‹ La religion et la liberté (volume 2)Chapitre 71 sur 152 · L’ÉLECTION · texte numérisé non relu

L’ÉLECTION

partie saine du clergé et du peuple désirait vivement sa venue; la faction opposée à Basile, où se trouvaient beaucoup d’évêques, qui multipliaient les réunions préparatoires et les conciliabules, la redoutait : de ce côté, tout en lui écrivant pour l’inviter à venir, on le faisait d’un ton où perçait le désir que l’invitation ne fût pas acceptée. Le vieux Grégoire, malade, presque impotent, différait le voyage. Il envoya plusieurs lettres, en se servant de son fils comme secrétaire. Une première fut adressée aux habitants de Césaréc, « prêtres, moines, magistrats, sénateurs, peuple. » S’intitulant « le petit pasteur d’un petit troupeau, le dernier des ministres du Seigneur, » l’évêque de Nazianze recommandait, avec l’autorité de sa vertu et de son âge, le seul candidat h ses yeux désirable ou même possible, Basile1. Une autre lettre eut pour destinataire un des plus saints prélats du temps, défenseur intrépide de l’orthodoxie contre les ariens, Eusèbe de Samosate . bien que celui-ci ne fut pas au nombre des électeurs pour le siège de Césarée, puisqu’il résidait en Commagène, Grégoire le suppliait de venir user de son influence en faveur de Basile, ce qu’Eusèbe n’hésita pas à faire*. Enfin, Grégoire écrivit aux évêques du parti adverse une lettre énergique, leur disant qu’il se rendrait à leur appel, mais seulement s’ils se décidaient à choisir Basile, et réfutant les objections que l’on répandait dans le peuple pour empêcher son élection : « Basile est sans doute d’une santé frêle; mais c’est un docteur de la foi, non un athlète qu’il nous faut3. » On avait affaire, cependant, à un fort parti. Les représentants des pouvoirs publics y cabalaient de concert

i. Saint Grégoire de Nazianze, Ep. 4i.

a. Id., Ep. 4a, 44.

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