Mommseiï. tnscr. Neap
ces grandes villes que Chateaubriand appelle des déserts d’hommes, où l’on est si profondément étranger l’un à l’autre, quoiqu’on vive côte à côte, et où les bruits du dehors rendent l’isolement si amer. S’il se trouvait parmi eux quelque homme entreprenant et qui fût connu dans ce monde inférieur, la pensée lui venait vite de faire cesser cette solitude. Les exemples qu’il avait sous les yeux lui en fournissaient facilement le moyen : tout était plein, jusque dans les plus petites villes, d’associations de tout genre. Il groupait donc autour de lui ses compagnons d’infortune, il prenait un de ces prétextes qui donnaient le droit de se réunir sans éveiller les inquiétudes de l’autorité; quelquefois il allait trouver un riche qu’il savait généreux, et, soit par les libéralités d’un protecteur, soit par la seule initiative des membres, un collège se fondait.
Le premier soin des nouveaux associés devait être de 6e faire un règlement. Ce n’était pas un travail bien difficile : on se contentait de copier les lois qui régissaient les municipes. Le collège est aussi pour ses membres une sorte de cité particulière, une république, et il aime à en prendre le nom dans ses jours d apparat ( respublica collegii1). Le règlement fait, les collègues se réunissent pour le signer. La cérémonie était importante, et nous voyons qu’on le signait quelquefois dans un temple, sans doute pour lui donner plus d autorité". C elait la loi du collège, une loi rigoureuse, qui décernait des amendes, qui exigeait le respect. On devait l’afficher dans un lieu apparent, afin qu’elle fût toujours sous les yeux des confrères ; on la communiquait aux nouveaux venus pour leur faire bien connaître leurs devoirs et leurs droits. « Toi qui veux entrer dans cette association, dit un de