‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 2)Chapitre 82 sur 92 · Dion, ni, J · texte numérisé non relu

Dion, ni, J

ment, la majesté et l’autorité qui lui manquaient1. » Des lors rien ne s’oppose plus au succès des religions de l’Orient. Favorablement traitées par les Flaviens auxquels elles n’avaient pas été inutiles, de plus en plus puissantes à la fin des Antonins, sous Marc-Aurèle et Commode, elles achevèrent de triompher avec la dynastie des Sévères.

Pendant la période qui fait le sujet de notre étude, Rome connaît déjà et pratique à peu près toutes les religions qu’elle accueillera chez elle jusqu’au triomphe du Christianisme. Les unes lui sont arrivées sous la république, les autres dans le premier siècle de l’empire. Nous venons de voir qu’elle a reçu de bonne heure les dieux égyptiens dont le culte était répandu dans tous les ports de la Méditerranée, et qu’il en est fait mention dès le temps des guerres puniques. En 549, la Mère des dieux est solennellement apportée de Pessinonte à Rome par l’ordre du sénat. Un siècle plus tard, Sylla ramène d’Asie ia sauvage déesse de Comagène , qui s’identifie avec la vieille Bellone. Sabazius et Adonis sont adorés dans le grand monde de Rome dès l'époque d’Auguste 2. Néron, pendant quelque temps, n’a de dévotion que pour la déesse de Syrie3. Trajan consulte le dieu d’Héliopolis (, Jupiter Heliopolitanus) sur le succès de son expédition contre les Parthes ; celui de Doliche ( Jupiter Dolichenus) obtient un temple sur l’Aventin à l’époque de Commode4. Plutarque nous apprend que le nom de Mithra fut connu pour la première fois des Romains à la fin de la république, pendant la guerre des pirates5. Son culte continue d’exister obscurément sous les Césars parmi les classes

1. Suét., Vesn., 7. — 2. Val.-Max., i, 3, 2. Ovide, Ars am., I, 75. — 3. Suét., Nero, 56. — 4. Preller, Rom. Mijlh., p. 743. — 5. Plut., Pomp., 24.

populaires1. Il commence à prendre plus d’importance vers les dernières années des Antonins ; au me et au IVe siècle, il l’emporte sur tous les autres. Ainsi, à l’exception de ce dernier développement du culte mithriaque, qui ne s’est produit qu’un peu plus tard, toutes les autres religions étrangères sont librement professées à Rome à l’époque dont nous nous occupons. S’il fallait les étudier toutes pour elles-mêmes et dans le détail, faire minutieusement l’histoire de leurs progrès et de leur fortune, le sujet que nous traitons en ce moment serait infini. Mais notre dessein est moins étendu : nous ne cherchons à connaître ces cultes que dans leurs rapports avec la religion romaine, et nous voulons seulement savoir la part qui doit leur être faite dans les changements qu’elle a subis. Comme il est naturel qu’ils aient eu plus d’influence sur elle lorsqu’ils s’accordaient entre eux, il nous convient, en les étudiant, de nous moins attacher aux points par où ils diffèrent qu’à ceux par lesquels ils se ressemblent. Ces ressemblances sont, du reste, beaucoup plus nombreuses qu’on ne croit. Leurs diversités ne sont souvent qu’apparentes; en somme, ils partent tous des mêmes principes, ils répondent aux mêmes besoins, ils arrivent aux mêmes résultats : ce sont ces résultats communs que nous allons exposer.

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