LA RELIGION ROMAINE AU IV SIÈCLE
Nous sommes arrivés au terme de ce travail ; il ne nous reste plus qu'à conclure. Je crois nécessaire, avant de finir, de résumer dans un tableau d'ensemble les détails qui ont été donnés un peu partout sur la religion romaine au ii* siècle. Il est important de connaître quelle en était alors la situation véritable ; quand on sait ce qu*elle avait gagné et ce qui lui manquait encore, on se rend mieux compte de l'histoire de ses dernières années: les changements heureux qui s'étaient accomplis chez elle expliquent la longue résistance qu'elle opposa au Christianisme ; les imperfections qu'elle n'avait pu corriger et qui tenaient à sa nature, font comprendre qu'elle ait fini par succomber.
m Là religion romaine
Réformes accomplies dans la religion romaine au K siècle. — Elles
n'atteignent pas les rites et les pratiques du culte. — De quelle manière et par quelle influence la religion se modifie. — La philosophie essaye de ramener le polythéisme à l'unité de Dieu. — Elle travaille à rendre les religions populaires plus morales. — Elle introduit des opinions nouvelles sur la nature de Dieu et le culte qu'il faut lui rendre. — Les progrès religieux accomplis alors par la société païenne doivent-ils être attribués à l'influence du Christianisme?— Comment ces progrès ont permis aux gens éclairés da rester plus longtemps fidèles à Tancienne religion.
On a VU que la religion romaine, quand finit la république, avait grand besoin d'une réforme *. Création d'une époque naïve, elle faisait sourire une société savante et lettrée. Son union intime avec l'État avait longtemps fait sa force : on lui restait fidèle par patriotisme, quand on ne pouvait plus l'être par conviction ; mais le patriotisme lui-même s'était à la fin fort refroidi, et l'affaiblissement des vertus antiques diminuait l'autorité des anciennes traditions. Les esprits, surtout dans les classes élevées, s'étaient en général détachés d'elle. Ceux qui la défendaient encore, comme Yarron, ne le faisaient pas sans réserve et avouaient ouvertement qu'elle ne les contentait qu'à moitié. Il fallait donc, pour qu'elle retrouvât sa puissance, que de quelque manière une vie nouvelle pénétrât dans ce vieux culte épuisé : c'est ce qui est arrivé danf le premier siècle de l'empire.
D'où lui venaient ces changements qui l'ont rajeunie ? il importe d'abord de le savoir. La religion romaine, nous l'avons montré, ne s'est pas réformée elle-même : elle