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CHAPITRE V

LA VIE MONASTIQUE

Basile demeura cinq années dans la solitude.

Ce que Grégoire lui reprochait en jouant, et en cachant l'admiration sous la raillerie, était vrai : son austérité lui avait fait choisir l’existence la plus dure. Ce riche citoyen — car, après la division des biens paternels, chacun des enfants d’Emmelie s’était encore trouvé fort riche, et des causes inconnues avaient même donné aux biens de chacun une plus-value extraordinaire* — s’était fait la vie d’un pauvre. Une seule tunique et un seul manteau composaient sa garde-robe; son lit était une planche ou un tapis posé à terre; du pain, du sel, quelques herbes suffisaient à ses repas ; l’eau claire de la montagne apaisait sa soif*. Grégoire de Nazianze a peint d’un mot expressif cet homme chaste, pauvre, amaigri par les jeûnes, pâli par les veilles, en disant qu’il était « sans femme, sans bien, qu’il n’avait presque plus de chair et presque plus de sang. »

Dans une longue lettre h son ami, Basile décrit la vie des solitaires d’Annesi. Nous devons l’analyser, carelle

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