I. De Spiritu Sancto, I
SAINT BASILE
de se défendre là où il devrait seulement enseigner.
On souffre surtout de le voir souffrir, au point de s’épancher, en terminant, dans des pages d’une inexprimable amertume. « A quoi sert de crier contre le vent, quand la tempête fait rage autour de nous*? » Suit le tableau de l’état présent de l’Eglise, comparé à cette tempête. Basile montre la division introduite dans le peuple chrétiennes orthodoxes eux-mêmes se déchirant quand ils n’ont plus d'ennemis à combattre, tou tes les ambitions en éveil, les évêchés disputés comme des préfectures, les magistrats civils impuissants à rétablir la paix parmi les fidèles, et enfin, las des subtilités de l’arianisme, certains de ceux-ci s’inspirant de ses principes pour retourner au judaïsme, d’autres y trouvant des raisons de redevenir païens. Basile, cependant, ne perd pas courage. « La nuée de nos ennemis ne m’a pas épouvanté, dit-il à Amphiloque; j’ai fixé mon espérance dans le Saint-Esprit, et j’ai annoncé avec confiance la vérité*. »
III. Quand on a recueilli de tels cris d’âme, on hésite à parler de littérature : et cependant on ne saurait abandonner l’étude des écrits de saint Basile sans dire comment il entendait la composition des ouvrages de controverse religieuse.
Il a eu l’occasion de s’en expliquer, dans une lettre3 adressée au célèbre prêtre Diodore, le maître de saint Jean Chrysostome et l’un des fondateurs de la critique biblique. Diodore avait communiqué à saint Basile deux, de ses livres, l’un, court, sans digressions et, semblet-il, sans aucune recherche de forme, l’autre, au con-
j> De Spiritu Saru to , 39.
a. Ibid., 3o.