I. Philostorge, Ilist. eccl., VIII, ia
a. Photius, niblioth., i38.
tloxie de saint Basile. Les ennemis que lui avait faits son élection à l’épiscopat guettaient les occasions de l’attaquer. On prétendit que, dans un discours prononcé à la fête du martyr Eupsyque, après avoir parlé très clairement de la divinité du Père et du Fils, il avait employé des expressions moins fortes à l’égard de celle du Saint- Esprit. Au cours d’un banquet, auquel assistait Grégoire de Nazianze, un religieux, fatigué d’entendre louer Basile, lança contre lui cette accusation, reprochant à Grégoire lui-même d’avoir approuvé par son silence le langage de son ami1 * 3. La vérité est que, par prudence et par charité tout ensemble, afin d’éviter un piège des hérétiques et aussi afin de ménager des âmes hésitantes qu’il voulait ramener doucement à la vraie loi*, Basile s’était abstenu de se servir, à propos de la troisième personne de la Sainte-Trinité, de termes que n’avait pas employés le concile de Nicée. Mais il avait emprunté au raisonnement et à l’Ecriture Sainte des expressions équivalentes, pour attester la divinité du Saint-Esprit5. Aucune doctrine ne lui tenait plus à cœur. « Puissé-je — s’écria-t-il un jour devant Grégoire de Nazianze, en prononçant, dit celui-ci, une sorte d’imprécation contrairement à toutes ses habitudes, — puissé-je être abandonné de cet Esprit, si je ne le vénère pas, avec le Père et le Fils, comme leur étant consubstantiel, et égal en dignité4! » Comment, d’ailleurs, eût-on pu douter de sa foi en ce dogme fondamental de la religion chrétienne, quand il avait déjà consacré à la démonstration de la divinité du Saint-Es-
i . Saint Grégoire de Nazianze, Ep. 58.
i. Cf. saint Basile, Ep. n3, 114.