Suét., Vitell
le même éloge : le prince seul changeait, leur dévouement restait le même. On peut dire qu’il cherchait les occasions de se manifester. Indépendamment de la cérémonie des vœux publics, les Arvales célébraient tous les ans l’anniversaire de la naissance de l’empereur, celle des princes de sa famille, la date de son avènement, les victoires vraies ou fausses qu’iL prétendait avoir remportées, les complots réels ou supposés qu’il avait punis. Les bassesses ne leur coûtaient pas quand il s’agissait de montrer leur zèle au prince régnant. Tacite raconte qu’après avoir assassiné sa mère, Néron n’osait pas rentrer à Rome, craignant d’y recevoir un mauvais accueil, mais que ses amis le rassurèrent en lui rappelant la servilité des grands corps de l’État, et qu’en effet il y fut reçu comme un triomphateur. Les Arvales se distinguèrent en cette circonstance : nous trouvons dans leurs procès-verbaux qu’ils firent des sacrifices au Capitole, sur le forum, et devant la maison paternelle de Néron, pour remercier les dieux de son heureux retour1.
Toutes ces flatteries, qui donnaient naissance à des cérémonies sans fin, formaient l’élément variable et mobile des fêtes des Arvales, mais le fond en était immuable. Le culte qu’ils célébraient remontait probablement aux origines mêmes de Rome ; il s’est conservé sans trop d’altération pendant près d’un millier d’années. Comme leur nom l’indique, ils étaient institués pour demander au ciel la fertilité des champs. Ce devait bien être la première préoccupation d’un peuple de laboureurs. La déesse à laquelle ils adressaient leurs prières n’était ni Ops, ni Tellus; encore moins Cérès, qui, malgré son nom italien, s’est de bonne heure confondue avec Demeter. C’était une de ces divinités antiques que l’invasion du Panthéon