I. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XVIII , 33. a. Ibid
LE SACERDOCE
l’Eglise. Les soldats qui ne voulaient pas sacrifier perdaient leurs grades. Un édit ordonnait d’ouvrir tous les temples. Un autre édit interdisait l’enseignement aux professeurs chrétiens : malgré l’offre d’une tolérance exceptionnelle, Prohaeresius, l’ancien maître de Basile, de Grégoire et de Julien, descendait avec éclat de sa chaire d’Athènes. Dans plusieurs villes, desprètres, des vierges, des fidèles, tombaient victimes d’une populace fanatique. A Césarée, de tels excès n’étaient pas à craindre, puisque la ville était presque entièrement chrétienne; mais, à cause de cela même, elle avait tout à redouter de l’empereur et de ses agents. Julien n’aimait paslaCappadoce, où ses efforts pour rétablir le culte des dieux n’avaient pas eu de succès1. Il gardait rancune aux citoyens de Césarée de la destruction de deux temples sous Constance. Il était surtout furieux de l’audace avec laquelle ils avaient salué son avènement par la démolition d’un troisième temple. « On ne trouverait pas, s’écriait-il, un seul Grec parmi tous ces Cappadociens* ! » Sa colère fut portée au comble par l’élection épiscopale d’Eusèbe, qui privait d’un de ses plus riches membres la curie, responsable des impôts3. Aussi le préfet de la Cappadoce, tremblant pour lui-même non moins que pour ses administrés, essayait-il d’apaiser le prince en poursuivant la déposition d’Eusèbe. Il y était d’autant plus excité, qu’il s’était trouvé naguère en dissentiment avec celui-ci au sujet des affaires de la ville ou de la province. On le vit donc harceler de lettres les évêques consécrateurs, dont il avait connu les hésitations premières, afin de les décider à déposer une plainte contre l’élection. Nous avons la réponse de l’un d’eux, le vieil
i. Julien, Ep. 4.
a. Ibid.