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explications, disait le pontife Cotta aux stoïciens, vous no réiiss'SîCz qu'à rendre douteuses les choses les plus certaines '■. » C'est ce que devaient penser les hommes d'État de Rome, et naturellement cette opinion les éloignait beaucoup de la théologie.
Il ne leur fut pas possible pourtant de s'y soustraire. La place que la religion tenait dans la vie publique et privée des Romains attirait forcément l'attention sur elle ; elle touchait à trop d'intérêts graves pour qu'on put se dispenser de l'examiner de près. Les prescriptions multiphées de la loi religieuse n'excitaient pas seulement des scrupules dans l'âme des fidèles, elles pouvaient donner naissance à de nombreux procès; il fallait donc les interpréter, les éclaircir : ce fut l'œuvre des jurisconsultes*. Les raisons ne leur manquaient pas pour pénétrer dans ce domaine qu'on voulait tenir secret et fermé. Ils ne pouvaient pas étudier les conditions de la propriété sans savoir ce que les dieux se réservaient et ce qu'ils voulaient bien abandonner aux hommes. Il leur fallait d'abord exactement définir ce qu'on entendait par le saa^é et le profane : c'était une des questions les plus controversées de la jurisprudence romaine. Quand un bien était transmis par héritage, il était important de connaître les obligations que la nécessité de maintenir les sacra privata faisait peser sur les héritiers. Gicéron nous apprend qu'à ce propos Icsjurisconsultes soulevaient des difficultés innombrables^. Ils s'étaient aussi fort occupés delà célébration des férie& : comme la violation de la loi du repos n'était
1. Cic, De nat. deor., ni, A. Voyez aussi ce passage, qui nous a été conservé par Lactance (It.O) : Non sunt ista vulgo disputanda, ne susceplas publiée religiones disputatio talis exstinguat. — 2. Voyez, sur le droit ponlifical et la façon dont il s'est sécularisé en passant des pontifes aux jurisconsultes, Bouclié-Leclercq, les Pontifes, livre u. — 3. De kg., il, 19.
pas seulen^ent une faute religieuse qui devait être expiée par des sacrifices, et qu'on la punissait aussi d'une amende ^ ils se croyaient le droit de chercher quelles étaient les occupations permises ou défendues les jours de fête. La nomination d'un magistrat n'étant valable que si les auspices avaient été régulièrement consultés, ils en prirent occasion d'étudier les auspices. On savait enfin qu'un arrêt était nul s'il avait été rendu un jour où il était interdit de le faire ; de là des commentaires sans fin sur le calendrier pour distinguer les dies fasti, nef asti ou intercisi. Les jurisconsultes ne devaient pas s'en tenir là; ces excursions qu'ils se permettaient sur le terrain de la théologie éveillaient leur curiosité, et en traitant ces questions où '" dligion est mêlée au droit, la tentation devait naturet.<;raent leur venir de l'étudier pour ellemême. Il est bien difficile que, dans ce grand ouvrage en neuf ou dix livres que Trebatius avait intitulé De religionibus, il ne se fût jamais demandé quelles étaient les attributions ou la nature de ces divinités dont il rencontrait sans cesse les noms dans les anciens rituels, et nous savons que Scaevola, en partageant les dieux en trois classes, avait imaginé tout un système de théologie qui obtint à Rome un très-grand succès.
Après les jurisconsultes, ce furent les grammairiens qui s'occupèrent le plus de la religion romaine. C'était leur métier d'élucider les textes obscurs, et les livres pontificaux étaient remplis de passages auxquels on ne pouvait plus rien entendre. Les Romains, avec leur remarquable esprit de conservation, répétaient fidèlement des prières qu'ils ne comprenaient plus ; les grammairiens essayèrent de les leur rendre intelligibles. L'un des plus illustres, JEVius Stilo, composa un ouvrage sur le chant