‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 4)Chapitre 64 sur 93 · Cic, Parad., 5, 2. — 2. Séoèque, EpisU · texte numérisé non relu

Cic, Parad., 5, 2. — 2. Séoèque, EpisU

qu'il se relevait à ses yeux, qu'il reprenait sa dignité d'homme, en maltraitant à son tour son serviteur. Cette institution des vicarii est une des originalités de l'esclavage romain. Elle n'était à Rome ni une exception rare ni un privilège réservé à la haute domesticité des grandes maisons; on a conservé l'inscription funéraire du vicarius d'un sous-fermier ^ Cicéron semble même dire que tout esclave qui se respecte, qui n'est point un prodigue ou un débauché, peut avoir son vicarius^. Les plus riches en possédaient qui étaient nés et qui avaient grandi chez eux [vicarii vernœ)^, ce qui suppose toute une hérédité de servitude dans ces misérables cellules; mais, ce qui est plus étrange encore, c'est qu'en restant esclaves, ils pouvaient faire des hommes libres. Rien ne les empêchait de donner ou de vendre la liberté à leurs vicarii. Nous savons qu'ils le faisaient quelquefois : l'un d'eux, en s'élevant à lui-même un tombeau de marbre, ne se refuse pas le plaisir de copier la formule qu'il a lue sur celui de son maître ; il nous dit fièrement qu'il y donne place à ses affranchis des deux sexes *. C'est ainsi que, par une bizarre contradiction, il leur arrivait de communiquer à d'autres des droits dont ils étaient eux-mêmes privés.

Il y avait donc des rangs dans la servitude et une sorte d'aristocratie qui réclamait pour elle des égards particuliers. Le dispensaior d'une grande maison se regardait comme un personnage. Il ne faut pas nous le représenter humble, timide, portant dans son attitude le poids de sa condition : au contraire, il tient la tête haute. A la porte du maître, il rudoie les clients, des hommes libres pourtant, qui viennent tous les matins recevoir le présent qui

1. Orelli, 2860. —2. Cicéron, Verr., m, 38.-3. Orelli, 2920. - 4. Orelli, 2918.

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