Anacoluthe. Voir le veri saiTant
dirigent leurs perfides entreprises sur le sacrifice divin (18). Ces trompeurs, en cherchant à tromper Indra, s'attaquent à un être infaillible (20). Au vers 23, le mal qui vient du ciel est, comme dans plusieurs passages déjà cités, opposé à celui qui vient de la terre. Enfin au vers 24 les Yâtudhânas reçoivent Tépithète mùradeva « ayant, honorant de faux dieux ». C'est une nouvelle trace de la confusion de ces démons avec les hommes trompeurs, ou infidèles au culte des vrais dieux. Le lecteur aura remarqué que cette confusion est complète dans les vers 15 et 16 traduits intégralement plus haut.
Odieuse à la divinité, la tromperie est d'ailleurs sans action sur elle. Cette idée que nous venons de voir expressément formulée au vers 20 de l'hymne VII, 104, l'est encore dans une foule d'autres passages. Elle l'était déjà dans plusieurs des textes qui ont été précédemment cités, et semble particulièrement inséparable de celle d'une surveillance constante exercée sur les actes de l'homme. Nous avons vu le soleil appelé l'œil infaillible de Mitra et Varuna, VI, 51 , 1 , et il reçoit encore au vers VIII, 90, 12, la qualification de lumière infaillible. L'aurore et la nuit sont d'ailleurs aussi d'infaillibles protectrices, IV, 55, 3 *. Le vers VI, 67, 5 sur les espions infaillibles de Mitra et Varuna a été cité. Ces espions ne diffèrent pas sans doute des gardiens infaillibles des .4dityas, VIII, 18, 2, ou de Savitri, VI, 71. 3. On attribue également des gardiens infaillibles à Âgni, I, 95, 9; 143, 8 ; VI, 8, 7; 48, 10. Ce dieu est lui-même un gardien II, 9, 6; IV, 4, 3; VI, 7, 7; X, 128, 6, un guide I, 76, 2; III, 11, 5 infaillible, un gardien infaillible de la loi, I, 31, 10, cf. II, 9, 1, un sacrificateur I, 128, 1, un messager VIII, 44, 20 infaillible, difficile à tromper IV, 9, 2. Cette dernière épitbète est appliquée même à son char IV, 9, 8, qui ne peut être entraîné hors de sa voie. Les trompeurs ne peuvent tromper Agni, même lorsqu'il est encore dans le sein de sa mère, I, 148, 5, cf. 2. Citons encore, d'une part le vers X, 87, 24, où ce dieu est appelé infaillible, en tant que tueur de Rakshas, et le vers X, 118, 7, qui l'invite à brûlerie Rakshas de sa
4. L'épitbète u infAillible » appliquée aux femelles célestes en général III, 1, 6, à 1.1 rivière Sindhu, plus ou moins confondue avec son prototype céleste, et à son char, X, 75, 7 et 9, à la caverne où est né Brihaspati et qu'il garde IV, 50,2, parait donner à entendre que le démon ne peut, mal- 4rré ses rw^ôs, s*en emparer, ou du moins ^n rester maître longtemps.
flamme infaillible, de l'autre le vers H!, 2, 2, où la qualification d' a hôte » difficile à tromper paraît rappeler surtout qu'il témoigne devant les dieux des actions de Thomme. Comme Agni, qui reçoit encore la même épithète sous le nom de Narâçamsa, V, 5, 2, comme Brihaspati, auquel elle est appliquée au vers III, 62, 6, Soma est infaillible IX, 3, 2: 28, 6; 37, 5 ; 59, 2; 85, 3 et 6; 97, 19, cf. 57; 107, 2; il est le maître infaillible de la parole, IX, 26,4, de la prière, IX, 75, 2, le guide infaillible des prières, IX, 103,4, le gardien de la loi qui ne peut être trompé, IX, 73, 8. Il n'est pas enlacé X, 56,2; cent enlacements ne sauraient le retenir quand il veut donner, IX, 61, 27 ; il échappe aux pièges, IX, 3, 2; 63, 4; 106, 13. Au vers IX, 70,3, d'après lequel ses rayons infaillibles doivent s'étendre sur les deux races, il paraît être assimilé au soleil. C'est encore Soma (si ce n est Agni) qui est appelé au vers V, 44, 2, le bon gardien qu'on ne peuttromper. Pùshan, I, 89, 5, cf. X, 26, 7, et Vishnu. I, 22, 18, sont des gardions infaillibles. Infaillibles encore sont Savitri, gardant les lois, IV, 53, 4, les Maruts,II,34,10;in,26,4, cf. VIII, 7, 15, et les dieux en général, III, 56, 8; VI, 51, 9, cf. IV, 2, 12. Mais infaillibles sont surtout les /Idityas, II, 27, 3 et 9; 28, 3; VI, 51, 4 ; VII, 60, 5 ; VIII, 56, 13, cf. VI, 51, 3, quand ils contemplent les races des mortels, VIII, 90, 6, particulièrement Mitra et Varufia, VII, 66, 17, et surtout Varu/ia,I, 24, 13; IX, 77,5, cf. X,ll,l, le gardien infaillible, VII,36, 2, le dieu dont les lois. 1.24,10; III, 54, 18, comme celles de tous les .4dityas du reste, VII, 66, 6, sont infaillibles, c'est-à-dire ne peuvent être éludées. Varuna, H, 28. 8 ; VII, 86, 4 et eux VII, 60, 6 sont difficiles à tromper, et difficile à tromper est l'intelligence que Mitra et Varuna ont reçue en partage, I, 15,6. Le trompeur ne peut rien sur les /Idityas X, 185, 2, soustraits à tout enlacement dans le ciel qui est leur demeure X, 63, 5, cf. V, 66, 2. L'épithète varanadArMf « trompant Varu/ia», que nous avons rencontrée dans un passage cité plus haut, Vil, 60, 9, ne doit sans doute pas être prise à la lettre, mais plutôt s'entendre d'une tentative faite pour tromperie dieu infaillible. Du reste, d'après le vers I, 25, 14, les trompeurs ne cherchent pas même à tromper Varuna. Quant au sacrificateur, s'il ne peut être trompé I, 89, 1; II, 27, 13, non plus que les vaches qui, au vers I, 173,1, paraissent représenter les prières, c'est grâce â la protection des dieux.
Si lea dieux ne sont pas trompés, ils ne sont pas non plus trompeurs. D'une façon générale, les dieux sont purs de toute faute. Agni, I, 31, 9, Soma, IX, 69, 10, les Maruts, VII, 57, 5, cf. I, 6, 8; 71, 8, les dieux VII, 91, 1, sont irréprochables^ anavadya. Les .4dityas X, 63,4, et particulièrement Varuna VII, 28, 4, sont sans péché, comme Aditi, leur mère,
VIII, 90, 15 *. Le mensonge, la perfidie, étant les plus odieux des vices aux yeux des rishis védiques, il était naturel qu'ils en déclarassent exempts leurs dieux. Le soleil est véridique quand il rend compte aux .Idityas des actions des hommes VII, 60, 1*. La même qualité est attribuée aux espions désignés au vers IX, 73, 7 par le nom de Rudras. Nous avons déjà vu la véracité, la sincérité, attribuées aux dieux qui sont pris pour modèles par le sacrificateur, c'est-à-dire à Agni et à Soma. Elles le sont également aux autres dieux. Le ciel et la terre sont véridiques, satya III, 6, 10, satyavàc X, 12, 1, non trompeurs, adruh, II, 41, 21 ; III, 56, 1; IV, 56, 2, cf. 1, 159, 2 et VI, 51, 5. Les Maruts sont véridiques, satya I, 87, 4, cf. VII, 56, 12, et sans perfidie, adrogham^ V, 52, 1. La même épithète satya est donnée aux trente-trois dieux, Vdl. 9, 2, celle de adruh « non trompeur » l'est à tous les dieux I, 3, 9; 19, 3; II, 1, 14; IX, 102, 5, cf. III, 9, 4;
IX, 9, 2. Les dieux suivent la droite voie I, 89, 2, et sont désignés au vers VII, 35, 12 sous le nom de maîtres de la vérité. Les ^dity as en particulier reçoivent, avec la qualification d'irréprochables, celle de non tortueux, 11,27, 2; on leur applique aussi celle de adruh « non trompeurs » VIII, 19, 34; 27, 15, cf. 9; 46, 4; X, 66, 8. Ils sont « véridiques » ou « loyaux », satya^ V, 67,4; VI, 50, 2. Mitra et Varuna ne sont pas trompeurs V, 68, 4 ; 70, 2; VII, 66, 18. Aditi n'est pas double VIII, 18, 6.
Cependant le vers V, 19, 4, en même temps qu'il donne à Agni la qualification d'infaillible, dit qu'il trompe lui-même tous les autres. D'après le vers II, 27, 3, les /Idityas sont
i. On «n dit autant (fun navire X, 63, 10, et de deux taureaux divins III, 33, 13. Quand l'auteur du vers X, 79, 6 demande à Agrni si ce dieu n*a pas commis un péché, il trahit unic^uement le goût des énigmes paradoxales commun à la plupart des poètes védiques, el fait allusion à ce fait matériel que le feu dévore les morceaux de bois qui ont servi a Tallumer, c'est-àdire en langage mythologique, son père et sa mère, cf. ibid,^ 4.
2. Uaurore est aussi appelée « véridique » ou a loyale », satyoj VII, 75, 7. Cf. I, 79, let IV, 51, 7. Les rivières sont appelées « non trompeuses >, adruh IX, 9, k (parce qu'elles ne trompent pas Tattente de Thommef).
infaillibles et cherchent à tromper*. On peut entendre aussi le vers IX, 61 , 30 en ce sens que Soma a des armes pour tromper. Mais en tout cas Jes dieux ne trompent que le trompeur, ce qui revient à dire qu'ils retournent contre lui sa tromperie, a Que les dieux », dit Tauteur du vers VI, 75, 19, « trompent celui qui cherche à nous frapper, que ce soit un des nôtres ou un étranger ! »
SECTION IX