‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 5)Chapitre 32 sur 100 · Suét., Aug., 73. — 2. Dion, liv · texte numérisé non relu

Suét., Aug., 73. — 2. Dion, liv

part aux cérémonies des frères Arvalcs *. II souhaitait que l'exemple qu'il donnait d'obéir scrupuleusement à la loi religieuse fût suivi par les personnages importants de l'empire. Pour que le sénat apportât dans l'accompllssemcnt de ses fonctions un esprit plus grave et plus pieux, il ordonna que chaque sénateur, en se rendant à sa place, s'approchât de l'autel du dieu dans le temple duquel on était réuni, et lui offrît du vin et de l'encens^. En même temps il essayait d'entraîner l'opinion publique par le moyen de ces grands poètes qui l'entouraient et qui se montrèrent si empressés à servir ses desseins. Les Horace, les Virgile, les Properce, les Ovide, tous ceux que Rome écoutait le plus volontiers l'entretenaient sans cesse de ses anciennes légendes ; ils lui rappelaient qu'elle devait ses succès à sa piété, et « que c'était en se soumettant aux dieux qu'elle avait soumis le monde ». La poésie prêtait du charme à cette vieille mythologie, et ce monde léger était surpris d'entendre parler sans sourire de Janus et de ses surnoms ou des fêtes naïves des Lupercales et des Palilies. C'était assurément un progrès ; mais qu'il en restait à faire, pour rendre à cette religion en déclin le prestige dont elle avait autrefois joui !

Ce qui était plus facile que de ranimer des croyances éteintes, c'était de rendre son éclat au culte, d'augmenter les privilèges du sacerdoce, de rétablir d'anciennes cérémonies, de relever les temples. Ces réformes matérielles et extérieures sont vraiment les seules qui soient de la compétence de l'autorité civile ; Auguste le comprit bien. Quand son règne commença, les temples de Rome étaient presque tous en ruine ; les plus anciens, les plus célèbres avaient été dévastés par des incendies ou péris-

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