‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 194 sur 417 · Et des Açvins, I · texte numérisé non relu

Et des Açvins, I

qu'elle contenait. Le « combat de Vivasvat », IX, 66, 8, est probablement celui qu'il a livré en compagnie d'Indra *.

§ IV — TrITA i^PTYA.

Voici un protégé d'Indra dont personne ne contestera le caractère mythique. Trita, qui reçoit souvent l'épithè te d^^ijc « humide », I, 105, 9; VIII, 12, 16; 47, 13-15, devenue comme son second nom, V, 41, 9, cf. 10; VIII, 47, 17, cf. 13-16; X, 8, 8, cf. 7 et 8, est même invoqué comme un dieu, V, 41, 9, et compris dans les énumérations des hymnes aux Viçve Devâs, II, 31, 6; V, 41, 4; X, 64, 3. A ce titre, nous aurions pu le réserver pour la troisième partie, où nous aurons à étudier d*autres personnages divins qui, comme lui, ont avec le dieu guerrier des relations analogues à celles des sacrificateurs humains. Mais la place qu'il occupe dans le panthéon védique est très inférieure à celle qu'y tiennent Vishnu, les ^ibhus, les Maruts. Il ne méritait donc guère l'honneur d'un chapitre spécial. En revanche, il figurera à l'un des premiers rangs dans celui-ci, comme l'une des épreuves les plus nettes du type dont nous étudions, à travers diverses légendes, les traits, toujours semblables, mais souvent plus ou moins efi'acés.

Dans la plupart des autres personnages, c'est le caractère d'ancien sacrificateur qui domine et s'impose, tandis que celui de représentant du feu ou du breuvage sacré est moins accusé. Ici, au contraire, ce qu'il importera d'établir, c'est que Trita, tout dieu qu'il est, n'agit que par le sacrifice, et qu'il est, au moins dans certaines formules, subordonné à d'autres dieux, et particulièrement à Indra.

Constatons d'abord qu'Agni reçoit le nom de Trita, sous sa forme de feu céleste, et de feu céleste caché, a renfermé dans une matrice » d'où il sort pour descendre chez les hommes, X, 46, 6. C'est sans doute aussi dans cette matrice qu'Agni-Tritaest « atteint» par des sacrificateurs probablement mythiques, X, 115, 4. Dans d'autres formules, Trita paraît identifié au Soma céleste et caché. Dire de Soma qu'il « engendre l'essence de Trita », IX, 86, 20, c'est vraisemblable-

1 . Cf. le « combat de Yama » qa*on s^altendait à voir mentionné dans un hymne au dieu guerrier plutôt que dans un hymne aux Açvins, I, 116, 2.

ment la même chose que de dire qu'il « conquiert d ou a annonce d sa troisième et sa quatrième essence à luimême, IX, 96, 18-19 *. Car on dit aussi, en substituant à Trita-Soma une troupe de Tritas, gardiens ou préparateurs du Soma, que Soma a trouvé chez eux, dans les espaces du ciel, (( la triple ambroisie cachée », VI, 44, 23. Identifier Trita au cheval du sacrifice, I, 163, 3, c'est l'identifier au Soma que ce cheval représente ^. Le nom de Trita paraît même être au vers II, 11, 20, directement appliqué au Soma dont Indra s'est enivré pour combattre le démon Arbuda. Enfin le Trita que les Maruts « traient » pour s'en faire une arme contre l'ennemi du chantre, II, 34, 10, ne peut être aussi que le Soma qu*ils font couler dans leur sacrifice céleste.

C'est évidemment en tant qu'identique à Âgni et à Soma que Trita reçoit l'épithète âplya « humide ». Cette qualification l'assimile à Apâm Napât « le fils des eaux » ^; et en effet, comme Apâm Napât, il représente particulièrement réclair : le Trita qui mugit quand les Maruts font couler les eaux et briller Téclair, V, 54, 2, ne peut être que l'éclair lui-même, assimilé à un taureau dont le mugissement est le tonnerre. Le nom même de Trita, quelle qu'en puisse être rorigine réelle^, a certainement été pris dans le sens de « troisième », puisqu'il est, au vers VIII, 47, 16, opposé à un Dvita « deuxième » ^. Ce nom de Dvita ne se retrouve qu'une seule autre fois dans le ^ig-Veda, au vers V, 18, 2, et il y semble désigner Agni^. En tout cas, les noms de Trita et de Dvita s'expliquent naturellement par le mythe fondamental des trois formes d'Agni et de Soma, et le nom de Trita en particulier, joint à celui d'^lptya, devait nécessairement suggérer aux Âishis l'idée de la troisième forme du feu ou du breuvage sacré, cachée dans les eaux du ciel. Le passage où le nom de Dvita est ajouté à celui de Trita, VIII, 47, 13-17,

1. Voir plus haut, p. 125, et pour le rapport du nom de Trtta avec la troUième forme de Soma, ci-dessous, même page. î. I, p. 272.

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