Voyez surtout S. Justin, Apol., Il
PRÉFACE
y ont touché en racontant l’histoire générale de ce temps1, ou celle des origines du Christianisme2. On s'apercevra que je les ai lus avec soin et que j’ai profité de leurs recherches. Je me suis aussi beaucoup servi des travaux savants de l’Allemagne, surtout de la Mythologie romaine de Preller3, du Manuel des antiquités de Becker, continué par M. Marquardt3, de V Histoire de la philosophie grecque de M. Zeller6 et du Tableau des mœurs romaines de M. Friedlænder6.
1. M. de Champagny, par exemple, s’en est souvent occupé, surtout dans le troisième volume des Césars, qui contient le tableau religieux et moral du monde romain à la fin du Ier siècle. — 2. Parmi les ouvrages de ce genre, il en est un dont je dois faire une mention spéciale : c’est celui de mon ancien maître, M. Ravet (le Christianisme et ses origines; — l’Hellénisme). Quelques controverses que ce livre soulève, on sera, je crois, d’accord à reconnaître qu’on ne peut mettre en doute la sincérité de l’auteur, et qu’il n’est pas possible de nier son talent. M. Havet traite tout a fait, dans son second volume, le même sujet que moi, mais on verra que l’étude des faits m’a conduit à des conclusions différentes des siennes. — 3. Rômische Mythologie, 2* édit. Une traduction, malheureusement un peu abrégée, de cet excellent ouvrage a été publiée sous ce titre : Les Dieux de l ancienne Rome. Paris, 1855. — 4. Handbuch der rômischen Alterthümer. Leipzig, 5 volumes. — 5. Die Philosophie der Griechen. Leipzig, 5 volumes. M. Boutroux a commencé la traduction de cet important ouvrage. 11 vient d’en faire paraître le premier volume. — 6. Darstellungen aus der Sittengeschichte Roms. Leipzig, 3 vol. Cet ouvrage a été traduit en français sous ce titre : Mœurs romaines du régné d Auguste à la fin des Antonins. — [Pendant que s’imprimait la première édition de cet ouvrage, M. Hausrath , professeur à Heidelberg, a fait paraître un livre en trois parties, intitulé : Neutestamentliche Zeitgeschichte , dans lequel il s’occupe des questions qui sont traitées ici.]
PREFACE
Je ne me suis pas contenté de dépouiller avec soin les auteurs anciens ; on l’a fait si souvent avant moi que je ne pouvais guère espérer y découvrir des faits inconnus. J’ai voulu aussi recueillir dans les inscriptions les renseignements nouveaux qu’elles peuvent contenir et dont quelques-uns n’avaient pas été encore mis à profit. Je les dois soit à la grande collection des Inscriptions latines publiée par l’Académie de Berlin1, soit au Recueil d’Orelli, corrigé et achevé par M. Henzen * , soit enfin aux inscriptions du royaume de Naples de M. Mommsen3, et à celles de l’Algérie de M. Léon Renier4. Je tiens à témoigner d’abord toute ma reconnaissance pour ces savants dont les ouvrages nous rendent les recherches si faciles. J’ai cherché à ne faire des renseignements que j’ai trouvés chez eux qu’un usage légitime ; si, malgré tous mes soins, il m’est échappé des erreurs dans l’appréciation des faits ou dans l’interprétation des textes, je remercie d’avance ceux qui, en me les signalant, me permettront de les corriger.
Avant de finir, j’éprouve le besoin de rappeler
1. Corpus inscriptionum latinarum. Berlin. — 2. Inscriptionum latinarum selectarum amplissima collectio. Zurich. Les deux premiers volumes sont dus à Orelli, le troisième à M. Henzen. J’ai désigné le. recueil entier sous le nom d’Orelli. — 3. lnscriptiones regni Neapolitani. Leipzig. — 4. Inscriptions romaines de l’Algérie. Paris.
PRÉFACE
encore une fois dans quel esprit ce livre a été composé. Il n’a pas été entrepris avec une idée préconçue ; j’ai fait tous mes efforts pour me tenir autant en garde contre cette paresse d’esprit qui nous attache trop aux opinions reçues que contre la séduction qu’exercent sur nous les opinions nouvelles. Rien n’est plus loin de ma pensée que d’écrire une œuvre de polémique : les ouvrages de ce genre sont en général stériles ; ils ne font qu’enraciner chacun dans ses préjugés et n’ont d’autre résultat que de rendre plus profondes encore les divisions qui nous séparent. Il me semble au contraire qu’en traitant les questions avec le calme et l’impartialité qui conviennent à la science, on a plus de chance de s’entendre. C’est à mon sens un succès médiocre pour un auteur que son livre devienne une arme de guerre dans la main des partis qui se combattent; ce qu’il doit plutôt désirer, ce que je souhaite avec passion pour celui que je donne en ce moment au public, c’est de lui voir produire, suivant la belle expression de M. de Rossi, t des fruits de paix et de vérité. »
Novembre 1874-
LA