Voir plus haut, p
2. Cf. Mémoires <U la Société de Ungtiittiquey article cité, IV, p. iS4
de ianû « corps » et napAt « fils ». Mais le premier terme s'emplojrant aussi dans le sens d'un pronom réfléchi, M. Roth, et après lui M . Grassmann, donnent au composé le sens de « flls de soi-même ». Une telle conception n*a en elle-même rien qui puisse nous efifaroucher. Elle équivaudrait à celle qui est exprimée d'une façon bien plus paradoxale encore dans la formule : « Le fœtus porte son propre fardeau », I, 152,3 \ Je ne crois pas pourtant que ce soit celle qu'exprime réellement le mot Uinûnapât, Ce mot ne peut, selon moi, être séparé du mot tânva, sorte de patronymique du mot tanû, que nous retrouverons plus bas * à propos d'un développement particulier du mythe du père, et que M. Roth et M. Grassmann traduisent « le propre fils » .
J'admettrai ce dernier sens pour Tun et pour l'autre, en le précisant d'après les termes mêmes du vers III, 29, 1 1 : « Il est appelé Tanûnapât comme fœtus de l'Asura ». Le « propre fils » est le fils issu « directement » de son père, ou comme le dit le vers m, 29, 14, né du ventre de l'Âsura. C'est sans doute ce même père qui est désigné par la qualification de « brillant » au vers X, 92, 2, dans la formule tanûnapâtam arushaisya « propre flls du brillant '». Remarquons encore que le vers III, 29, 11 oppose formellement le nom de Tanûnapât qu'Âgni reçoit comme fœtus de l'Asura, à celui de Màtariçvan qui lui est donné quand il « s'est formé dans une mère » *. L'opposition de ces deux
1. C«Ue du ven III, 1, 10, diaprés laqueUe Agni « porte le fœtas de son père », est probablement équivalente.
8. Cette formule est Àelle seule un arg^ument en faveur de notre interprétation de tanûnapât.
4. Le même vers lui donne le nom de Naràçamsa c quand il naît », c'est-à-dire quand il se manifeste. Ce dernier nom désigne Agni comme a maître de la prière des hommes » (voir I, p. S06-308), et la prière des hommes, désignée aussi par les termes mêmes dont il est composé, est en plusieurs passages expressément opposée à la prière des dieux. En revanche, Tanûnap&t, invoqué avant Naràçamsa au vers 2 des hymnes, ilprî I^ 142, et ilpra I, iZ, et prenant sa place' au vers 2 des hymnes ilpri, 1, 188; III, 4; IX, 5; X, 110, paraît avoir été considéré surtout comme le feu du sacrifice des dieux. Au vers III^ 4, 2, ce sont, en effet, les dieux (y compris Agni sous son nom vulgaire), qui honorent Tanûnapât trois fois le jour, et au vers X. 110, 2, il est représenté a faisant réussir le sacrifice » dans les mêmes termes que celui des deux sacrificateurs mentionnés au vers III, 31, 2 qui nous a paru être le sacrificateur établi dans le ciel {1, p. 234] Ce dernier rapprochement est d'autant plus frappant que Tanûnapât figure en effet dans le même vers III, 3, 2, non pas, il est vrai, sous ce nom, nuis sous le nom équivalent de Tânva. Dans Thymne X, 424, il est dit d*Agni séjournant beaucoup d'années a dans le père » (4) qu*il « chante», fom^tmi,
origines d'Agni est aussi indiquée, quoique moins clairement, au vers m, 29, 14.
L'existence désormais prouvée de la notion d'un père androgync* nous permet de prendre au sens littéral l'expression « matrice du père », désignant le lieu où s'arrêtent les Açvins, VIII, 9, 21. C'est aussi dans la matrice du «premier» père que rentre, au vers V, 47, 3, un être appelé à la fois un taureau, un oiseau, ce qui conviendrait à Âgni aussi bien qa'âSoma, et une amer », ce qui peut s'appliquer surtout à Sema.
Cet emploi du terme de «matrice» n'exclut pas, bien entendu, celui du terme de «nombril» spécialement affecté, selon une conception dont j'ai précédemment tenté une explication telle quelle*, mais dont l'existence, en tout cas, ne me semble pas pouvoir être contestée, à la désignation de l'origine paternelle. Au vers X, 82, 6, Viçvakarman, appelé le premier fœtus des eaux, et, au moins en cela, assimilé à Apâm Napât, c'est-à-dire à Agni ou à Soma *, est représenté «attaché an nombril du non-né». Nous reviendrons sur la notion du non -né dans la quatrième partie, à propos du personnage mythique d'Aja Ekapâd dans lequel elle s'est fixée. Mais il est aisé de comprendre que le non-né, c'est-à-dire celui qui n'a pas eu de parents, est le père par excellence. Ailleurs, c'est le non-né lui-même qui est désigné par le terme de « nombril », et de « nombril du fils », du moins, si, comme je le croîs, au versl, 163, 12, le «bouc», aja^ conduit devant le cheval du sacrifice représente, grâce à un jeu de mots, le non-né, aja, qui peut très-bien passer pour le père d'un cheval représentant lui-même Soma^. Un pareil emploi du mot a nombril» est ordinaire". Citons encore le vers I,
pour le pare Asura. Paat-il voir là Tidée opposée à celle qu*ezprime le mot V0tlpaiii5af
I . On remarqaera qu'elle est la contre-partie de celle des vierges mères, plot haut, p. 48-49.
3. C'est de plus un sacrificateur comme Agni, X, Si, 4, cf. S et 6, et on maître de la prière comme Brahmanaspati, xbid,, 7. Comme Agni et Soma, il a des formes supérieures, des formes intermédiaires et des termes inférienret, X, 81, 5 ; il a pénétré chez les inférieurs^ ibid. 1. Il est Tordon- Btteur du monde, X, 8S, 2 et 3, et il a fait le ciel et la terre, X, 82, 8 ; 3, ef. 82, 1.