‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 12 sur 335 · Voir plus bas, partie II · texte numérisé non relu

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5. Remarquez, dans le passage cité, la qualification de fils « de la force », donnée à Agsi. Cf. phu kaut, p. 12, Agni engendré par les dix deigift dans les mères on Iroruvé par les soturs dans les eaux.

ble » dans les eaux, II^ 35, 4; X, 30, 4. Ce séjour où il brille sans tache est le séjour suprême, II, 35, 14, et il s*y revêt de l'éclair, ou plutôt de la splendeur {vidyut) de Téclair, II, 35, 9 : car il est Téclair même.

Le fils a des eaux » parait être, au vers II, 35, 7, nourri par une vache unique. Cette vache peut représenter la nuée. liais, ao vers II, 35, 5, ce sont « trois )> femmes divines qui lai donnent sa nourriture. Ce vers, sur lequel nous reviendrons, paraît bien impliquer une triple forme de cet Âpâm Napât que nous avons déjà rencontré avec une double forme, et les trois femmes ne peuvent être que trois mères différentes qui lui sont attribuées, comme à Âgni, dans les trois mondes.

Ordinairement, ce sont, comme il est naturel, les eaux qui nourrissent le « fils des eaux )>. Elles lui apportent le beurre, 11,35^ 14, et Tenveloppent de vêtements, ibid,^ qui ne sont autres que le beurre même, ce vêtement dont il se revêt dans les eaux, II, 35, 4. Elles le portent lui-même, et, selon une formule que nous retrouverons plus d'une fois appliquée aux mères d'Agni» elles sont couchées, quand il se dresse sur leur seiUj revêtu de Téclair^ U, 35^ 9. Les mères qu'il tette, c*estàrdlre toujours les eaux, sont aussi celles qui ont enfanté «les premières » K

Mais Apâm Napât n'est pas seulement le « fils » des eaux. Aux vers II, 35, 3-4, les eaux qui environnent le « fils des eaux »i ces rivières assimilées d* abord à des vaches, puisqu'elles remplissent une a étable», sont aussi représentées comme des jeunes femmes entourant un jeune homme. La même image se retrouve au vers X, 30, 6, ou elle se précise dans le sens d'une union sexuelle. Enfin Tinceste est formellement indiqué au vers II, 35, 13 : ce II est le mâle qiû a engendré en elles un fœtus ; il est le petit qui les tette et qu'elles lèchent. »

Dans l'hymne III, 7, les vaches a séjournant dans le ciel » qui servent de « cavales » à Agni (vers 2, 3, 4), deviennent ses épouses quand il est lui-même considéré comme an cheval (vers 9). Or ces a cavales » représentent les eaux, puisqu'il estditau vers 3 qu'Agni, qui apparaît en beaucoup de lieux, les écarte quand il se nourrit de broussailles ^, c'est-à-dire quand il prend la forme du feu terrestre. Elles rappellent d'ailleurs les mères d'Apâm Napât, qui, elles aussi, le portent,

I. Cf. plus haut, p. 17, les eaux, principe de toutes choses.

f . Littéralement, « les écarte de sa nourriture de broussailles ».

« vahantih », IL 35, 9, et elles ne diffèrent vraisemblablement pas des cavales qui au vers III, 1, 4, paraissent être considérées comme les mères d*Âgni.

Agni est aussi le « frère des rivières », I, 65, 7.

Enfin, Âgni, si souvent appelé le fils des eaux, a lui-même « engendré » les eaux, I, 96, 2.

La question des rapports du feu du sacrifice avec les eaux célestes est plus délicate à traiter que celle de ses rapports avec l'aurore. Ici une confusion de la forme céleste et de la forme terrestre du feu est plus souvent à craindre. Est-ce le feu du sacrifice ou l'éclair, qui, d'après le vers V, 14, 4, a conquis les eaux ? Lors même que la chute des eaux de la pluie semble déterminée par un sacrifice, X, 12, 3, cf. IV, 3, 12, n'avons-nous pas à nous demander encore si ce sacrifice ne peut pas être un sacrifice céleste ? Il est vrai que le sacrifice céleste étant en réalité l'image, et non, comme le veulent les TJishis, le type du sacrifice terrestre, c'est toujours en dernière analyse à celui-ci que l'action dont il s'agit devrait être rapportée. D'ailleurs il est des morceaux comme l'hymne, déjà plusieurs fois cité *-, de Devâpi, où une pareille action sur les eaux est attribuée à un feu qui ne peut être que celui d'un sacrifice terrestre, X, 98, 12. De quelque façon qu'il faille entendre, au vers III, 22, 3, la marche d'Agni dans la direction des eaux, il ne saurait y avoir de doute sur l'interprétation de cet autre passage, III, 9, 2 : « Lorsque te régalant (kâyamànaliL) du bois, tu es allé vers les eaux tes mères, tu ne dois pas, ô Âgni, oublier le retour : car (autrefois déjà), étant éloigné de nous, tu es venu ici ». On voit là très bien que le feu qui dévore le bois, c'est-à-dire le feu terrestre, remonte au ciel * vers les eaux ses mères, pour redescendre encore sur la terre (cf. VIII, 43, 7 ; X, 8, 5 ; 46, 1). De leur côté, les eaux ne doivent pas abandonner leur fils descendu sur la terre. Je crois donc qu'au vers I, 186, 5, le « petit » pour lequel se gonfle la mer (ou la rivière) céleste, et avec lequel les prêtres espèrent mettre en mouvement Apâw Napât, n'est autre que la forme terrestre de cet Apài/i Napàt, que nous avons vue plus d'une fois opposée à sa forme céleste, et qui ressentirait ici elle-même les effets de la tendresse des eaux pour leur fils *\

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