‹ La religion romaine d'Auguste aux AntoninsChapitre 64 sur 155 · Henzen, Acta fratrum Arv., p. xe · texte numérisé non relu

Henzen, Acta fratrum Arv., p. xe

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grec a lejelêes dans i'ombrc, et qui ne nous est plus connue que par les monuments des Arvales. Le nom qu'elle porte n'est qu'une de ces qualifications générales et vagues par lesquelles les vieux Romains aimaient à désigner leurs dieux et qui avaient pour eux l'avantage de ne pas leur donner une individualité trop précise : on l'appelait la Déesse divine, Dea Dia. Tous les ans les Arvales célébraient en son honneur une grande fête qui ne revenait pas à jour fixe : elle faisait partie de ce qu'on appelait les fêtes mobiles, feriœ conceptivœ. Aux ides de janvier, le président de la confrérie , se tournant vers l'Orient et la tête voilée, en annonçait solennellement la date au peuple, du haut des degrés du Panthéon ou du temple de la Concorde. En réalité, elle avait toujours lieu vers la fin du mois de mai, quand les épis commencent à mûrir et que la moisson s'approche.

La fête durait trois jours. Nous en savons tous les détails, grâce aux procès-verbaux, qui entrent sur ce point dans les explications les plus étendues. C'est une suite très-compliquée de sacrifices, de repas, de prières, de marches et de contremarches, de vêtements pris et quittés, d'actes de toute sorte minutieusement prévus, ponctuellement accomplis , qui devaient par moments présenter l'aspect de certaines cérémonies de l'Église. Le premier et le troisième jour, la fête avait lieu à Rome, dans la maison du président. Les frères s'y réunissaient le matin, revêtus de la toge à bande de pourpre, que portaient les magistrats et les prêtres, et commençaient par ofTrir à la Déesse Divine de l'encens et du vin. Ils s'asseyaient ensuite sur leurs sièges; on mettait devant eux des pains couronnés de laurier, des épis de Tannée précédente et de la nouvelle année [fi^uges aridas et virides) , et ils y touchaient comme pour les bénir. Puis, après avoir répandu des parfums sur la statue de la déesse.

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ils se séparaient. Ils revenaient l'après-midi^ après le bain, s'asseyaient de nouveau sur leurs sièges, se lavaient les mains et changeaient de vêtements. Ils remplaçaient la solennelle toge à bande de pourpre par une robe plus commode et se rendaient dans la salle du festin ; quatre jeunes gens, fils de sénateurs, étaient chargés de les aider. On leur servait alors un repas dont le prix était fixé : l'État allouait 100 deniers (80 fr.) pour le dîner d'un frère, et 25 deniers (20 fr.) pour celui de chacun des jeunes gens qui les assistaient. Au milieu du repas, entre les deux services, les prières recommençaient. On allumait des lampes, comme il était d'usage de le faire dans les cérémonies religieuses; on oiTrait pour la seconde fois de l'encens et du vin à la déesse, on faisait des libations; les fruits nouveaux étaient apportés de la table sur l'autel et rapportés de l'autel sur la table par les jeunes gens. Les frères y touchaient encore et les envoyaient chez eux par les serviteurs de la confrérie. Pline nous dit que ce n'était qu'après cette sorte de consécration qu'il était permis à tout le monde de goûter aux productions de la terre *. Le repas s'achevait ensuite, et les convives, après s'être partagé des bouquets de roses , se retiraient en s'adressant entre eux ce souhait de bonheur {felicitert) par lequel prenaient fin à Rome toutes les réunions publiques ou privées. Marini fait remarquer que cette bénédiction des fruits nouveaux se retrouve presque dans tous les cultes. La loi ordonnait aux Juifs d'ollVir tous les ans à l'Éternel une poignée d'épis égrenés rôtis au feu, avec un gâteau de fine farine pétrie à l'huile, et de lui sacrifier en même temps un agneau sans défaut et de l'année en holocauste. II leur était défendu, comme aux Romains, de manger « ni pain, ni grain rôti, ni grain en

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