qui vit naître Abraham.

Nous trouvons ainsi dans ces généalogies l'histoire ancienne des Abfahamides. La tribu prit naissance sur le plateau du Caucase, elle était errante au delà du Tigre, tout en se multipliant et se divisait en deux parties après avoir passé cette rivière. Ils traversèrent la Mésopotamie, jusqu' aux plaines d'Edessa et séjournèrent temporairement à Haran, qui est l'Ur des Chaldéens.

La généalogie d'Abraham contient encore les noms des personnes suivantes :

Kachor I Tharacli

Abraham — Nachor II — Haran épouse épouse

Sarai - Hagar. Qéturah - Milka. Milka - Lot - Jiskah.

Après un séjour à Haran, Abraham passe l'Euphràte et le Jourdain pour aller habiter la rive occidentale de la mer morte, près des forêts de chênes de Mamre, dans le pays des Amorites. Plus tard il descend en Egypte où son peuple se mêle aux Egyptiens. Il avait épousé Sarai, Hagar et Qéturah , dont il eut plusieurs fils dont les noms sont conservés dans les généalogies. De son mariage avec Hagar * il eut Ischmaël , qui à son tour eut douze fils , dont on trouve les noms chez différentes tribus Arabes. Sa postérité est connue aussi sous le nom de Hagarènes, qui plus tard dans l'histoire des Israélites " sont cités comme ennemis. La race de Qéturah ® offre les mêmes particularités, ce sont aussi tous des noms de tribus Arabes des environs de la Mecque, de sorte que ces deux généalogies démontrent clairement, que les habitants d'une partie de l'Arabie furent en relations très intimes avec la race d'Abraham. Ces deux documents ont été écrits évidemment dans le même but. Qéturah n'a pas d^histoire et celle d'Hagar est écrite plas tard d'après la généalogie.' En Abraham se trouve ainsi personifié l'ancienne tribu Araméo-Chaldéenne, qui se confonda dans le désert, qui s'étend entre l'Arabie et Babylone et dans l'Arabie septentrionale , avec plusieurs autres races. Les Hagarènes sont réprésentés par Nébajoth, qui fut le père des Nabathéens qui

habitèrent du côté sud-est de Babylone ; les Qéturites par Midiau qui est limitrophe du pays précédent. De cette manière la race d' Abraham , est liée à l'Arabie et à Babylone. Quand nous examinons la suite de son histoire nous trouvons les descendants qu'il eut de Sarai, dans l'ordre suivante :

Sarai

Izaâk

Jacob — Édom.

Les Iraélites. Les Edoaiites.

L'histoire d'Edom est étroitement liée à TArabie pétrée et à son nom se rattachent aussi les Amalécites , dont nous avons fait déjà la connaissance et qui, selon la tradition Arabe , dominèrent l'Egypte et furent les principales tribus parmi les peuples Asiatiques. Selon les légendes Israélites ces Édomites furent intimement liés avec le peuple d'Israël et nous remarquons dans cette assertion une tentative de l'auteur pour rattacher au héros de la tradition toutes les tribus qui ont eu des rapports avec le peuple Hébreux ou qui s'étaient alliés à lui. De la comparaison des généalogies ^ résulte évidemment que les Edomites furent les descendants des Chorites ou Troglodytes , qui disparaissent insensiblement du théâtre de l'histoire , tandis que Ton voit Edom exister encore du temps d'Hérode , roi d'Idumée, époque ou Edom, frère jumeau d'Israël, régnait pour s'éteindre l'un avec Fautre.

Toutes ces généalogies démontrent des relations plus ou moins intimes entre les différentes tribus et la race d'Israël. Cette race ainsi entremêlée arrivait en Egypte d'après leur propre tradition. Il n'est pas possible de fixer l'époque

de cet ëvènemeut quoiqu'il est très probable qu'ils y séjournèrent du temps de Eamsés II Sésostris. Cette opinion acquiert un certain degré de vraisemblance, par les détails qui nous sont rapportés au sujet de Joseph et de son gou^?ernement , dont nous trouvons chez Diodore ' une citation conforme: „Sésostris divisa le pays entier en 36 provinces, appelés nômes par les Égyptiens. Pour gouverner ces nômes il nomma un gouverneur, dont la charge était de recevoir les revenus royaux et de veiller aux intérêts des provinces .... H fit élever de grandes, collines et y fit bâtir des villes."

L'érection de ces collines et la fondation des villes est aussi très compatible avec la tradition Israélite, qui nous apprend que ce peuple devait bâtir les villes de Pithom et de Eamses , et la longue vie et le règne de Eamses II s'ac. rdent à ce que l'on dit du Pharaon de l'exode.

Soyons si nous pouvons découvrir quelques traces des Hébreux dans la Basse-Egypte. Tout récemment M. Chabas a traité cette question dont nous empruntons les passages suivants. '*

„Si les monuments de la domination des Pasteurs sont peu nombreux , bien plus rares encore sont ceux du séjour des Hébreux en Egypte, on n'en a jusqu'à présent signalé aucun qui n'ait été récusé par la critique."

Ici la question se présente : Si , dans le cas que ces traces existent, elles se trouvent sur les monuments qui contiennent les victoires glorieux des Pharaons ou bien , si on doit les chercher dans les papyrus où se trouvent décrits plusieurs choses différentes. „I)ans ces papyrus nous voyons apparaitre les Maschawascha , les Kahaka, les Schardana , auxiliaires plus ou moins importants, des

forces Egyptiennes, et bien plus souvent encore les Madjaï, peuplade soumise par les armes des Pharaons de la XII* dynastie. Ces étrangers paraissent s'être aisément accommodés au joug Egyptien. Ils formèrent longtemps une troupe spéciale chargée de maintenir l'ordre et de veiller à la sûreté publique.

Colonie productive, retenue par force sur le sol Égyptien et employée par les oppresseurs à des travaux varies, les Hébreux ont dû donner lieu à des mentions du même genre, et notre espoir d'en rencontrer quelques unes est tenu en éveil par cette circonstance remarquable que la plupart des papyrus hiératiques ont été écrits à une époque voisine des événements de l'exode.^*

Quand nous verrons apparaitre les Hébreux parmi les tribus mentionées dans les papyrus, sous quelle dénomination se présenteront ils alors ? Ce ne sera pas sous celle de Sémites , comme le prétend M. Heath et M. Lenormant, ni sous celle iP enfants d'Israël, terme d'une signification religieuse inconnu hors de ce peuple, ni sous celle de Juifs, nom qui date d'une époque postérieure à l'exil. Ce sera donc probablement sous le nom de Sébreux que nous les trouverons.

„La Bible nous les montre employés à la construction des villes de Pithom et de Eamses, à la fabrication de briques et de ciment et aux travaux des champs les plus écrasants .... C'est dans cet ordre de faits qu'on peut espérer trouver une trace du séjour de ce peuple en Egypte. — Or nous possédons précisément trois documents qui nous parlent d'individus de race étrangère, nommés Aperi-u , occupés à des travaux de construction ; deux de ces textes datent justement du règne de Eamses H,

Remarquons d'abord que le groupe hiéroglyphique remplit parfaitement les conditions d'exactitude que j'ai prévues; c'est la transcription correcte de Hiberi-m (ou Iberim , les Hébreux) à la finale plurielle près , que les Egyptiens n'ont jamais imité .... Ainsi donc des règles philologiques bien constatées , nous permettent d'identifier le nom des Hébreux avec l'ethnique Aperi-u.

Yoyons maintenant si l'étude des documents où cet ethnique se rencontre , nous fournira quelques indices favorables à l'identifiation des deux peuples.

Dans le premier, le scribe Kaûssar rend compte en ces termes à son maître, le scribe Bek-en-Ptah, de l'exécution d'un ordre concernant les Aperi-u. "

„Pour la satisfaction de mon maître ; j'ai obéi au mandat que m'a donné mon maître, en disant: Délivre la nourriture aux soldats, ainsi qu' aux Aperiu qui charient la pierre pour le grand Bekhen du roi Ramses Meriamen, ami de la justice, (lesquels sont) confiés au chef des Madjaï Ameneman. Je leur donne la nourriture chaque mois , selon les instructions excellentes que m'a donné mon maître."

Le second titre est du même genre j il est adressé par un scribe nommé Keniamen à son maître le Kadjena Hui de la cour de Ramses II." En voici les termes:

„J'ai obéi au mandat que m'a donné mon maître, en disant : Donne la nourriture aux soldats , ainsi qu' aux Ajieriu qui charient la pierre pour le soleil du soleil (lisez pour le temple du soleil) Ramses Meiiamen, au sud de Memphis."

Nous trouvons ainsi les Aperiu, emiJoyés aux travaux de construction de deux édifices différents, et placés sous

la direction supérieure de hauts fonctionnaires résidant à Memphis, car c'est dans les ruines de cette ville qu' ont été trouvé les deux manuscrits qui nous les font connaitre.- Cette tribu ainsi fut chargée spécialement du transport de la pierre.

„Dans le premier cas l'édifice en construction est nommé le grand Bechen de Eamses II. Cette expression de Bechen pouvait s'entendre de toute espèce de demeure .... on peut se faire une idée de l'étendue du Bechen de Eamses II par les détails que nous en fait connaître un texte dont nous possédons deux copies. *'

„Sa Majesté, s'est bâti un Bechen, dont le nom est très- fort, entre le pays de Zabi et l'Egypte; pour ses provisions délicieuses, il ressemble à Héliopolis; pour la joie de l'existence, il est comme Memphis. Le soleil se lève à son horizon et s'y couche ; chacun quitte sa ville et est accueilli dans son étendue; son occident est à la demeure d'Ammon , son sud à la demeure de sutech ; Astarté est à son orient. Ouaté à son nord etc."

La Bible appelle les villes construites par les Hébreux au Delta, villes de provisions, de trésors. Ce sens est en harmonie avec ce que nous savons des Bechens royaux.

Dans la seconde lettre il s'agit de la construction d'un temple ou d'une ville du soleil ce qui pouvait être exprimé en hiéroglyphes par les groupes Pa-Ea et Pa-Tom .... Quoiqu'un papyrus nous parle d'un Pa-Tum situé à la limite orientale de la Basse-Egypte, ** je ne veux pas prétendre que nous soyons ainsi en possession non seulement du nom des Hébreux , mais encore de ceux de deux localités mentionnées spécialement par l'Écriture comme théâtres de leurs pénibles travaux. H est probable que

les Égyptiens les employèrent sur beaucoup d'autre points , même en dehors du Delta. — C'est du reste ce qui résulte de la teneur du troisième document qui nous parle des Aperiu.

Il s'agit d'une stèle sculptée sur les rochers des carrières d'Hammamat (en hiéroglyphes Bokhen), et datée de l'an III de Eamses-Mati-Meriamen , le Eamses V de M. Lepsius. Voici le sommaire de l'inscription : '»

En l'an III, le 24 du mois de Payni, le roi parcourut la montagne sainte pour rendre hommage aux dieux, et fit graver la stèle à son nom. Il avait chargé trois hauts fonctionnaires, entre autres l'un des prophètes du lemple de Chons à Coptos , de veiller à l'exécution de ses ordres à la montagne de Bokhen, et lorsque les travaux furent achevés, il ordonna au premier prophète d'Amraon, architecte en chef, de les amener en Egypte. Le texte énomère ensuite les fonctionnaires qui assistèrent le prophète dans sa mission, ainsi que les prêtres, les chefs, la force armée et les ouvriers chargés des travaux , le tout s'élevant à environ 9,000 personnes, ieurs provisions avaient été amenées en Egypte dans des chars attelés chacun de six paires de boeufs.

Les Aperiu figurent dans cette colonie industrielle , au nombre de 800 , et de même que dans les premiers cas ils s'y trouvent accompagnés d'une force armée et d'un détachement des Madjaï. Mais Eamses V a régné dans le siècle qui suivit à l'exode.

Si mon 'assimilation est exacte, il faut supposer que tous les juifs n'avaient pas quitté l'Egypte, H se pourrait en effet que tous n'aient pas été dans la possibilité de répondi-e à l'appel de , Moïse , et tel a dû être le cas pour ceux

que les Egyptiens auraient relégués au sud de leur empire ou dans les établissements du désert .... Quelques troupes de malcontents auraient pu gagner les établissements Égyptiens de la péninsule du Sinaï, et de là, reprendre le chemin de FEgypte."

Nous pouvons joindre les résultats obtenus par M. Chabas à ceux que nous avons cités déjà au sujet des ïïyksôs : „que tous les étrangers ne sont pas partis mais que même de nos jours , on trouve encore le type Sémitique dans le Delta."

Selon toute probabilité on peut compter les Israélites parmi les tribus Asiatiques qui ont séjourné pendant un certain temps dans la Basse-Egypte. Cela explique aussi que Jethro , quoique Arabe, les accompagnit à leur voyage , et que Moïse avait épousé une femme Arabe nommée Zippora et une Etbiopienne ou femme Cuschitique. Les mariages mixtes qui donnèrent lieu plus tard, dans le désert, à tant de horreurs, trouvent aussi leur explication dans ce mélange de tribus. Cependant ces relations intimes diminuèrent peu à peu et finirent tout à fait, jusqu* à ce que les Israélites se séparèrent comme nationalité isolée des tribus environnantes.

Toutefois en Egypte ces diverses tribus étaient encore réunies et maintenant nous ajouterons ce résultat aux autres.

Selon la tradition Phénicienne , les ancêtres de ce peuple avaient fondé des colonies en Egypte et y transportèrent leur culte. D'après la tradition des Arabes, les Amalécites furent environ ce temps-là les maîtres de l'Egypte et à cette même époque les tribus Phéniciennes peuplèrent la côté septentrionale de l'Afrique. Les Hébreux nous corn-

muniquent aussi que leurs ayeux séjournèrent en Egypte et nous racontent leurs alliances avec plusieurs de ces tribus. Nous venons de demander à l'Egypte Taffirmation de ces traditions et elle nous a montré les monuments, qu'ont laissé ceux qui vécurent à la même époque. Il nous semble que les certitudes acquises peuvent nous suffire. Interrogeons maintenant ce peuple sur ce qu'il peut nous apprendre concernant la religion des tribus étrangères avec lesquelles Israël était lié si intimement.

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