‹ La religion est la sève des nations [microforme]Chapitre 1 sur 1 · La religion est la sève des nations [microforme] · texte numérisé non relu

La religion est la sève des nations [microforme]

L'aspect de ce congrès nous reporte naturellement à des temps anciens où les peuples réunis traitaient des grands intérêts de la nation.

Tant que ces peuples sont restés sérieux ie Ont gardé dans ces assemblées un cachet de dignité, qui ne ge dissipa que quand l’énervement ne leur fit plus chercher que des plai.

sirs—, rien que des plaisirs,

Quelle majesté devaient avoir ces tribuns du peuple, discutant dans les comices les questions d’existence de la république romaine !

Quelle gravité devaient avoir les Francs, nos aïeux, quand, dans les grands rendez-vous du Chämp de Mars, ou de Mai, ils décidaient de se Partager le vaste empire de Rome’!

Combien devaient être dignes ces puissants seigneurs engageant leurs vasseaux à partir pour les guerres saintes ! Qu'ils devaient être nobles, ces croisés réunis en assises À Jérusalem pour y établir des institutions régulières!

Mais, messieurs, un autre souvenir nous assiège en ce moment, Ici même, il y a deux siècles, au milieu de la forêt, où le farouche indien avait planté son wigwam, les chefs fameux de ces enfants des bois se levaient gravement au milieu de leurs tribus pour calculer les chances de succès d’une entreprise contre nous.

Messiours, nous sommes ici dars le but de nous occuper des graves questions qui touchent de près à l'existence, à la conservation, ou à Loprapeenant de notre nationsité.

est bien le bui le plus noble

que puissent se proposer des hommes :

de cœur, | Quoi de plus grand que de tra-

OO RO To RU CP ET. SR PART RON mi

cet arbre afin d’équilibrer entre eux

vailler à l'accroissement de cet arbre de la nationalité, planté il y a plus de deux siècles sur les bords du St-

Laurent, et destiné à protéger de ses rameaux vigoureux une grande, forte et belle nation !

Les uns y travailleront en remuant la terre qui recouvre ses racines, pour y faire pénétrer la chaleur du soleil ; c'est-à-dire en étudiant les questions sociales qu'ils élucideront en les éclairant de ces principes immortels, seuls capables de vivifier les ra- .

cines de tonta anniété solide,

Les autres y seront occupés à arracher les mauvaises herbes qui l'étouffent, le gênent dans son expansion, ou sucent la sève dont il a besoin pour se fortifier ; c'est-àdire, en arrachant les :;:eurs qui Poussent tous les jours dans le champ du père de famille, et qui semblent germer avec plus de vigueur dans les endroits les plus

… fertiles.

Celui-ci taillera les branches de

se

le tronc, les branches et les brindilles ; c’est-à-dire de conduire dans les différentes couches de la société les connaissances qui conviennent à leur rang, ayant soin qu’un suc trop abondant ne vienne gonfler les branches secondaires pour en faire des gourmands qui finiraient par faire “reg le ce

Celui-là pratiquera des arrosages, opération bien importante dans la culture.—* La pluie descend, dit Isaï, LV, 15, enivre la terre, la pénètre entièrement et la rend féconde : elle procure ainsi des semences au laboureur et du pain à celui qui a faim, ”

Messieurs, aujourd’hui surtout, les nations meurent de faim et de soif.

‘{ Sans doute elles boivent à la source des plaisirs et des. jouissances. Maïs ce sont des eaux fan.

geuses qui, au lieu de les désaltérer, les empoisonnent et leur font désirer davantage d'éteindre ce feu qui les consume, Ne pourrions nous pas leur dire avec le prophète : “ Pour-

dans l’histoire aient été à jamais

quoi allez vous dans tous les chomins de l'Egypte, pour y boire des eaux troubles et empoisonnées ?

Quid tibi vis in vid Egypti ut bibas aquam turbidam ? (Jerémie, 11,18)”,

‘’ La cause principale de ces désordres, vive, lente, sourde, chronique, dit Mg. Landriot, on ne le sait pas, ou plutôt on fait semblant de l'ignerer: c'est la qualité des eaux qu'on boit dans ce désert. En attendant la grande justice de l'éternité, Dieu n'a pas besoin ici bas d’autres instruments de ses ven- &eances que les ennuis, les malaises et les tortures produits par ces breuvages de la vanité et de toutes les formes variées de l’iniquité ”.

Ce qu'il faut au peuple, c’est de l’abreuver da foi, d'espérance et de charité. C'est de lui faire aprécier les grandes vérités qui sont les assises sur lesquelles s'appuient toute société fortement constituée.

Comment se fait-il que tant de peuples puissants qui ont défilé

anéantis? Comment se fait-il surtout

que c’est après avoir atteint le som:

met de la prospérité, &e la richesse,

et de la gloire qu'ils se soient .effonrés ?

C’est, messieurs, que ces géants de la forêt, qui s'étaient orgueilleusement assis sur la cime des montagnes, ont manqué de sève.

Quelle est donc cette sève si nécessaire à l'existence des nations ?

Est-ce l'esprit? Les Grecs en avaient plus que tous autres, et aujourd’hui encore on va s'inspirer des produits de leur imagination. Est-ce la force ? Les Romains la possédaient, puisque par les armes ils ont subjugué le monde. Est-ce la science ?

Les Egyptiens se la partageaient, puisque, aujourd'hui, on ne fait nresque plus de découverte qui ne ieur ait été connue.

Et pourtant, tous ces peuples, avec les Scythes, les Perses, les Mèdes et les Assyriens, sont disparus, et ne laissent guère plus de traces que le vaisseau qui passe sur l'océan.

mnt D ù nm

l'iniquité,

Messieurs, vous l'avez compris, ce qu’il faut aux peuples comme-aux individus, c’est ce ciment qui unit entre elles les différentes pièces de l'édifice social ; c’est ce lien qui at-

‘ tache entr’eux les matériaux de l’ar-

che chargée des destinées d'un peuple. C'est enfin la religion. ‘9 religare, relier.)

La religion, vous le savez bien, c'est la santé des individus, c’est l’harmonie dans les familles, c’est le salut des nations,

Oui, c’est la santé des individus, en leur donnant des habitudes régulières, en leur faisant pratiquer toutes les vertus, en domptant les passions qui démolissent le corps et bouleversent le cœur. Statistiques en mains, nous pouvons constater que les maladies morales et physiques viennent presque toutes du manque de religion. Les prisons et les asiles sont remplis de malades qui ne sont Présque ious que des victimes de :

l'indifférence, de l'impiété ou de

Mais c’est surtout sur l’âme que la religion exerce une influence surnaturelle,

C'est elle qui a trempé ces caractères de feu qui ont laissé dans l’histoire de l'humanité des marques de l'amour qu'ils portaient à leurs semblables. J'en atteste ces grands bienfaiteurs du genre humain devant lesquels les générations défilent en s'inclinant: François Xavier, Vincent de Paul, François d'Assise, Ignace de Loyala..

Mais je m’arrête, car il me faudrait nommer cette légion de saints qui tous, sans en excepter un, avaient des caractères d’acier trempés au feu de l'amour du prochain.

‘€ C'est dit Veuillot, le fondement de toutes les théories sociales. Toutes veulent partir de là; tous les réformateurs et tous les rénovateurs cherchent la fraternité, c’est-à-dire l'amour,” di

“ Maïs ils cherchent une frater.

nité en dehors de l’Eva:gile : ils ne “ Ja trouveront pas,”

Pas n’est besoin pour prouver l'influence de la religion sur les individus de feuilleter le livre du monde. Les yeux fixés sur notre histoire, dites-nous ce qu'étaient nos hommes distingués, ceux qui ont passé en faisant le bien; les fondateurs de notre nationalité : les défenseurs de nos droits ; les Colomb, les Jacques-Cartier, les Champlain, les Maisonneuve, les Bédard, ‘les Panet Morin............... , Un nom :a expiré sur mes lèvres, mais vous pouvez le nommer, car, quand il faisait partie de la phalange de ceux qui luttaient pour la revendication de nos droits politiques et religieux, il était lui-même catholique, comme sa mère.

Je passe sous silence ces âmes d'élite que la religion a immolées dans les missions, + x les cloîtres où elles se consument pour le bien de leurs semblables,

Quelle est. l'institution humaine qui aurait pu leur donner des cœurs aussi généreux !

, les Viger, les Bourdages, les .

Mais, messieurs, quel tableau admirable de notre album national que celui qui représente nos femmes canadiennes, depuis la vaillante héroïne

‘de Verchères, jusqu’à l’humble pay-

sanne arrachant le carquois des mains de l’Indien pour protéger son mari ; depuis la seigneuresse gardant le manoir de ses pères, jusqu'à l’humble mère de famille penchée sur le berceau de son fils qu’elle forme pour l'Eglise et la patrie !

O sainte et divine religion! n’au-.

riez-vous fait que de donner à la terre

ces anges de consolation, qu’à jamais

les générations devraient bénir Celui qui la leur a donnée.

La religion apporte aussi l’harmonie dans les familles. Dites le moi :

pouvez-vous élever des enfants sans leur inspirer la vertu ? Non, certes ! Et, comme le disait Marmier,sans religion vousaurez des petits,mais vous n'aurez pas d'enfants. Qui, sans la religion, leur inspirera l'amour qu'ils doivent à leurs parents! La nature, me direz-vous, Oui, tant qu’ils auront be-

+ = me

soin du sein qui les fourrit fou de la main qui leur fournit le pain. Mais aussitôt qu’ils pourront s’en passer, ils s’éloigneront comme les fils de la louve pour dévorer les agneaux de la bergerie maternelle si la faim le leur commande. Ils appelleront leur père: ‘ ‘ the old man ”, et quand ils le rencontreront ils lui diront, s'ils ne sont pas trop pressés : ‘“ How are you, sir?” | D'ailleurs, messieurs, c’est la religion qui a établi les liens du mariage, qui sauvegarde le respect dû à la

femme, qui protège l'honneur des

enfants livrés sans elle aux caprices du divorce. C’esc elle qui recommande aux époux de s'aimer, de supporter leurs défauts.; c’est elle qui leur fait un devoir d’entretenir leurs enfants desquels ils peuvent réclamer respect et obéissance, C’est elle enfin qui fait des familles ces’ assises fermes sur lesquelles est basée toute société durable.

J'ai dit, messieurs, que la religion était aussi le salut des nations. Cer-

tes! c'est bien, ici, que le lien est nécessaire pour tenir unis tant d'individus et de familles que des

. Intérêts divers tendent sans cesse à diviser, Les impies eux mêmes proclament cette vérité, et Voltaire, leur chef, n’a t-il pas dit dansun moment lucide : ‘ Si] n’y avait pas de Dieu, il faudrait en inventer un.”

‘€ La religion, dit Veuillot, rend

les sujets plus faciles à gouverner, , les princes plus justes et meilleurs, Elle apaise doucement, Par la pensée des réparations et des récompenses divines, beaucoup de ferments qui sans elle feraient explosion ; elle oblige le prince à des vertus, à des soucis, à dee craintes qui protègent puissamment ses peuples ; elle lui repète à chaque instant qu’il devra, tout roi qu'il est, rendre compte à Celui qui sait tout, qui n'oublie rien, qui ne pardonne point au succès, qui ne pardonne qu’au repentir et à l'amendement.” | Messieurs, n'est-ce pas ls reiigion qui dit aux ouvriers, aux travailleurs,

e8t 4 aux pauvres : Ne vous impatientez ant pas. Vos sueurs, vos chagrins, vos des souffrances, vos larmes, c’est la moneà naie avec laquelle vous achetez le sil Ciel. Et pour les encourager, le our Christ est né pauvre, il a eu pour 4 père un charpentier sans fortune et

pour mère une modeste ouvrière. * | C’est encore la religion qui vous re-

nd commande de lever vos regards plus ef, haut que ces richesses qui font périr eux qui s’y attachent. Le Chat

sée a des malédictions terribles contre dt ceux qui laissent souffrir leur frère qui et qui ne se regardent pas comme Île les sdministrateurs de Celui qui leur Les a donné Ia fortune,

L ; N'est-ce pas le fondateur de notre

religion qui nous a enseigné le Pa- |

ter noster, où il met pour condition | à de pardonner aux autres pour être Ë 2, pardonné soi-même ? | 8, On a coutume, lors des élections, »

à de demander aux candidats de faire comneître leur p. :ramme, Le proà k gramme d’un député chrétien est ds

bien simple: Aimer Dieu et le pro-

chain. S'il est une loi qui pêche contre cette constitution;c'est qu’elle est mauvaise. Quand un acte est conforme à la loi de Celui qui a dit:

Vous aimerez le prochain comme vous-même, il est saus reproche, Le député qui se conforme à cette charte divine, soyez-en sûrs, ne tra.

vaillera pas contre -vos intérêts, car il aura Dour principe de ne pas faire aux autres ce qu’il ne veut pas qu’il lui soit fait, C’est par là que se guilent les nations chrétiennes du moyen-âge. C’est ce qui poussait la France à voler sur les champs de bataille pour venger l'honneur ou assister un peuple opprimé. Du temps qu'elle était catholique, elle ne remettait l'épée au fourreau que quand l'injustice faite au plus faible des peuples était réparée. Ce n’est que depuis qu'il n’y a plus de religion dans les gouvernements qu'on les voit froidement assister À l'immolation des nations faibles. | Sans doute les sociétés sont bien malades. Le désir de jouir, de jouir

. nations que nous connaissons cette

Fapports incessants avec le monde

juger de la qualité d'uri produit,

quand même, leur a fait oublier bien des devoirs, et je ne pense pas être trop sévère en appliquant à bien des triste peinture qu'a faite Mgr Gaume, d’une époque qui ne pense qu'aux jouissances :

‘ Que l'amour du confortable s’empare d'une époque, vous verrez s'étendre dans les mêmes proportions l’affaiblissement de l'intelligence, l’abrutissement de l'humanité, et l’étiolement de la race. A cette époque qui sé vante de sos lumières, ne parlez ni du monde surnaturel, ni de ses lois, ni de ses agents, ni de ses

inférieur ; elle ne vous comprendra pas: Animalis homo nan percipit.

Il lui reste juste assez d’intelli.

gence pour apprécier, comme l’animal, ce qu’elle voit de ses yeux et touche de ses mains : pour diriger une opération mercantile, concevoir une spéculation de bourse, construire des machines, fabriquer des tissus et je

l'engraissant, ”

Ses lumières he vont pas audelà.

L'activité humaine, l'industrie et la civilisation se rapporteront au culte :

des sens, Afin LS le pratiquer dans toute sa Splendeur, il s’établira mille professions plus matérielles et plus matérialistes les unes que les autres.

La politique même marchera dans.

cette voie. Au lieu d’être l’art de ) moraliser les peuples, elle sera l'art | de les matérialiser.

Que des attaques incessantes ébranlent tous les dogmes, fondement des sociétés et des trônes, elle | s'en inquiétera peu. Mais, si elle parvient à mettre l’homme en état de bien manger, de bien boire, de bien digéret et de bien dormir, elle , croira avoir accompli toute justice, et proclamera que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes,

Politique des éleveurs de bestiaux, F qui ne comprend plus que l’homme ne vit pas seulement de pain, et | qu'on ne regénère. pas un peuple en

Je me veux pas jeter le moindre

nuage sur l'avenir qui nous sourit.

Cependant nous pouvons bien nous demander : Sommes nous prêts, Comme nosäieux,à voler à la défense d’un principe ? ° Serions nous disposés, comme eux, mourir pour une cause juste, pour la défense de nos droits nationaux ?

Aurions nous la force d'âme de nous consoler de la ruine pourvu que l'honneur fut sauf, et de dire comme François ler : Tout est perdu fors l'honneur "?. Avons nous pour notre religion la même foi qu'avaient nos grands pères ; la même fidélité À nos

institutions que pratiquaient nos

pères ?

Je, ne suis pas chargé de répondre Pour ceux de nos compatriotes qui vivent sur les bords du St Laurent.

Mais je puis prendre sur moi, de constater que vous, racine profondément implantés sur cette terre de liberté,vous avez fait un pas immense dans la voie de l'honneur et du patriotisme.

Aujourd'hui, vous semblez plus

que jamais attachés à votre nationalité dont le principal élément est la religion. S Nous en avons la preuve par les Sacrifices considérables que vous avez faits pour venir rencontrer des amis, des frères, des compatriotes qui viennent d’un bout à l'autre de l'Amérique du Nord.

lus que jamais vous semblez attachés au prêtre, à ce représentant de l’ordre moral. Le premier rang qu'occupe le clergé dans cette im-

Posante assemblée, comme dans les .

réjouissances qui vont suivre, me prouve qu'il a sa place ici, dans la famille et dans l'Etat.

Vous avez sans doute compris que dans les conseils de la nation, comme dans les noces de Cana, c’est à lui à voir à co que les principes religieux, ce vin des nations, ne fassent pas défaut. Vous. nous donnez aussi le consolant spectacle &:

bâtir parmi les groupes canadiens, . Ges églises où ious ensemble vous allez publiquement chanter le Credo

de nos pères. Rien n’est beau comme de voir un peuple qui prie publiquement : il affirme sa foi, et son courage impose le respect.

Vous attachez une importance majeure, et c’est là un article de votre programme, à la création d’écoles catholiques où les enfants de l'avenir boiront à la source pure une doctrine sûre, une morale saine et où ils apprendront à être de vrais Canadiens.

Honneur vous soit rendu pour vos efforts énergiques en ce sens !

Vous l'avez compris, l'instruction primaire. surtout est l'opération la plus importante pour former les générations, Voilà pourquoi, dans tous les pays, l'Eglise fait des efforts suprômes pour s'emparer de la jeunesse au sortir de l'éducation domestique.

C'est une grave erreur de croire que parce que l'Eglise regarde l’étude de la religion comme la principale, elle conseïlle pour cela de mépriser les autres, Non certes. Et nous le demandons aux esprits non préju-

g6s : les écoles tenues par des religieux sont-elles inférieures sous le rapport des lettres et des sciences ?

J'en atteste les témoignages que les jurys d'exposition ont rendu en maintes occasions aux frères de la doctrine chrétienne. J’appelle en preuve cette foule ‘d'hommes d’affaires qui, au Canada, n’ont reçu qu'une éducation élémentaire chez les frères et qui ont lutté avec avantage dans le monde commercial etindustriel,

Pourtant, les capitaux et les influences : appartenaient aux anglais, ‘et les frères ne pouvaient tenir alors que des écoles rudimentaires. Ils n'ont eu, au Canada, jusqu’à aujourd’hui, qu’une seule école supérieure à Québec, et de 1à sont sortis tous les hommes des premières maisons commerciales et les grands financiers de cette ville, |

Nous allons bientôt les voir à l'œuvre, cer ils se préparent à fonder à Montréal une école commerciale et industrielle, comme ils en ont dans

d’autres pays, et alors nous pourrons mieux juger.

Je n’en ai aucun doute, la plupart de ceux qui ont présidé à vos destinées sur ce 801 d'Amérique, ceux qui vous ont conduit avec tant d’habilit6 dans la revendication de vos droits, sont des élèves de nos communautés religieuses du Canada. Messieurs, .

depuis que vous osez lever le

. blanche bannière de votre croyance ;

depuis qu’au vent flotte le drapeau de notre nationalité les races qui vous éntourent vous regardent avec

‘intérêt, et comme autrefois aux zoua-

ves traversant la grande république Pour se rendre à Rome affirmer un principe, on vous a dit : “ Allee votre chemin.” Vous vous étendez aujourd’hui du septentrion à l’équateur.

Pendant plusieurs années, vous avez semblé submergés' par ces flots immenses d'émigrants jetés pêle-mêle Sur 66 soi d'Amérique. Vous seuls n'avez pas été confondus avec les autres nationalités ; une planche de

salut vous a été présentée, un cri de ralliement a retenti de vos fières poitrines. Ca été le mot Religion que je vois aujourd’hui sur le frontispice de vos arcs de triomphe et dans les plis de vos étendards.

Pourquoi? pârceque vous aviez Parmi vous des hommes qui avaient,

dans nos écoles, dans nos collèges, reçu une éducation religieuse, des jeunes gens qui avaient appris que l’honneur national vaut mieux que les dollars.

XII remerciant Dieu sur le champ de bataille d’Aignadelle, de la victoire remportée ?

Vous connaissez maintenant la puissance de la religion, puisque sans elle rien ne s’est fait de beau, d’intelligent, de solide, depuis le jour où elle à inauguré, dans le. bourbier du paganisme, l’action universelle de :

la foi, de l'espérance et de la charité, Avec ses vieilles vérités qui avaient fait des barbares des hommes civilisés, elle a su protéger ceux qui sont appelés à une haute destinée. Les étrangers vous connaissent et vous apprécient. Ils savent que votre religion fait de vous d’honnêtes gens.

Ils connaissent vos pères aussi, Ils savent que vous \appartenez à cette race de héros qui ont brandi leurs armes sur le sol de la Nouvelle-Angleterre où nous sommes aujourd’hui,

[ls savent qu'ils étaient aussi terribles à la guerre que généreux après ia victoire.

Ils connaissent aussi l'histoire de . nos persécutions et notre énergie à

la revendication de nos droits. Ils constatent que nous sommes de ces plantes vigoureuses qui se raniment sous le pied qui les foule.

Ce n'est pas sans dessoin que le vent de la destinée vous a jetés dans.

ces plaines grandioses. à

Les uns ont déploré cette émigration, les autres y ont vu l’exécution

d’un décret providentiel, D'où vient que vous vous êtes arrachés de cette patrie qui vous offrait son large sein suffisamment gonflé pour nourrir les enfants qui consentent à le presser ?

Malgré les invitations chaleureuses qu'elle vous faisait, vous vous êtes échappés deses bras, non sans regret, nous le savons bien, puisque Vous NQUs revoyez avec tant de plaisir et que vous avez conservé pour le sol natal une si tendre affection.

Aujourd'hui vous êtes près d’un million répandus sur ce territoire marqué, il y a: plus de deux siècles, par nos vaillants ancôtres comme terre de la Nouvelle France.

Oui, messieurs, cos domaines que

No |

er ie na en dt

tt BOB O0 D ::

bre is NS. CE 4 Le à

vous habitez, ont été désignés dès la

naissance de la Nouvelle France pour être l'héritage de leurs descendants, et les jalons qu'ils ont ‘plantés ont .

été scellés du sang de ces pionniers.

Quel regard d’aigle ils avaient ces découvreurs intrépides qui À l'avance, plantaient les bornes du sol où devaient s'étendre leur domination !

. Croyez vous, messieurs, que c'était

. leur génie qui les conduisait dans

ces plaines du . Nouveau Monde ?

Sans doute ils avaient du génie, mais ils étaient guidés par une autre boussole : ils étaient religieux, Et comme tous les hommes de bonne volonté la Providence les a conduite dans cette terre promise, Ce n'étaient certes pas des chrétiens ordinaires que les Champlain, les Tracy, les Courcelles, les Duquesne, les Montcalm, les Vaudreuil, les Nicolet, les Lassale, les J oliet, les Iberville, les Marquette qui tous ont guerroyé sur ce sol ou y ont fait des découvertes. |

Mais vous le savez, Noblesse

oblige: maintenant que vous êtes implantés dans ces vallées ombragées par le drapeau étoilé, vous n'avez qu’à y faire votre devoir. Vous avez d’ailleurs un devoir de reconnaissance envers celx qui vous ont donné une généreuse hospitalité, en les édifiant et en leur faisant aimer une religien qui seule peut sauver de la décrépitude les membres gigantesques de leur colossal pays.

Faites leur comprendre, par vos exemples, par vos vertus, que votre religion est la seule qui puisse embraser le cœur de cet immense géant, pour le rendre capable de vivifier ses membres, et que, sans cette chaleur,les extrémités ne tarderaient pas à’se gangréner. |

D'ailleurs, les Américains forment une nution aux larges aspirations, et ils s’apercevront bientôt qu'il n'y a de logique que la religion qui descend directement du Christ. C’est ce que se plaisait à dire M. de Tocqueville qui semble les connaître.

. Mais, messieurs, permettez-moi de

1e vous le dire, il faut avoir une reliées Ron qui agit, qui fait des œuvres.

“da | L la dit, son divin fondateur : la ee foi sans les œuvres est une foi Fa morte.

nt Quelle éloquence aurez-vous pour in : prêcher une croyance que vous ne NE pratiqueriez pas ?

dé N'avez-vous pas un proverbe qui te dit: Honesty is the best policy ? Mais peut-on être honnête sans pratiquer A la religion? Vous ne le ferez croire ve personne. On peut bien être honsx nête, juste ur, ne pas mériter la dé corde ou la Prison mais que celui Be qui n’a pas de religion trouve à faire ie une spéculation frauduleuse à votre ee détriment, vous verrez s'il s’en gêne- 6 ra eb s’il ne suivra pas le principe si di commode : “ Make money honestly ps jf you can, but make money.” A Ds celui qui voudra inspirer de la con- Le fiance sans pratiquer sa foi, il lui sera ji répondu comme un enfant -du dé-

ei . 86rt d'Afrique répondait à un général français qui posait des conditions de de paix : “ Comment veux-tu que je

croie à ta parole, tu te dis chrétien et je ne te vois jamais prier.”

En effet, qu'est-ce qu'il faut pour être honnête? Reconnaître les droits des autres, pratiquer ses devoirs visà-vis eux. Or vous le savez bien, le premier, le plus sacré des devoirs, c’est bien d'aimer l’auteur de la vie et de toutes choses, c’est bien d'être fidèle à sa loi.

Les impies eux-mêmes respectent cette vérité en se défiant les uns

des autres ; et Rousseau, qui avait-

des moments de raisgn, confessait hautement : ‘J'avais cru qu’on pouvait être honnête sans religion, mais je m'aperçois que je m'étais trompé.”

Soyez du parti de Dieu, et que jamais. ceux qui le combattent n'aient votre appui. Ne donnez à aucun homme politique ni votre

conscience ni votre âme, combattez

les injustices, les hontes et les cri-

da nalnutlz =S 2e == nt … 65, Sans calculer si ça fait votre

affaire temporelle. Soyez fermes dans-

vos convictions et comprenez la

Hén dignité de votre titre de Canadiens, | ou À Remplissez vos devoirs envers oite Dieu, envers le prochain, et qu’une LES saine politique compte toujours sur le votre concour: Je ne crains pas de le dre dire, il ne dépend que de vous de rt faire triompher le bien, les évène- “Hi ments récents, les dernières élections | * présidentielles” ont fait ressortir le ent fait qu'on compte avec vous.

dde Voici l'appréciation que fait de ae vous, ce matin, le Rutland Herald :

sait “ We have found this element of on / our population, industrious, peaceaon . ble, loyal, religious..…. The delegates jais j and societies are right royally welcome. Our people show, by having que acquaintance with those who resides Qué here, that they are guests deserving éd À our confidence and cordial respect. à.

tee À Most of them are men of business, tez Î social td political prominenge, Rat cri- 1 land may: aéré, td Soie of“ühem likp ! !. ra i a small place, but thôreïs à faigé placé” ©+- Ai Fs for thgm"inithe: héärt af'oër: og HECE la Quelle’ ést: belle las inarche up...

jeune peuple qui s'avance vers sa destinée illuminé de la foi,

Mais la discipline exige pour marcher de concert un point de ralliement. Vous connaissez vos enseigues et vos guidons. (C’est la croix qui vous rendra victorieux.

Cette promesse qui a été faite à Constantin, réalisée à Tolbiac, est . capable de rajeunir les peuples en décadence et de donner de la vaillance aux jeunes générations. Dans le moment le plus critique, pensons à cette fière parole d’un zouave pontif cal, le capitaine d’Albiousse : “ Tant qu’il y aura en France une croix etune épée, le salut ne sera pas désespéré.”

On a dit quelque part que le salut viendrait de l'Occident. Nous sommes lè dernier né des peuples, le Benjamin des nations. Ce Benjamin c'était le favori de Jacob.

«22 Et. ebt Jent-Bptistes ‘Qpi “nbus a

+ été : doté‘ pour. ‘patroù, :ést. celui

“*! qui a précédé le Christ. ., , …

. +. Et, en avant...

Page 1