‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 2)Chapitre 16 sur 92 · S. Aug , De civ Dei, iv · texte numérisé non relu

S. Aug , De civ Dei, iv

a la f i jn de la république. 43

quait, en ébranlant la base, de renverser l’édifice qu’elie soutenait. Ces défenseurs du culte officiel, on le comprend, ne pouvaient pas demander aux autres plus qu’ils n’exigeaient d’eux mêmes. Aussi se bornaient-ils à recommander l’observation des pratiques ; quant aux croyances personnelles, la loi ne s’en était pas préoccupée, on n’avait le droit d’en demander compte à personne, et ils entendaient bien garder eux-mêmes sur ce point toute leur liberté.

Cette façon d’agir n’était pas nouvelle à Rome, et l’on pratiquait déjà ces accommodements dans l’entourage du second Africain. Cette réunion brillante de politiques et de gens d’esprit qui s’était formée autour du vainqueur de Carthage exerça, comme on sait, beaucoup d’influence sur la société romaine du vi‘ siècle. Elle comprenait des personnes d’origine et d’occupations fort diverses : on y voyait des Romains et des Grecs, des philosophes, des poètes, des historiens mêlés à des hommes d’État et à des gens du monde. Pour parvenir à s’entendre, quand on est parti de points si éloignés, pour pouvoir jouir à l’aise des plaisirs de la société, « le plus grand bien de la vie humaine », il faut se faire des concessions réciproques; dans ces rapports de tous les jours les oppositions s’amoindrissent et s’effacent, et les opinions qui semblaient d’abord le plus contraires trouvent moyen de se rejoindre. D’ailleurs l’homme illustre qui fut le centre de ces réunions était porté par lui-même à ces ménagements et à ces transactions. C’était une nature sage et mesurée, ennemie des extrêmes; il essayait, en politique, de n’être d’aucun parti, les trouvant tous exagérés, et il se montrait aussi hostile aux prétentions des aristocrates, quoiqu’il leur appartînt par la naissance et les traditions, qu a l’esprit entreprenant et factieux de la démocratie K II

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