‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 219 sur 417 · III, p · texte numérisé non relu

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à côté de la formule viçve devàh dans un vers, VII, 51, 3, où ces différents noms sont de plus, comme celui de Devas, précédés du même mot viçve « tous » : « Tous les ildityas, tous les Maruts, tous les Devas, tous les Aibhus. » Le nom des Maruts, qui est plusieurs fois accompagné de ce mot viçve^ V, 43, 10 ; 52, 4 ; 58, 3 ; VII, 34, 24 ; 57, 7 ; X, 35, 13, est rapproché, dans d'autres passages encore, des noms de Viçvedevas, VIII, 35, 3 ; X, 35, 13, et de Vasus, Vâl. 6, 3. n paraît difficile de distinguer les Maruts des Viçvedevas aux vers I, 19, 3 ; 52, 15 ; X, 52, 2 et aux vers 8 et 10 de Thymne I, 23, cf. II, 41, 15. On verra qu'ils semblent avoir été aussi, dans Thymne X, 77, formellement identifiés aux 4dityas *. Enfin nous constaterons, dans le chapitre suivant, une assimilation non moins formelle des Maruts aux Aibhus.

Les ildityas, les Aibhus et les Maruts n*en sont pas moins, à la différence des Vasus et des Viçvedevas, des groupes caractérisés par des traits mythiques particuliers, et qui restent parfaitement distincts en dépit d'assimilations passagères. Le principal, sinon Tunique trait de ressemblance entre eux, est ce fait qu'ils composant également des groupes, des troupes divines ; mais à cet égard même la ressemblance n'est pas complète. Si les ildityas forment souvent, et les Aibhus quelquefois, un groupe indéterminé quant au nombre, ceux-ci forment ordinairement une triade, et ceux-là très souvent aussi, soit un couple, soit une triade, soit une heptade. Le nombre des Maruts, au contraire, reste toujours indéterminé, à moins que le vers V, 62j 17 ne doive s'entendre en ce sens que des groupes de sept Maruts ont donné chacun cent trésors. Ce serait là en tout cas une détermination tout à fait isolée, beaucoup plus fugitive même que celle qui porte à trente-trois le nombre des Viçvedevas, VIII, 35, 3, ou simplement des Devas. D'après le vers I, 168, 2, c'est par milliers que se comptent les Maruts, comme les flots.

Les Maruts sont célébrés parfois en termes magnifiques, comme le sont tour à tour la plupart des dieux védiques : ils sont immenses, V, 58, 2, cf. 87, 6, grands comme le ciel, V, 57, 4 ; ils dépassent le ciel et la terre, X, 77, 3, cf. VII, 58, 1, et leur force n'a pas de limites, I, 167, 9. On dit aussi qu'ils ont <c étendu x> les espaces de la terre et du ciel, et séparé ces deux mondes l'un de l'autre, VIII, 83, 11, cf. I, 85, 1 ; VII, 56, 17 ; qu'ils ont mesuré l'atmosphère,

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y, 55, 2y cf. I. 39| 1 . Nous ne nous arrêterons pas aux formules de ce genre et nous chercherons immédiatement à déterminer les traits essentiels dont se compose la physionomie, d'ailleurs très nettement caractérisée^ des Maruts. Une de leurs principales fonctions est de répandre les eaux de la pluie, I, 38, 7 ; V, 53, 2 ; 5; 10 ; 54, 3 ; 55, 5; 58, 3 et 6 ; VIII, 7, 4 et 28, ces eaux que l'auteur du vers

I, 80, 4 appelle marutvatihy et qui remplissent les rivières terrestres dont Tune est appelée pour cette raison marudr vvidhâ «accrue par les Maruts», X, 75, 5. De là les formules mythiques d'après lesquelles les Maruts répandent le lait 1, 166, 3, le beurre, I, 85, 3 ; X, 78, 4, les eaux et le lait, I, 64, 6, fendent la montagne, I, 85, 10, en font coHler les sources, V, 59, 7, les rivières, V, 53, 7, traient la source inépuisable, I, 64, 6; VIII, 7, 16, qu'ils «enflent» d'ailleurs eux-mêmes, VII, 57, 1, pour arroser la terre, V, 54, 8, renversent l'urne divine, V, 59, 8, cf. I, 85, 10 et

II, d'où les pluies coulent sur les lieux arides, V, 53, 6. La même œuvre est attribuée aux prêtres qui les ont invoqués, aux Gotamas, I, 88, 4. Les Maruts poussent les montagnes (les nuages) à travers la mér (céleste), I, 19, 7. Ils cachent sous la pluie l'œil du soleil, V, 59, 5. C'est par eux que les cieux (ou les mondes) disparaissent sous la pluie, V, 53, 5. Ils font Tobscurité, cf. I, 169, 3, même pendant le jour, avec le nuage chargé d'eau, quand ils arrosent la terre, I, 38, 9. On dit aussi que les Maruts font uriner le cheval mâle, I, 64, 6, cf. II, 34, 13 et I, 85, 5, qui au vers 6 de l'hymne V, 83 à Parjanya représente évidemment soit ce dieu, soit le nuage dont Parjanya d'ailleurs est une personnification, mais qui pourrait aussi représenter l'éclair : au vers V, 54, 5, il semble difficile d'interpréter autrement le cheval « retenu » par la montagne que franchissent les Maruts et qui représente elle-même le nuage.

Quoi qu'il en soit, c'est principalement dans l'orage que les Maruts font couler les eaux du ciel. Au vers V, 83, 6, le cheval nuage reçoit l'épithète stanayitnu « tonnant ». Une épithète équivalente est donnée à la source qu'ils « traient », I, 64, 6. Le ciel mugit quand les Maruts font couler les eaux, V, 58, 6, cf. 59, 8. Au vers I, 168, 8, ils font eux-mêmes retentir la voix du nuage: les éclairs envoient leur sourire à la terre, quand ces dieux font couler le beurre. Les éclairs souriants les suivent, V, 52, 6, cf. V,

H 2. Ils font eux-mêmes les vents et les éclairs, I, 64, 5. L*éclair ^ mugit comme une vache, comme nne mère qui suit son veau, quand leur pluie s'épanche, I, 38, 8.

C'est à ces phénomènes de la pluie et de l'orage que les Mamts empruntent leurs principaux attributs. On les appelle purudrapsàh^ V, 57, 5, drapsinah^ I, 64^ 2, sfÂdânavàh. *, c'est-à-dire « dégouttants de pluie ». La pluie est leur sueur, V, 58, 7. Pareils à des guerriers couverts de cuirasses, X, 78,3, à des héros vainqueurs, ibid,, 4, ils sont armés, cf. 1, 39, 2 ; Vn, 56, 13, de haches, I, 37, 2 ; 88. 3 ; V, 53, 4 ; 57, 2, de haches d'or, VIII, 7, 32, identiques à la foudre qu'ils portent en même temps dans les mains, ibid, y et de laûces I, 37, 2; 88, 1; V, 57, 2, de lances brillantes, I, M, 11 ; 85, 4; 87, 3 ; II, 34, 5; VI, 66, 11 ; Vm, 20, 11 ; X, 78, 7, qu'ils portent sur leurs épaules, I, 64, 4 ; V, 54, 11; 57, 6, cf. I, 168, 3 : ces lances sont encore identiques aux éclairs, VIII, 7, 25, aux éclairs brillants comme Agni, V, 54, 11, que les rishis placent aussi dans leurs mains, et sont quelquefois appelées elles-mêmes expressément des éclairs, I, 168, 5 ; V, 52, 13, cf. I, 88, 1. Il n'y a pas de différence non plus entre les éclairs et les pierres tranchantes du vers V, 54, 3. C'est encore l'éclair, ce trait avec lequel, comme avec une hache (qui fendrait la montagne), ils font couler les troupeaux (les eaux du ciel), I, 166, 6. Les Maruts sont aussi représentés comme des archers, I, 64, 10 ; V, 53, 4; 57, 2 ; VIII, 20, 12, et les arcs qu'ils portent quand les deux mondes se confondent et que les îles (célestes, les nuages) volent en tous sens, VTIl, 20, 4, ne peuvent guère lancer que des éclairs.

Les chars sur lesquels ils montent, I, 38, 12 ; V, 53, 4 ; 57, 2, sont remplis d'éclairs, I, 88, 1, ou bien ont aux jantes de leurs roues des tranchants, 1, 166, 10, cf. 88, 2, qui ont toujours la même signification mythique. Avec ces jantes «d'or», 1, 64, 11, ils fendent la montagne (le nuage) ibid, ; V, 52, 9. Au vers III, 54, 13, ce sont les chars mêmes des Maruts qui paraissent identifiés aux éclairs.

Les Maruts sont au vers 1,64, 8 comparés à des lions mugissants. Le bruit que font ces dieux, cf. 1, 169, 7 ; III, 26, 5; V, 54, 8 et 12 ; 87, 5 ; VI, 48, 15, est proverbial, et on

1. VidyiU. Sar le sexe de Téclair, quand il est désigné par ce mot, voir I, p. 9-iO.

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