‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 5)Chapitre 23 sur 100 · Mommsen, Hist. rom., liv. iv, ch · texte numérisé non relu

Mommsen, Hist. rom., liv. iv, ch

aimait la Grèce avec passion, mais il ne pensait pas qu'il fallût tout prendre chez elle; il ne voulait en imiter même les meilleures choses qu'avec prudence, de peur d'altérer, par im mélange trop brusque, les grandes qualités du caractère romain. Il gardait pour la vie intérieure et retirée le charme des entretiens littéraires et philosophiques. C'est seulement après les séances du sénat ou les assemblées du forum, et pour se reposer des afTaires publiques, qu'il lisait Xénophon , qu'il causait avec Panaetius ou Polybe, et qu'il écoutait les pièces de Térence. Quand il remplissait les fonctions que ses compatriotes lui avaient confiées, il ne voulait être que Romain. Sa censure fut presque aussi sévère que celle de Caton, et il y eut occasion de faire fermer les écoles de danse et de chant. Quoiqu'il fût doux et humain par tempérament, il n'hésita pas à se faire l'exécuteur rigoureux des rancunes de Rome contre son ancienne rivale. Il est vrai qu'il pleura quand il vit Carthage en flammes; mais au moment où il versa ces larmes qui lui ont fait tant d'honneur, Polybe nous dit « qu'elle était tout à fait ruinée et anéantie ^ ».

Dans la façon dont Scipion et ses amis se conduisaient envers la religion de leur pays, le même esprit se retrouve. 11 était difficile qu'elle pût tout à fait les contenter : leur maître, le philosophe Panaetius, se trouvait être précisément un des rares stoïciens qui fût mal disposé pour les religions populaires, et les disciples suivaient sans doute l'opinion du maître. Un des personnages importants de ce groupe, le terrible railleur Lucilius, qui attaquait si durement les hommes, n'épargnait pas toujours les dieux. Ses traits tombaient quelquefois « sur les inventions des Faunus et des Numa )>, c'est-à-dire sur le culte national,

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