Puissé-je, par mes louanges, dételer (apaiser 2) Rudra
1. Allusion aux sacrifices célébrés en même temps dans divers lieux.
2. Cf I. 25, 3. cité plus loin. La forme dishît/a n’appartiendrait, ni à la racine
qu'on invoque dans des invocations accompagnées d’offrandes! Miséricordieux, et exauçant notre prière, que le dieu brun, aux belles joues, ne nous livre pas à ces embûches!.... 11. Loue le jeune dieu, illustre, siégeant au bord de la fosse1, impétueux et fort comme un animal terrible. Aie pitié, ô Rudra , du chantre qui te loue ; qu’un autre que nous soit abattu par tes traits!... 14. Que le trait de Rudra nous épargne! Que la malveillance terrible du dieu puissant s’écarte de nous ! Détends ton arc solide en faveur de nos bienfaiteurs; Ô toi, qui
es libéral, aie pitié de nos enfants, de notre descendance
15. Écoute-donc, ô dieu brun, ô taureau, o sage Rudra, écoute notre invocation, ne sois pas irrité contre nous, ne nous
frappe pas » Des quatre vers que comprend l’hymne Vil,
46, les deux derniers nous montrent également Rudra sous son aspect redoutable : « 3. Que son trait qui, lancé du ciel, tombe sur la terre, nous épargne! Tu as mille remèdes, ô dieu très-désiré; ne fais pas de mal à nos enfants, à notre descendance. — 4. Ne nous frappe pas, ô Rudra, ne nous abandonne pas; puissions-nous n’ètre pas exposés aux coups de ta colère ! — » Toutefois ces citations mêmes nous ont rappelé que Rudra est le dieu des remèdes. C’est qu’en effet il n’est pas purement malfaisant comme un démon, mais que, comme la plupart des divinités qui se rattachent à ce que j’appelle la conception unitaire, il fait tour à tour sentir aux hommes, dans leur personne ou dans leurs biens, les effets de sa colère et ceux de sa miséricorde. Il est même prié, en termes généraux, d’éloigner la colère divine I, 114, 4, et ce vers lui est adressé : II, 33, 7. « Où est, ô Rudra, ta main miséricor-; dieuse, ta main qui est (elle-même) un remède rafraîchissant, écartant le mal qui vient des dieux? O taureau, aie pitié de moi. » Mais cette colère divine qu’il écarte, est avant tout sa propre colère, comme les maladies qu'il guérit ont été sans doute envoyées par lui. C’est dans ce dernier sens que je comprends la formule du vers VU, 46, 2 : « O Rudra, sois sans maladies à l’égard de (n’envoie pas de maladies à) notre descendance. » De même, quand le suppliant de Rudra implore sa bienveillance comme l’ombre pendant les ardeurs de l’été
dû i couper a comme l'entend M. R., ni à la racine dû « donner » comme le veut M. Gr., mais à la racine dû « lier » employée précisément au vers I, 25, 3.