‹ La religion nationale des Tartares orientaux [microform] Mandchous et Mongols, comparée à la religion des anciens Chinois, d'après les textes indigènes, avec le rituel tartare de l'empereur K'ien-LongChapitre 40 sur 76 · DU GRAND SACRIFICE (METEN · texte numérisé non relu

DU GRAND SACRIFICE (METEN

Comme le jour du grand sacrifice, on invite et amène Foucihi et Pousa dans la grande chapelle qui se trouve dans la nef de l'ouest du Kun-ning-kong.

Les taigiyasdes offrandes étendent de grands et larges papiers

de Corée vernis, au côté nord-est du petit mât {somo) et posent une grande table vernie rouge et couverte de zinc, tournée vers l'ouest. Ils descendent le somo et le posent en travers sur son support, la pointe tournée vers le soleil levant et la base par terre. Prenant alors les papiers blancs attachés et les crânes l enfilés précédemment à ce mât, ils les brûlent dans le four portatif de cuivre jaune 2.

Ils placent alors une haute table vernie rouge devant la pierre du mât et y mettent en oblation trois vases d'argent. Dans le vase du milieu ils versent des grains de riz; les deux autres restent vides pour le moment. Sur la table ils placent une feuille de papier blanc et, près du mât, un peu écarté vers le nordouest, un suspensoir verni rouge qu'ils recouvrent d'un tapis rouge. Devant le suspensoir ils posent une table-crédence de bois peint à fleurs et deux autres crédences vernies rouge, l'une derrière l'autre. Dans cette crédence ils posent plusieurs petits supports [fanihiyan] «^ puis ils rangent le four portatif de cuivre jaune avec la marmite de cuivre rouge et le grand foyer du côté de l'est; ce dernier, au nord de la crédence.

Le moment venu, les taigiyas des offrandes amènent un porc et le placent la tête tournée vers le sud, à côté et à une petite distance, à l'est, de la pierre du mât.

Si l'empereur assiste, les femmes assistant aux oblations étendent pour ses cérémonies, près du seuil du Kun-ning-kong, un tapis rouge à fleurs jaunes. L'empereur entre portant le bonnet et vient faire une génuflexion contre le mât, tourné vers le lieu saint.

Un Mandchou des oblations s'avance et vient se tenir le visage tourné vers l'empereur, prend le vase ^ où les grains ont été versés, le jette et répand une fois d'abord, puis deux fois en offrande, et se retire. L'empereur fait une révérence, se relève et

2 Voir plaiichi' V, ■!, 2. ^ Voir pljiiclie VJI, 7.

se retire. Si l'impératrice l'accompagne, elle se tient à l'ouest et l'empereur au centre et ils y font les cérémonies.

En ce cas on fait encore sortir tous les hommes; les taigiyas arrêtent le Mandchou qui doit jeter les grains en offrande et le tiennent à l'écart.

Quand l'empereur n'assiste pas, le Saman se prosterne en tenant levé le vêtement impérial, puis les taigiyas des offrandes placent le porc sur la grande table recouverte de zinc, la tête tournée vers l'ouest, et le tuent; deux autres recueillent le sang dans deux vases plats, doublés d'argent, qu'ils exposent sur la table haute. Le porc étant immolé, on l'étend la tête tournée vers le sud, puis on va l'écorcher dans la cour, on prend et jette en l'air -i un morceau de viande, l'os crânien, on met en réserve la viande nécessaire au sacrifice et on la cuit dans la marmite de cuivre. On découpe le reste en morceaux, on l'arrange sur le plat de bois doublé d'argent, la tête et la peau entière étendue dessus; on nettoie les intestins, on les pose sur le plat, et on met le plat de sang devant celui de viande, un peu sur le côté. Les servants aux offrandes font cuire la viande du sacrifice et, pendant qu'elle cuit, se tiennent derrière la crédence tournés vers l'est; puis, quand la viande est cuite, ils la coupent en morceaux. Ils mettent d'abord le morceau jeté en l'air et le crâne, en offrande, dans le plat d'argent posé à la gauche de la table haute, et le foie dans celui de droite (de l'est). Puis, prenant la part de viande sacrificielle, ils la mettent sur deux plats avec deux bâtonnets seulement 2, et la bouillie d'avoine sur deux autres plats avec une seule cuiller et, de plus, au côté de l'est, un plat de riz et un autre de viande correspondant l'un à l'autre. Les offrandes achevées, si l'empereur assiste, un Mandchou des oblations vient, comme il est dit précédemment, répandre trois fois du grain en offrande et se prosterner. Après quoi, le chef assistant et les servants des oblations attachent le crâne au sommet du petit mai et mettent la viande jetée en l'air, le

' Oyo gaimbi (voir page 100).

- Tout le monde doit se servir des mêmes iiistrumeHls.

foie et le grain dans le hiyase du mai, puis ils redressent le mai, le mettent avec des papiers blancs sur la colonne-support et portent au Kun-ning-kong la viande et le riz offerts, les posant du côté de l'est.

Si l'empereur et l'impératrice en goûtent, l'empereur en présente à celle-ci. Les jours où ils ne font pas les cérémonies de vénération, on donne le tout à manger aux gens qui se trouvent dans le Kun-ning-kong,

Quant à la viande et au riz, offerts du côté de l'ouest, on les porte hors de la chapelle et on les donne, ainsi que la sauce et la viande restées dans la marmite, aux taigiyas et aux servants des offrandes. La viande restée crue et les os, avec le plat doublé d'argent, la haute table doublée de zinc et le large papier de Corée verni, sont portés au Kun-ning-kong.

Comme au sacrifice principal, on rôtit la tête et les pattes, on verse le sang sur les intestins et on les cuit dans la grande marmite. La grosse viande cuite se met dans un plat que l'on ne porte pas au dehors; mais on fait venir les employés et fonctionnaires et on la leur ftiit manger. Après quoi, les taigiyas emportent les papiers vernis et la table, portent dehors la peau et les os. La peau et la graisse sont portées à la cuisine, les os sont remis à un chef assistant qui les porte en un lieu propre, les brûle et jette les cendres dans le fleuve.

Cela fait, on invite et emporte Foucihi et Pousa de la nef de l'ouest et on les remet à leur place habituelle. On remet en place le four portatif avec sa marmite, le support, la crédence et le reste.

S'il pleut ou neige, les ministres et servants des offrandes portent un grand parapluie de papier verni et en couvrent la table du sacrifice et la marmite.

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