Voir plus bas, p
4. Le mot nidhi désigne pourtant aussi ane fois Toffrande faite à Indra, X, 179, t, et une fois Toffrande faite aux pitris, X, 15, 5, d^ailieurs sans addition du génitif madhûnàm. Le mot madhu «liqueur» désigne encore Toffrande faite aux Aç?ins aux vers VU, 67, 4; VIII, SS, 17.
Il est même, au vers I, 112, 13^ compris, sous son nom tuIgaire, dans Ténumération de leurs protégés. Mais c'est sons les noms d*Agni ou de Soma, ou avec des attributs empruntés à la conception générale d*Âgni ou de Soma, que le soleil, aussi bien que Téclair, figure dans les passages les plus significatifs, dans ceux qui nous révèlent le plus clairement ses rapports mythiques avec les Açvins.
D'après le vers I, 157, 5, les Açvins ont mis en mouvement Agni et les eaux. Cet Agni est vraisemblablement Tëclair. J'ai cité déjà dans la section précédente * les nombreux passages qui nous montrent les Açvins transportant sur leur char et répandant sur la terre la liqueur désignée par le nom de madhu. Si ce mot, d'ailleurs, implique l'idée du Soma, du mâle céleste, il suggérait, avant tout, dans les passages en question, celle des femelles, des eaux du ciel, auxquelles est mêlé le Soma. C'est dans le même sens que le vers 9 de l'hymne I, 46 aux Açvins appelle les gouttes du Soma céleste « la richesse qui est dans le séjour des rivières i». La suite de ce passage est plus intéressante encore. Je traduis ainsi le vers 10 : « L'éclat est venu à la plante, un soleil brillant comme l'or ; le noir a brillé avec sa langue. » Nous avons ici, si je ne me trompe, la description d'un lever de soleil dû à l'opération des Açvins, et ce soleil est d'abord considéré comme la splendeur de la plante, c'est-à-dire da Soma céleste, puis assimilé à Agni par ce trait : a II a brillé avec sa langue ». Avant de briller, pendant la nuit, il était noir. Le vers 1 1 achève le tableau : « Le chemin de la loi s'est ouvert, comme il convient, pour conduire à l'autre rive (de l'obscurité); le torrent (de lumière) du ciel a été vu. » Le personnage innomé auquel l'auteur de l'hymne VIII, 62 aux Açvins s'adresse (vers 17 et 18), après avoir décritle lever de l'aurore (vers 16), paraît représenter également le soleil, tour à tour emprisonné et délivré : « En voyant les Açvins, comme un homme armé d*une hache fend un arbre, fends en quelque sorte la forteresse, ô toi qui es hardi, toi qui étais opprimé par la troupe noire. » Ici^ d'ailleurs, noas n'avons à signaler aucun trait qui ne puisse s'expliquer par une conception purement naturaliste du soleil. Nous sommes ramenés à l'idée de Soma par deux emplois du mot krivi, où Ton a voulu faire de ce mot le nom propre d'un protégé
des ÂçTins, mais qui s'expliquent parfaitement par le sens d*(c outre » ou de « source » : « Vous avez fait croître la source », VIII, 22, 12, et « Vous donnez* la source », VIII, 20, 24. L'emploi du mot krivi aux vers IX, 9, 6 et V, 44, 4, nous permet d'ailleurs de considérer cette source comme identique au Soma, ou du moins comme renfermant le Soma. C'est encore le Soma céleste qui me paraît désigné dans les hjmnes aux Açvins par le mot kakuha. Ce mot, dérivé d*un primitif kakuh, qui nous a été conservé sous la forme kakubh «sommet», signifie sans doute « qui séjourne sur les sommets », et est, dans ce sens, appliqué comme épithète à Indra, Vffl, 45, 14, aux Maruts II, 34, 11, à Vishwu III, 54, 14*. Il l'est aussi à Soma^ IX, 67, 8, auquel il convient tout particulièrement, comme à celui qui croît sur la montagne ^. Or le même mot est, au vers V, 75, 4, l' épithète d'un animal, mrtpa, et, au pluriel, désigne à lui seul, dans levers IV, 44, 2 des êtres, non autrement désignés, qui, comme le kakuha mriga, apportent des nourritures ou des breuvages, prikshah. Les deux vers cités font, en même temps, mention du char des Âçvins, sans que les termes employés permettent de décider si les Eakuhas le traînent, ou s'ils ne sont pas au contraire placés dedans. La couleur jaune ou dorée, piçangay du Kakuha mentionné au vers 5 de rhymne 1, 181 aux Açvins est bien celle du Soma. Un bruit qui semble produit par le passage du Kakuha des Açvins, V, 73, 7, est exprimé par le mot^am^ant, appliqué précisément, dans ses deux autres emplois, au bruit du Soma, IX, 69, 2 ; 97, 14. Enfin, les textes qui paraissent fournir des arguments concluants en faveur de l'identification des Kakuhas des Açvins à Soma ou aux Somas, sont les vers I, 46, 3 et 184, 3. D'après le vers I, 184, 3, les Eakuhas sont nés « dans les eaux», ce qui les assimile à Apâm Napât, c'est-à-dire à TAgni ou au Soma céleste. Dans le même passage, les « jougs usés » de Varuna rappellent, à la fois, la déchéance de
1. Et non a vous secourez ». Il est dit d'ailleurs dans le môme rers : « Vous secourez la mer, rindhum, i
S. Appliqué comme attribut au riche qui fait des dons au prêtre, VIII, 6, 4S, il insiste sur l'idée, exprimée dans le même passage, que ce riche i s^élève jusqu*au ciel ».
3. Cf. Tépithëte kakudmat donnée à Agni, X, 8, 2, et au taureau de Hudgaiàni, qui nous a paru représenter Soma, X, 102, 7 (plus haut, p. 280).
«.Cf. girishihâ^ épithète des mêmes dieux, VIII, 83, 12; X, 180, 2, mais surtout de Yishnu et de Soma. (Voir ci-dessus, p. 417.)
Varuna, suivie de la délivrance de Soma*, X, 124r4-7, et la a peau usée 2», la vieille peau d'où Soma sort comme un serpent, IX, 86, 44. La « place usée » ou « vieille » du vers I, 46, 3, est encore un trait analogue. Enfin, d'après le même vers, le mouvement des Kakuhas semble subordonné à celui du char des Açvins, emporté par des oiseaux. Ce dernier trait est le plus remarquable. Non seulement il paraît trancher la question relative à la situation des Kakuhas, qui décidément ne traînent pas le char des Açvins et sont, au contraire, traînés par lui ; mais, en nous les montrant enlevés par des oiseaux^, il rappelle, sous une forme un peu plus compliquée, le mythe de l'oiseau ravisseur du Soma.
Des oiseaux composent d'ailleurs l'attelage ordinaire des Açvins. Lors même que leur char est attelé de chevaux, ces chevaux ne sont pas seulement rapides comme le vent, I, 181, 2, rapides comme la pensée, ibid.^ ainsi que le char qu'ils traînent, I, 119, 1; VII, 68, 3, etc.*: ils « volent»,
VII, 74, 4, et sont expressément appelés des « oiseaux », I, 118, 5 ; V, 75, 6, cf. 5; VI, 63, 7, cf. 6, des « aigles », avec lesquels les Açvins font « en volant » le tour des espaces,
VIII, 5, 7 et 8. Mais souvent le nom de « chevaux » est supprimé et fait place, purement et simplement, à celui d' (c oiseaux », VIII, 5, 33, d'oiseaux brillants, V, 73, 5, d'oiseaux d'eau aux ailes d'or, IV, 45, 4, d'aigles ou de vautours célestes, I, 118, 1 et 4, ou à une épithète qui ne peut suggérer que l'idée d'oiseau comme celle de vilupat-