‹ La religion et la liberté (volume 2)Chapitre 149 sur 152 · I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIII · texte numérisé non relu

I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIII

a. Ibid., 66.

pureté du langage, ordre et netteté dans les pensées, style coulant et clair comme l’eau de source, force persuasive; à son avis, l’étude des discours de Basile pouvait remplacer, pour la formation de l’orateur, celle des œuvres de Platon ou de Démosthènes*. Photius parle ensuite de sa correspondance, dans laquelle il voit le plus admirable témoignage de la piété de notre saint et un modèle de l'art épistolaire*.

Cette correspondance nous a servi, autant que le témoignage des anciens, à esquisser la figure de saint Basile. Le récit de sa vie a mis sous les yeux des lecteurs de nombreux fragments de ses lettres. Ou nous nous trompons fort, ou ils en ont remarqué la noblesse, la vivacité, l’éloquence. Mais ils y ont certainement vu autre chose. Les saints n’écrivent pas pour le seul plaisir d’écrire, par vanité d’auteur, ou pour remplir quelque devoir de sociabilité mondaine. C’est la piété ou la charité qui dicte leurs lettres. Cela seul doit les rendre supérieures pour le fond des idées, pour la forme même peut-être, h celles de contemporains dont l’idéal était moins haut et moins pur. On s’en aperçoit en comparant la correspondance de Basile à l’œuvre épistolaire d’autres écrivains célèbres du iv* siècle. Entre ses lettres où tout respire l’amour de Dieu et des hommes, où de rares marques d’impatiencene sont que le cri de la charité blessée, et celles de l’empereur Julien, remplies de vanité, de passion, parfois d’incohérence, la distance morale, même littéraire, semble infinie. Pour des raisons différentes, la comparaison avec la correspondance de Symmaque nous laisse à peine moins sévères. Certes, la figure de ce haut magistrat païen n’a rien de vulgaire :

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