Quint., xu, t. — t. A.-Gdle, xvu
disciples un plat de lentilles et une courge coupée en morceaux, et où Ton discutait après dîner des questions comme celles-ci: « Quand peut-on dire qu'iui mourant meurt? est-ce quand il est mort ou quand il est encore en vie? Q«iand peut-on dire qu'un homme assis se lève ? est-ce quand il est déjà debout ou lorsqu'il est encore assis * ? » Le philosophe Favorinus, un des plus grands esprits de ce temps, ne dédaignait pas de s'occuper de grammaire ; il lisait les vieux écrivains, comme Fronton, son ami, et il aimait à convaincre les érudits de profession qu'ils n'entendaient rien aux anvJens textes. Il appréciait beaucoup Claudius Quadrigarius ; il avait étudié la loi des Douze Tables et en expliquait volontiers les termes obscurs. Quoiqu'il donnât son enseignement en grec, il se piquait de bien connaître le latin et d'en savoir les finesses. Sur un seul vers, il décidait qu'une pièce était de Plaute et ne pouvait pas être d'un autre. A sa table, on lisait des traités de grammaire aussi bien que des ouvrages de philosophie, et l'on discutait de l'origine et de l'étymologie des mots comme des devoirs et des vertus. Lorsqu'il se rendait le matin à la porte du palais impérial pour saluer César à son lever, il s'y trouvait avec tous les gens distingués de Home, et la conversation s'engageait sur les altérations qu'avait subies le texte des grands écrivains et la difficulté d'entendre certaines expressions de Virgile. Nous voilà bien loin de Sénèque et de son mépris pour l'érudition. Favorinus traitait même quelquefois ces sujets ridicules [infâmes materiœ) qui avaient alors tant de succès dans les écoles de rhétorique; il avait composé, comme Fronton, l'éloge de Busiris et celui de la fièvre quarte. Aussi Aulu-Gelle rapporte-t-il qu'un
1. A.-GeUe, vi, 13. Ce qui est dit plus loin au tiqet de Favorinus
wt tiré aussi d'Aulu-Gelle.
APRÈS SÉNÈQUE. m
grammairien malapprir;, qu'on appelait Domitius le Fnn, parce qu'il avait l'habitude de ne pas ménager les gens auxquels il parlait, lui dit un jour avec colère : « Tout me semble perdu sans espoir, quand je vois que vous autres aussi, qui êtes la gloire de la philosophie, vous n'avez plus d'autre souci que de vous occuper des mots*. » Ce fou n'avait pas tort; Favorinns était un grammairien et un rhéteur autant qu'un philosophe, et presque tous ses confrères faisaient comme lui. Il devait être trèsdifficile de distinguer les séances où se donnaient les leçons de morale de ces représentations extraordinaires qui attiraient la foulo aux écoles des déclamateurs. Dans les unes comme dans les autres, l'orateur ne cherchait « qu'à exercer ou à montrer son esprit « ». On applaudissait chez k'8 philosophes les pensées brillantes exprimées d'une façon concise ^ et il est probable que le platonicien Euphratès, dont Pline le jeune admirait tant les belles périodes*, devait ressembler beaucoup au rhéteur Isée.
Une autre remarque qu'il convient de faire sur la philosophie de ce temps, c'est qu'elle ne parle plus la même langue que Sénèque. On ne sait si iMusonius Rufus donnait son enseignement en grec, mais ses leçons, recueillies et rédigées par l'un de ses disciples, furent publiées en cette langue. C'est en grec aussi que s'expriment et qu'écrivent les autres philosophes, à l'exception d'Apulée. Marc-Aurèle faisait comme eux, quoiqu'il fût empereur et qu'il eiH étudié avec le plus grand soin le latin, qu'au dire de Fronton il parlait très-bien. Le grec devint donc au II' siècle la langue de la philosophie à Rome. Ce changement imprévu, au lendemain de l'éclat que venait de
1. A.-Gplle, xvni,7. — 2. Exercemli ne an ostentandi gratia ingénu (\.-M\o, XIV, 1). 3. A.-CcUe, «. 8. — i. Pline, Epùt., i, 10
iÔ2 LA PHILOSOPHIE ROMAINE
jeter Sénèque, a lieu de surprendre, et il n'est pas aisé de se l'expliquer. On doit sans doute en conclure que la philosophie romaine achève alors de perdre son caractère national et devient de plus en plus cosmopolite. La langue la plus générale et, pour ainsi dire, la plus humaine, celle dont se servaient les populations les plus intelligentes, les plus ouvertes aux nouveautés, ce n'était pas le latin, c'était le grec. « Le latin, dit Gicéron, est enfermé dans ses limites, qui sont étroites ; le grec est répandu partout *. I A Rome même, lorsqu'on souhaitait se faire entendre de cette populace qui venait de toutes les contrées du monde, il était bon de parler grec. Sénèque, qui ne voulait gagner que quelques disciples du grand monde, les instruisait en latin ; quand nous voyons après lui la philosophie préférer le grec, nous sommes en droit de penser qu'elle veut s'adresser à un public plus large et plus étendu. C'est ce qu'on faisait aussi à la même époque dans la communauté chrétienne. Elle contenait des gens de toute origine et de tout état, mais dont le plus grand nombre était originaire de l'Orient; le latin n'y aurait pas été compris de tout le monde. L'Église fit du grec sa langue sacrée, celle de ses prédications et de ses mystères; elle s'en servait dans sa liturgie au moment où la philosophie l'employait aussi pour son enseignement. Ainsi les deux rivales qui allaient se disputer l'empire des âmes avaient été amenées, sans doute par des motifs semblables, à se servir de la même langue.
Mais c'est surtout dans sa façon d'envisager les questions religieuses et dans ses rapports avec les cultes populaires que la philosophie subit alors des modifications importantes. Nous avons, à ce propos, remarqué déjà
l. Cio., Ptq Archiaf 10.
APRÈS SÉNÊQtIÈ. lÔâ
chez Sénèquedeux tendances qui se combattent : il paraît moins religieux quand il n'écoute que ses sentiments personnels, et le devient davantage lorsqu'il cède au courant de son siècle; c'est la seconde de ces tendances qui l'emporte tout à fait après lui. La philosophie se laisse de plus en plus entraîner vers la religion, et nous pouvons suivre les progrès qu'elle fait dans cette voie. Epictèt© semble d'abord animé du même esprit que Sénèque, il s'exprime assez légèrement sur le Cocyte et l'Achéron * ; tout en acceptant la divination, il en règle l'usage'; il demande qu'on sacrifie selon les rites nationaux, mais sans excès comme sans négligence^. On est pourtant frappé de voir qu'il ne parle de Dieu qu'avec une sorte d'attendrissement. Il veut qu'une hymne s'élève sur toute la terre pour célébrer ses bienfaits, que l'ouvrier, que le laboureur lui adressent leurs actions de grâces : « Et moi, ajoute-t-il, qui suis vieux et infirme, que puis-je faire dtj mieux que de louer Dieu? Si j'étais rossignol ou cygne, je ferais ce que font le cygne et le rossignol. Pui8(]uo je suis un être raisonnable, il faut que je chante Dieu : telle est ma tâche et je l'accomplis; je ne la quitterai pas tant que je pourrai l'accomplir, et je vous exhorte tous à chanter avec moi *. » Il n'est pas question chez lui, comme chez ses prédécesseurs, de « vivre conformément à la nature » ; c'est « à la loi de Dieu » qu'il faut se con» former. On doit tenir sans cesse les yeux (ixés sur lui et lui dire : « Fais de moi ce que tu voudras; je me soumets à toi, je t'appartiens. Je ne refuse rien de ce que tu juges convenable. Conduis-moi où il te plaira *. » Le sage est t le serviteur de Jupiter ® > ; il obéit à sa volonté,
i. Disxert., in, 13. — 2. Dissert., n, 7. — 3. i)fanuel, 36. -^ Â. DiM^erl., 1, 16. —6. Dissert., il, 16. —6. Dtssert., ni, 1 : tov AiO( ôiâxovo;.
il lui demande son aide pour faire le bien, il l'appelle à son secours, c comme les matelots dans la tempête invoquent Castor et PoUux *. » Il doit se regarder toujours comme en sa présence et croire que ni les actions ni les pensées ne lui échappent •. a Quand vous avez fermé votre porte et fait l'obscurité dans votre chambre, ne vous avisez pas de dire que vous êtes seul, car vous n'êtes pas seul, puisque Dieu est avec vous^. » On s'adresse à lui avant le repos, on le prie, on s'examine en sa présence pour savoir si l'on a péché. « Seigneur, lui dit Épictète, ai-je transgressé vos commandements? Me 6uis-je jamais plaint de vous? Ai-je accusé votre providence? J'ai été malade, parce que vous l'avez voulu. D'autres aussi le sont, mais moi, je l'ai été sans me plaindre. J'ai été pauvre, parce que vous l'avez voulu ; mais je l'ai été avec joie... Ne me suis- je pas toujours présenté à vous le visage radieux , n'attendant, pour obéir, qu'un ordre et qu'un signe? Voulez-vous que je parte aujourd'hui de ce grand spectacle du monde? Je le quitte volontiers. Je vous rends grâcts de m'y avoir admis avec vous, de m'a>oir donné d'y contempler vos œuvres et d'en comprendre le gouvernement *. » Au fond, ce Dieu d'Épictète n'est peut-être pas très-différent pour lui de ce que ses prédécesseurs appelaient la Providence et la Nature, mais dans l'apparence il est tout autre, et cette façon de le concevoir si personnel, si agissant, si rapproché de nous, devait avoir des conséquences graves. En développant une sorte de religiosité mystique, elle conduisait inévitablement vers les pratiques religieuses. Elle excitait le besoin de la prière, et amenait ainsi les dévots dans les temples, le seul lieu où l'on prie réelle-
1. Diisert., n, 18. — «. tnsserv.^ n, 14. — 8. Dis$ert., i) 44. — 4. Dis sert, y ni, 5.
ment et le dernier terme de toute dévotion. C'est ainsi que s'opéra peu à peu le mélange de la philusophie et des religions populaires. Il se fit sans violence, presque sans efforts; à vrai dire, les stoïciens y travaillaient depuis plusieurs siècles et l'esprit public y était tout préparé. Les ouvrages de Piutarque nous le montrent entièrement accompli de son temps. Marc-Aurèle fut à la fois le plus convaincu des philosophes et le plus zélé des dévots. On raconte qu'il avait formé le projet de convertir son peuple à la doctrine du Portique et qu'il fit un certain nombre de conférences publiques pour la lui enseigner*. D'un autre côté, il était fort assidu dans les temples, il écoutait volontiers les oracles ', il se croyait l'objet particulier do la protection des dieux ^, et il leur sacrifiait tant do victimes, pour les remercier de leurs faveurs, (ju'au moment de son dépirt pour la guerre les malins faisaient dire aux bœufs dan» une épigramme : « Si lu reviens victorieux, nous sommes perdus*. » Son biographe nous apprend que l'invasion des Marcomans lui causa une telle frayeur qu'il fit venir les prêtres de tous les dieux et qu'il accomplit les cérémonies de tous les cultes ^ N'est il pas singulier que ce soit un empereur philosophe qui ait achevé d'ouvrir les portes de Rome aux divinités étrangères?
De tous les philosophes de ce temps, celui qui nous fait le mieux comprendre jusqu'à quel point la rbétorique, la philosophie et la religion s'étaient alors rapprochées et confondues, c'est Apulée; il suffit de le mettre en regard de Sénèque pour voir nettement dans quel sens
i. Vulcatius, Avid. Cassius, 3, 7. — 2. Lucien, Alexandre, Â8. — 3. Vulcalius, Avid. Cass., H, 8. Voyez aussi celte leUre qu'il écrivit à propos de la révolte de Cassius {ibid., 8. 2), et où on lit ce» mot» : non sic deos coluimus, nec sic viiimus ut Ule nos vincerel. — 4. Amra. Marc, xxv, i, 17. — 5. Capitoliiius, M. Ant philos., 13,1.
10^ LA PHILOSOPHIE KOMAINL
ce siàc!e avait marché et où il en était venu. Totit se mêle en cet homme étrange, et les éléments les plus contraires composent cette bizarre personnalité. Poëte léger et grave théologien, il a composé des futilités ridicules et des traités sur le monde et sur Dieu ; il a introduit dans un roman obscène les pages les plus religieuses peut-être que l'antiquité nous ait laissées. Le titre qu'il prend et qu'on lui donne le plus volontiers est celui de philosophe platonicien *. Il a écrit, pour le mériter, de» ouvrages importants où il expose la doctrine académique; il a même pénétré, dans les recherches métaphysiques, plus loin que ses contemporains, qui s'en tenaient d'ordinaire aux questions morales. Mais en même temps c'est un rhéteur, et il ne cherche pas à le cacher. La philosophie est pour lui c cette science royale qui enseigne à bien vivre et à bien parler • », et il semble encore plus occupé de bien parler que de bien vivre. Pendant qu'il habitait Carthage, il donnait de temps en temps des séances philosophiques au théâtre. Le lieu, il faut l'avouer, ne disposait guère à la gravité, et Apulée se défend quelquefois de l'avoir choisi. 11 dit qu'après tout les dispositions des auditeurs doivent dépendre, non pas de l'endroit où ils se réunissent, mais du spectacle auquel ils viennent assister, f Si c'est un mime, vous rirez; si c'est un danseur de corde, vous tremblerez; si c'est un comédien, voua applaudirez; si c'est un philosophe, vous vous instruirez^. » C'étaient donc les mêmes personnes qui allaient entendre les comédiens et les philosophes. On avait beau les prévenir que le sujet du spectacle était changé, il»
1. Afuleiiu Platonictts Madaurensis. C'est le titre que lui donne saint Aïgustin (De civ. Dei, xin, 14), c'est celui qu'il porte en tête de ses ouvrages dans les manuscrits qui nous les ont conservés, — t. Florides, i, 7 : disciplina regalis tam ad bene dicendum quam ad bené vivendum reperta. — S. Flor. u &•
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Tenaient y chercher à peu près les mêmes divertissements, et quand on avait le dessein de les instruire, il fallait d'abord les amuser. Du reste, ils étaient nombreux : on avait alors un grand amour pour ces conférences publiques , et quand Apulée devait parler, le théâtre de Carthage était toujours rempli*. Cet auditoire distingué, « où se rassemblaient tant de gens instruits et bienveillants ', > comprenait les premiers personnages de la ville; à leur tête, le proconsul d'Afrique, auquel Apulée ne ménage pas les compliments : c 0 vous, dit il à l'un d'eux, qui êtes le plus illustre parmi les gens vertueux, le plus vertueux parmi les illustres, et des uns et des autres le plus savant^. » Il est difficile d'admettre que toutes ces personnes réunies au théâtre un jour de fête aient apporté des dispositions bien sérieuses à la leçon qu'on allait leur faire. Ce n'étaient pas des disciples attentifs au fond des choses et qui ne cherchaient que la vérité. Apulée laisse entendre qu'ils avaient d'autres préoccupations, t Qui de vous, leur dit-il, me pardonnerait un seul solécisme? Qui souffrirait de m'entendre prononcer une seule syllabe d'une manière incorrecte? Yous étudiez chacune do mes expressions, vous en pesez la valeur, vous l'examinez comme on fait une pièce d'argent, à la balance et au trébuchet*. > Ce sont des amateurs de beau langage qui viennent entendre bien parler. Us cherchent surtout des distraclicns oratoires, et Apulée les sert à leur goût. Personne ne balance ses phrases avec plus d'art que lui, personne n'arrange 6Ci mots d'une façon plus symétrique; et quand il a (inî
1. Flor., F, 9. — 2. Flor., ni, 17 : m hac fjcceîlenti celebritate multorum eniditoium, multorum benignorum. — 3. Flor., ni, 16. — 4./'/or., 1,».
de traiter le sujet en latin, il le reprend en grec et montre son savoir-faire dans les deux langues *.
C'est donc tout à fait un rhéteur qu'Apulée; c'est aussi un dévot. Les philosophes, nous dit-il, sont des prêtres de tous les dieux*. Nous voilà bien éloignés du temps où ils passaient pour ne croire à aucun. Apulée s'imaginait vraiment exercer un sacerdoce; nous verrons qu'il a cherché, dans SCS ou\Tages, le moyen d'accommoder la philosophie avec les religions populaires. Il était sincère en l'essayant, et pour son compte il accomplissait ce mélange qu'il recommandait aux autres. Il avait toujours parmi ses livres et dans son bagage, quand il voyageait, une petite statue d'un dieu, et, les jours de fête, il ne manquait pas de lui offrir de l'encens et du vin, ou même de lui sacrifier une victime *. Dans sa vie errante, il aimait, en arrivant quelque part, à faire l'éloge de la divinité do i'endroit : c'était une manière de se mettre sous sa protection. 11 s'était fait initier à tous les mystères célèbres, et il nous dit qu'il gardait avec le plus grand soin ces objets que les prêtres donnaient aux fidèles pour les faire souvenir de leur initiation *. Il avait couru le monde entier, visitant tous les temples et se faisant instruire des cérémonies et des rites de tous les cultes ^. Le plus grand reproche qu'il adresse à ses adversaires, c'est de n'avoir chez eux ni chapelle ni bois sacré, c pas même une pierre arrosée d'huile ou un arbre couronné de bandelettes^», de ne faire aucun sacrifice, et, quand ils passent auprès d'un temple, de ne pas approcher leurs mains de leurs lèvres en signe de respect •. 11 croit à la divination et fait presque à tout le monde un devoir d*y croire. € 11 y a beaucoup de cas, dit-il, où les sages eux-mêmes doivent
1. Flor., i, 9. — %. De magia, 41. ^ $. De magUt 6S. — 4, Ite
mayi-jy 50. — 5. Ibi-lein. — 6. De raagia, 56.
•'empresser de s'adresser aux devins et de consulter les oracles'. » Les sages n'avaient pas besoin alors qu'on les exhortât à le faire. Aulii-Gclle, en racontant que Favorinus fit un jour un long discours contre les faiseurs d'horoscope, se demande si ce n'était pas un jeu d'esprit, une façon d'exercer ou de montrer son talent, tant il lui semble étrange qu'il y ait un philosophe qui refuse de croire à l'astrologie * I Dans tous les cas, Apulée n'était pas au nombre des incrédules; on l'accusait même de se livrer à des pratiques de magie, ce qui était un crime prévu et puni par la loi des Douze Tables, et il fut obligé de s'en défendre en justice ; mais il eut beau protester de son innocence, la postérité s'obstina à en faire un magicien malgré lui. On lui prêta quelques unes des aventures merveilleuses qu'il avait racontées dans son roman des Méfa'/iorphoses, et il fut, avec Apollonius de Tyane, l'un de ceux dont les païens se servirent pour combattre l'ellet des miracles attribués au Christ '.
V(jilà ce qu'était devenue la philosophie romaine à la fin des Antonins. Quelque éclat qu'elle ait paru jeter en ce moment, elle touche à sa décadence. Eu se condamnant elle-même à ne plus rien trouver de nouveau, elle a [)erdu sa force et sa sève. Elle se réduit à n'être le plus souvent qu'une casuistique pédante ou une déclamation de rhétorique. En même temps elle encourage toutes les g.iperstitions, elle prend la défense des oracles et des devins, elle pratique la magie ; elle tend à devenir une tliéurgie compliquée et ridicule. Elle s'unit si étroiteiiiciit à tous les cultes populaires, que ce nom de philosophe, qu'au XVIII" siècle on donnait chez nous aux
De deo Socratis, 17 : Multa sunl de qni^nis ettam sapirntes vîri a-l nnolos tt oracula cursitant. — i. A.-ijclle, XIT, 1. — ii- àu:nl Au^uoiiii, Epist., 13d,