Voir I, p
dlndications à l'appui de cette idée que les AQvins, que Taurore chantent les premiers, et que les hommes leur rëpon* dent. La formule « chante la première », adressée à l'aurore, équivaut à peu près à « prends la direction de notre saori^ flce V . Car il est dit aussi en propres termes que les aurores ont engendré le sacrifice, Vni, 78, 3. Ajoute? que les aurores sont des vaches, qu'en cette qualité elles doivent avoir une voix, et que les beuglements des vaches célestes sont cou^ ramment assimilés à des chants. De là le vers IV, dl, 8; « Les aurores divines, s*éveillant et sortant du séjour de la loi, chantent comme des troupeaux de vaches qui s^élancent. » Je crois donc queTarticle jar « s'approcher » est i rayer du dictionnaire.
M, Ludwig ne l'admet pas plus que moi. J'aurais bien des ohoses à dire sur les traductions qu'il donne de tel et tel des passages qui viennent d'être cités. Cependant je suis heureux de constater qu'il juge comme moi le sens actif de <c chanter », ou tout au moins de « bruire », applicable à la plupart d'entre eux. Il admet par exemple que les Açvins « chantent ». Mais il veut qu'Indra et l'aurore « soient chantés ». Que dis-je? Les aurores, au pluriel, ont le droit de «bruire», IV, 51, 8, non pas il est vrai comme des troupeaux de vaches, mais comme des torrents de lait (M. Ludwig est de ceux qui croient que le mot go peut signifier « lait » ^). Mais il ne reconnaît pas à l'aurore, au singulier, le droit de «chanter ». En cette occasion, comme en beaucoup d'autres, M. Ludwig montre d'abord une louable préoccupation de respecter le sens des mots ; mais comme en beaucoup d'autres occasions aussi, il s'arrête à moitié chemin, sans songer que les der* nières exceptions qu'il admet deviennent d'autant plus in* vraisemblables qu'elles sont moins nombreuses.
Je ne reviens pas sur la Dakshinâ servant de char. Cette formule a été expliquée d'avance dans le commentaire du premier vers.
1. Voir mM ObsdrTatîons snr Un figures dé rhétorique dans \é Aig-V«da, Mémoiret de la Société de UnguUtique de Parie, IV, p. 124. Ici Terreur eit tout à fait inexplicable.
6. Qae les dons du ciel apparaissent I Les prières se sont élevées ; les feux se sont dressés étincelants. Les aurores brillantes font apparaître les trésors précieux que cachaient les;ténèbres.
Cette stance est relativement facile. Le premier pâda seul peut fournir matière à discussion. Les deux traducteurs sousentendent l'un et l'autre, non asthuh^ mais iraidm arec le second prélBxe ut, M. Grassmann fait des sûnritd comme des puramdhi des éléments du sacrifice, ou plutôt il donne à puramdhi le sens général de sacrifice, en faisant des sûnritd les hymnes de louange. J*ai déjà dit dans le commentaire de la stance précédente que l'attribution de ce sens au mot sûnritd me semblait une hypothèse arbitraire. M. Ludwig fait des puramdhi comme des sûnritd des biens attendus par les suppliants. J'ai eu l'occasion d'étudier le mot puramdhi dans le second volume de cet ouvrage \ et il m'a paru désigner, sinon exclusivement, du moins principalement la prière. C'est ce qui m'a déterminé à le rapprocher ici des feux, et à le séparer des sûnritd en sous-entendant, avec le second tU, asthuh au lieu de iratdm. Je ne donne pas cette solution comme certaine.
Des deux jours de couleur différente (le jour ou Taurore, et la nuit), Tun s'éloigne, Tautre arrive: ils se touchent; (des deux sœurs) Tune a caché les ténèbres enveloppant les (parents) qui embrassent tous les êtres, (le ciel et la terre) ; Taurore a brillé sur son char éclatant.
Le verbe sam car au moyen est employé une seule autre fois, III, 7, 4, pour exprimer l'union du ciel et de la terre dans l'espace. Il exprime sans doute ici l'union du jour et de la nuit dans la durée. C'est ce que j'exprime en traduisant < ils se touchent ». M. Grassmann dit « se rencontrent » : cela revient à peu près au même, mais me semble moins clair.