‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 2)Chapitre 26 sur 92 · Censor · texte numérisé non relu

Censor

2. Comment. Cruq. ad Carm. sœc. : « Ab origine romance gentis reperti et inslituti sunt, scilicet a Numa Pompilio. » — 3. Elles n’occupent plus que trois strophes dans le chant séculaire d'Horace, qui en a dix-neuf. — 4. C’est ainsi que les liostiœ furvæ sont remplacées par des bœufs blancs (Carm sœc., 49).

qu’un seul temple hors de l’enceinte de la ville, comme on faisait pour toutes' les divinités étrangères K Ce qui engagea sans doute Auguste à lui consacrer les jeux séculaires, c’est que, par la variété de ses attributs, il convenait aussi bien au caractère qu’avaient autrefois ces jeux qu’à celui qu’on voulait leur donner en sa qualité de dieu conservateur et purificateur, le vainqueur de Python, l’ennemi des forces déréglées de la nature pouvait être invoqué pendant des cérémonies expiatoires établies en des jours de calamité publique; il était encore plus naturel que le dieu de la lumière et de la vie présidât à ces fêtes, quand elles devinrent des solennités joyeuses, où Rome célébrait son éternité. Le règne d’Apollon, que Yirgile avait déjà chanté 2, semblait annoncer au monde une époque nouvelle de calme et de repos; il devait inaugurer une sorte d’âge d’or, pendant lequel Rome ne serait plus occupée qu’à bien gouverner les nations qu’elle avait vaincues, à leur assurer la paix, à leur donner le bonheur. N’oublions pas qu’Auguste regardait Apollon comme son protecteur particulier, et qu’il tenait naturellement à paraître confier les destinées de son pays à celui qui veillait déjà sur les siennes. Par là se marquait avec plus d’évidence cette confusion qu’il voulait établir entre l’empire et l’empereur : leurs dieux étaient les mêmes, leur fortune devait être semblable, et il ne leur était plus possible de se séparer.

Tout se réunissait donc pour donner une grande signification aux jeux séculaires d’Auguste. Aussi furent-ils célébrés avec un éclat extraordinaire. On n’avait rien négligé pour en relever l’importance. Afin d exciter partout une grande attente, on avait fabriqué des oracles sibyllins qui pouvaient faire croire que les dieux avaient pris la peine de régler eux-mêmes jusqu aux moindres details

Page 1