Voir Bévue critique^ 1875, II, p
bienfaits, on Ta va, s'étentient aussi aux dieux comme aux hommes, et c'est lui qui donne aux premiers l'immortalité IV, 54,2(cf.4 et5;n, 38, 1; VII, 38, 4 et 5). Il a fixé à chaque être sa demeure et déterminé son genre de vie II, 38, 7 et 8 cf. IV, 54, 2. n embrasse tous les mondes IV, 53, 5, et tous les êtres sont dans son sein I, 35, 5. Ses deux bras, dont nous avons relevé la signification au point de vue de Tidée du culte, il les étend aussi sur les créatures IV, 53, 4, évidemment en signe de protection, cf. II, 38, 2 ; VI, 71, 5. Je néglige un grand nombre de détails qui intéressent médiocrement notre sujet; on peut les trouver d'ailleurs dans le chapitre que M. Muir a consacré à Savitri {Sanscrit Texls. V. p. 162). Mais en terminant je rappelle encore une fois Tattention sur la partie de ce chapitre (p. 165) où sont relevés les emplois de la racine su et de ses dérivés sava^ pi-asava êovtman, dans le mythe de Savitri, et sur l'interprétation étymologique que j'en ai donnée plus haut.
Nous avons reconnu dans Tvash^ri un sacrificateur, un artisan et enfin un gardien avare du Soma. Mais les textes cités â l'appui de son identification avec Savitri nous avaient d'abord montré en lui un père. A l'idée de père se rattache celle d'un dieu de la génération, et des notions de père et d'artisan combinées se tire naturellement celle d'un dieu créateur. Ces deux nouveaux caractères appartiennent en effet à TrashM. Il est fait allusion au premier dans les textes suivants : VII, 34, 20 « Quand nos épouses viennent vers nous, que Tvash/ri aux bonnes mains nous donne (ou nous crée, cf. plus bas X, 184, 1) des enfants mâles ; » — III^ 4, 9 « Donnenous, ô dieu Tvash^ri, une semence féconde, d'où naisse un héros actif, intelligent, attelant les pierres du sacrifice, et ami des dieux; » cf. 1, 142, 10 ; II, 3, 9. On dit à une femme pour la rendre féconde : X, 184, 1 « Que Vishnu dispose la matrice, que Tvashfri modèle les formes, que Prajàpati t'arrose, que le créateur te crée un fœtus. »
On doit remarquer dans ce dernier vers le rapprochement de Prajàpati et du créateur dhâtvi. Les fonctions de dieu de la génération et de créateur sont en effet bien voisines les ânes des autres. Tvashfri. ne modèle pas seulement les formes des hommes et des animaux (I, 188, 9), mais celles de tons les êtres, et du ciel et de la terre eux-mêmes X, 110, 9. Quand Indra, s'identifiant à Varuna (voir plus bas section IX, F), dit qu'il a créé tous les êtres, créé et supporté les
deux mondes, il se compare à Trashlri IV, 42, 3. On comprend aisément qu*en qualité de créateur et de père, Tyaahlri soit appelé le premier-né agraja ^ IX, 5, 9 ; cette expression peut d'ailleurs passer pour équivalente à celle de « non aé » dont nous avons supposé plus haut l'attribution à Savitri.
Le dernier trait du mythe de Tvash^ri qu'il nous reste à étudier est le plus important pour notre sujet. U s'agit de son combat contre Indra.
Il ne paraît pas contestable que Tvash^rî a été considéré dans la mythologie védique comme le père d'Indra. C'est œ qu'on pourrait induire déjà du vers II, 17, 6 où il est dit que la foudre d'Indra a été fabriquée pour lui par son père. Il n'y a pas en effet de mythe plus connu que celui de la foudn) d'Indra forgée par Tvash/ri *. Mais la paternité de Tvashiri ressortira mieux encore des textes mêmes où nous allons relever les traces du combat que lui livre son fils.
Le combat d'Indra contre Tvaahiri n'est à la vérité mentionné en termes exprès que dans un seul vers du Aig-Veda', et ce vers ne mentionne aucun lien de parenté entre les deux combattants : III, 48, 4 « Vigoureux, vainqueur, doué d'une force supérieure, il donne à son corps la forme qui lui platt: Indra, ayant dès sa naissance vaincu Tvashtri^ a volé le Soma et Ta bu dans les cuves. »
U faut cependant noter déjà ce détail caraotéristiqae que l'instant de la victoire d'Indra est celui de sa naissance même. On remarquera ensuite que l'hymne où est renfemé notre vers étant fort court et consacré tout entier à la naissance d'Indra, il est légitime d'en rapprocher les différentes parties et de chercher à les éclairer l'une par l'autre. Or, voici ce que nous lisons au vers 2: « Quand tu es né, ce jour même, désirant la liqueur de la plante qui croît sur la montagne, tu l'as bue ; ta jeune mère te l'a versée aussitôt dans la demeure de ton puissant père. » Ainsi ce Soma qu'an vers 4 Indra a volé à TvashM dés sa naissance, il le boit, d'après le vers 2, dans la demeure de son père, et toujours en naissant. Quiconque est habitué à suivre un mythe sous ses différentes formes, n'hésitera guère à identifier le Tvash/n
1. Cf. agriya I, 13 10; comme premier-né, il est naturel que TrashM ait la première part VI, 49, 9.