VI, 173 : ii credeie dignum est. — 2. l
lés, leurs combats, leurs blessures; qui racontent leurs haines, leurs dissensions, leur naissance, leur mort ; qui nous les montrent gémissant et se lamentant, jetés dans les fers, plongés sans réserve dans toutes sortes de voluptés, entretenant avec le genre numain des commerces impudiques, d'où sortent des mortels engendrés par un immortel*. » Au fond, c'est du merveilleux d'Homère que Cicéron se plaignait si durement, et nous venons de voir que Virgile, qui n'écrivait pas pour quelques sages, mais pour le grand nombre, n'y pouvait pas renoncer. Il lui fallait bien accepter dos dieux et des déesses qui se mettent en colère, puisque c'est la colère de Junon qui amène les principaux incidents de ce poëme; il ne lui était pas possible non plus de dissimuler tout à fait « les commerces impudiques > des déesses avec les humains, puisque son héros est précisément le fruit d'un de ces amours; il a pourtant fait de son mieux pour sauver les apparences. Il s'interdit de raconter au sujet des dieux toutes ces histoires légères qu'Ovide recueillera plus tard si volontiers. Il tient à leur donner autant qu'il peut une attitude qui inspire le respect. Vénus elle-même est dépeinte sous les traits les plus chastes et les plus délicats. Une seule fois on nous la montre employant ses armes ordinaires de coquetterie et de séduction ; mais, comme c'est son mari qu'elle veut séduire, la morale la plus rigoureuse n'a pas le droit de se plaindre. Dans tout le reste du poëme elle ne paraît plus être la déesse de rumuur : c'est une mère qui tremble pour son fils, et ce sentiment, qui l'occupe tout entière, la relève et la purifie. Ce fils est le grave, le pieux ^née; il semble qu'elle ne voudrait pas avoir à rougir devant lui, et, par UQ raffinement de délicatesse, quand elle lui apparaît sur