‹ La religion des pré-Israélites [microform]Chapitre 40 sur 70 · Lepsius. Kônigs-Buch, XV' dynastie · texte numérisé non relu

Lepsius. Kônigs-Buch, XV' dynastie

n. L'Athenaeum Français, revue universelle de la littérature, de la science, etc. Paris, Samedi 10 Juin 185 k — Annonce de M. de Kongé, page 532. — Il fait part verbalement des principaux résultats auxquels l'ont conduit ses études sur les papyrus de la collection Sallier public'e par le British Muselim. Le papyrus n°. l contient les débris d'une composition qui eût été bien précieuse, puisqu'elle expliquait l'origine et sans doute la suite de la guerre qui se termina par l'expulsion des pasteurs Ce papyrus est malheureusement dans un état affreux de dégradation. On peut néanmoins tirer de ses lambeaux quelques faits importants .- 1°. Le roi Easkénen, que M. de Bougé a fait connaître pour le prédécesseur d'Ahraès, n'était alors que prince du Midi. Le roi Apapi régnait à la ville d'Ouar (Avaris). 2". La querelle eut

un motif religieux. Le roi Apapi n'adorait que Soutuh, divinité que l'on retrouve plus tard chez les Chétas. 3" Le roi Apapi, excité par les docteurs de son culte, envoie un message au prince Raskénen. Celui-ci convoque tous les chefs de son partie et l'on délibère sur la réponse à faire aux mauvaises propositions du roi Apapi. Le maiiuscrit iourne court à cet endroit et passe à un document d'une tout autre nature; néanmoins ce petit nombre de faits est d'une haute importance pour l'histoire de ce temps , dont nous connaissons si peu d'événemoiit^. — M. Brugsch a traduit quelques lignes de ce papyrus dans „lo Zeitschrift des Deutsch morgenlandische Gesellschaft" 1855 s. 200, sous le titre: Ein Aeyyptisclt Document ûber der Hyksos Zeit. Dans son Histoire d'Egypte 1« partie, page 78, il a répété cette traduction, faite par M. Brugsch, sur les communications qui lui ont été faites par M. de Bougé, selon M. Devéria dans la lettre à M. Mariette, Eevue Archéologique ! 861, février. — Après ceux-ei M. Goodvvin a donné nne traduction complète de ce papjrus. M. Bunsen dit dans son ouvrage , Egypts place m the universal Mstory , tome IV. page 671 : „After having been analised by M. de Bougé in his usual accomplished manner, and a few Unes of it translated by M. Brugsch 1855, Goodwin has given a complète version of the passages still legible." (Hieratic Papyri in the Essais of Cambridge, 1858,) p. 226. — M. Chabas en ces jours a publié un de ses travaux sous le titre de Mélanges Egyptologiques ; le chapitre troisième agit Sûr le nom hiéroglyphique des Pasteurs et sur la peste aux temps pharaoniques. 11 dit au sujet des Pasteurs, qui sont ordinairement nommés dans les inscriptions hiéroglyphiques Mena : „le papyrus Sallier qui nous parle non moins clairement des Pasteurs d'Avaris, les désigne sous un nom tout différent, celui d'Aat-u. On y a aisément reconnu l'une de ces épithètes flétrissantes dont les Egyptiens se

montraient si prodigues à l'égard de leurs ennemis, et parmi lesquelles se rencontrent le plus fréquemment: Cher= tombé, abattu, renversé; ches. . . . dont le vrai sens est succombant. . . . Mais je distingue une idée toute différente dans le groupe Aat-u, jusqu'à présent méconnu. Je l'ai rendu par barbares, étude sur le papyrus Prisse, p. 6; M. Goodwin, par envahiaseurs, révoltes, „Hiératic papyri p. 243" et M. Brugsch, par rebelles, insurges „Zeitschrift D. M. G. IX p. 209 et pi. l." Mais ni les uns, ni les autres, nous n'avons entendu proposer ces expressions comme rendant le sens intime du mot Aat-u. Ce groupe se présente sous diverses formes orthographiques .... Avec le déterminatif de la mort .... avec le déterminatif de la jambe, coupée d'un glaive; avec le bras armé;.... Au calendrier Sallier on lit l'horoscope suivant : „Tout enfant né ce jour-là mourra de l'Aaten." Ici ce déterminatif est le paquet noué, équivalent bien connue des signes du mal et de la mort .... Dans les passages du Kituel oii Aat-u se rencontre, on discerne qu'il nomme quelque chose de funeste , de mortel .... Mais nous trouvons aux papyrus de Leyde I. 346 et I. 3+7 des textes bien plus explicites.

Ces manuscrits .... sont de livres de formules magiques .... L'un des effets préservatifs , est énoncé en ces termes : . . . . Est sauvé l'homme de l'Aat annuel, (Pap. hier. Leyde 1,346, pi. 2 , 1. 4 ) . . . . Quelques lignes plus bas on trouve encore : Non abat lui l'Aat annuel .... (ibid 1. 6.) Dans la clause finale du papyrus I, 847, on lit:.... non tue lui l'Aat annuel; non détruit lui la maladie. Ces formules dans lesquelles Aat est accompagné du mot ter, de l'année annuel, nous obligent à penser à quelque fléau périodique et de nature particulièrement redoutable, puisque les Egyptiens cherchaient à en conjurer les atteintes par des moyens magiques, comme ils le faisaient pour les crocodiles , les animaux féroces et les reptiles venimeux. Eapprocbons-les maintenant du passage

suivant du caîendriei* Salliei* : „ l'air dans le ciel, en ce jour mêle à lui les Aat annuels," L'Aat était donc une maladie contagieuse ou épidémique dont les germes étaient transportés par l'air respirable. Or, si Ton remarque que la mention du calendrier se rapporte an 19 de Tobi. c'est-à-dire au premier mois qui suit la retraite des eaux de l'inondation, on est naturellement conduit à identifier T Aat avec la pede qui se déclare en Egypte précisément à cette époque. , . . Or, nous avons constaté que les Egyptiens, pour caractériser leurs ennemis, leur appliquaient des épithètes qui les représentaient élendus sans force et i,ans vie à leurs pieds. N'est il pas très remarquable qu'à l'égard des pasteurs ils aient fait usage au contraire d'un mot qui, loin de rappeler une idée de mépris et de triomphe, n'éveille qu'un sentiment d'extrcme terreur et de îtaine f " Voyez planche I , fig. 4.

1 2. M. E. de Kougé , mémoire sur l'inscription du tombeau d'Ahmès , chef des nautcniers. Première partie. Mémoires présentés par divers savants de l'Académie des inscriptions et Belles-lettres de l'institut de Erance 1853. page l à 196. — Kecensé très favorable par M. Brugsch , Zeitschrift d. 1). M. G. tome VI. Dans sa traduction du papyrus Sallier I, M. Brugsch donna quelques remarques sur la partie encore inexpliquée de l'inscription du tombeau.

13. Brugsch, Hyksôs Document, Zeitschr. d. D. M. G. 1855 , page 211; ligne 9 de l'inscription du tombeau d'Ahmès.

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