Carm. saec
2. Carm. sœc, 10 : « Quidecîm Diana preces virorum Curât.— 3. Id., 18: «Prospères décréta super jugamUs Feminis. »— 4. C'est pour obéir à ces anciens usages qu'à la fm d'un hymne adressé à Apollon et à Diane, il invoque Jupiter et tous les dieux^t^/., 73) : t IfœcJovem sentire deosque omnes)», etc. Servfiis iGeorg.,\,i\) dit que c'était l'habifude deg pontifes d'agir ainsi : « Hilu veteri in omnibus sacris post spéciales deos qms ad ipsum sacrum quoi fiebal necesse erat invocari gèneraliter omnia numina invocabantur. » Ainsi me semble s'expliquer naturellement un passage qui a embarrassé. Voycs, sur toutes ces questions, la dissertation de F. Hermann : De loco ApolUnis in Carminé Horatii sœcularl Gtitt., 1848. — 5. Carm, sœc. Si et suit
deurs de nations inconnues arriver des extrémités du monde « pour demander son amitié et celle du peuple romain *», on ne se figurait pas volontiers qu'il y eût des limites à sa puissance-^, et l'on devenait aussi confiant dans le succès de ses réformes intérieures qu'on était fier des résultats de sa politique étrangère. Il était bien naturel qu'il possédât cette confiance qu'il inspirait aux autres, et au moment où les jeux séculaires furent si pompeusement célébrés, il pouvait croire avec Rome entière, qui l'en remerciait par la voix d'Horace, qu'il avait vraiment restauré la religion romaine et corrigé les mœurs publiques.
Ce que la religion romaine a fait pour Auguste. — L'empereur est
associé à tous les sacerdoces. — Il est nommé grand pontife. — Union de l'autorité civile et de la puissance religieuse. — Dangers de cette union. — Fêtes nouvelles qu'on célèbre en l'honneur d'Auguste. — Son nom est introduit dans les fêtes anciennes. — Ce que le caraclère religieux ajoute au pouvoir impérial. — Comment ce caractère fut accepté du peuple et des gens éclairés.
La religion romaine ne fut pas ingrate pour Auguste ; elle le paya libéralement de ses bienfaits et lui rendit au moins autant de services qu'elle en avait reçus. Nous
1 Suét., Aug., 21 : «Indos etiam ac Scythas, auditumodo cognitos, pellej:it ad amic'Uiam suam popuUque Romani ultro per legatos petendam », et Momnisen, Res gestœ, p. 89 et 90. — 2. Le peuple croyait si fermement à ses succès et à son bonheur, qu'en 732 Rome ayant souffert d'une peste et d'une famine, il pensa que ces malheurs venaient de ce qu'Auguste n'était pas consul cette année, et fut convaincu qu'il »'en délivrerait en le nommant dictateur. (Dion, uv, 1.)
venons de voir ce qu'il a fait pour elle, il nous reste à chercher ce qu^elle a fait pour lui.
Elle le revêtit d'abord de toutes ses dignités : jeune encore, il avait été nommé pontife par le peuple à la place de L. Domitius, mort à Pharsale. Il fut ensuite associé au collège des Augures, à celui des. Quindécimvirs et à celui des Septemviri epulones : c'étaient les quatre grandes associations religieuses de Rome {quatuor amplissima collegia). Il fit partie aussi des corporations des Féciaux, des Tùii, des Arvales K Ses successeurs, imitant son exemple, eurent soin de se rattacher comme lui à toutes les institutions sacerdotales qui en valaient la peine. Une seule fonction lui manquait pour être le chef de la religion romaine, celle de grand pontife : il l'attendit longtemps, et, ce qui lui fait honneur, il eut la patience de l'attendre. César, qui en avait été revêtu, en connaissait toute l'importance, et, pour la rendre héréditaire dans sa maison avec l'autorité civile, il avait fait décider par le peuple que son fils, s'il en avait ou s'il en adoptait un, la posséderait après lui 2; mais à la mort du dictateur, Lepidus s'en était emparé. Sa nomination fut tout à faii un acte de violence et d'illégalité ; il n'avait respecté aucune des formalités ordinaires et s'était même dispensé de réunir les comices. On pouvait donc à la rigueur le traiter comme un intrus et un usurpateur. Le peuple voulut plus d'une fois lui enlever une dignité qu'il occupait sans droit et nommer Auguste à sa place ; Auguste refusa toujours. Ce n'était pas par égard pour son ancien rival : Dion nous apprend qu'il se faisait un plaisir de l'humilier 3; mais il ne voulait pas donner un exemple dont on pourrait abuser un jour
1. Mommsen, Rei geslœ, p, 18. — î. Dion. xliv. 5. — 3. Dion, UY, 15,
U REFORMES D'AUGUSTK.
contre lui. Comme il souhaitait cette dignité pour luimême et qu'il était sûr de l'obtenir, il trouvait politique d'en respecter les privilèges et de n'en pas diminuer l'importance. Lepidus le fit attendre pendant trente et un ans; il ne mourut qu'en 741. Dès lors rien n'empêchait Auguste de répondre au vœu populaire, et les comices furent réunis au mois de mars de l'année 742. L'affluence des citoyens qui venaient apporter leur suffrage à Auguste fut considérable. « Il en vint, dit l'inscription d'Ancyre, une si grande quantité de toute ritalie, qu'on ne se rappelle pas en avoir jamais vu autant-^. » Depuis ce moment jusqu'au règne de Gratien, c'est-à-dire pendant près de quatre siècles, le souverain pontificat est devenu inséparable du pouvoir suprême, et tous les empereurs ont porté le titre de grand pontife.
Ainsi furent réunies dans la même main la puissance religieuse et l'autorité civile. Cette union pouvait avoir des conséquences qu'on ne paraît pas alors avoir redoutées ni même aperçues. Le grand ponlife possédait à Rome des prérogatives très-importantes : chef d'un collège de prêtres établi pour maintenir la rehgion nationale dans son intégrité, il avait à la rigueur le droit de surveiller toutes les cérémonies du culte. Ce droit lui permettait d'intervenir quand il le voulait dans la vie publique, où l'on ne faisait rien qui ne fût précédé de prières et de sacrifices; il lui donnait aussi, ce qui est plus grave, un large accès dans la vie privée, car le collège qu'il présidait était le juge naturel des contestations qui s'élevaient sur la sépulture et les adoptions, que l'on regardait surtout comme des actes religieux, et devait veiller au maintien du culte domestique. Ou voit