Saint Basile, Ep. t)5, y8, 100, io
A scs tentatives pour appeler les Eglises «.l’Occident au secours de celles d’Orient, il associe Eusèbe : ensemble ils signent les lettres écrites dans ce but1 2. Quand Eusèbe, en 3"4> fut envoyé en exil, dans des circonstances qui le montrent jouissant à Samosate d’une popularité égale à celle qui entourait Basile à Césarée*, celui-ci et aussi Grégoire de Nazianze ne cessent de correspondre avec l’exilé, et de le tenir en communication avec ses diocésains : une des épîtres les plus pathétiques de Basile est pour les exhorter à demeurer fidèles au pasteur légitime3.
Il faut lire les lettres adressées par lui à Eusèbe, en diverses époques de sa vie, pour se rendre compte de leur affection réciproque, et aussi de la nuance particulière de respect qu’y mêle Basile. Il leconsidère comme un directeur de conscience, l’appui de sa faiblesse, la lumière de ses doutes. Ce grand homme, à qui la supériorité est si naturelle, et qui parle à tous avec une autorité presque involontaire, se fait petit devant Eusèbe. Une lettre d’Eusèbe est pour lui « ce qu’est au navigateur battu parla tempête la vue du phare annonçant la terre prochaine. » Si Eusèbe peut venir h Césarée, Basile « ne se croira pas complètement exclu des dons de Dieu. » Basile a été malade : « Je n’ai jamais tant souffert «le mes maux, écrit-il, qu’en songeant qu’ils m’ont empêché d’aller jouir de ta présence et de tes entretiens. De quelle joie j’ai été privé, je le sais par expérience, bien queje n’aie pu, l’année dernière, que goûter du bout du doigt le miel très doux de votre Eglise — Mais j’avais, cette fois, de puissants motifs