Voir I, p
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D est trai que dans un grand nombre de formules concernant les rapports de Soma aveô les eaux, certains détails ne permettent pas de douter qu'il s'agisse d'un sacrifice. La plante, les pierres du pressoir, le tamis, les cuves, les dieux auxquels l'offrande est destinée, le sacrificateur qui la prépare» les mains de ce sacrificateur et ses prières, sont mentionnés expressément dans une foule de passages qui nous montrent le Soma mêlé aux eaux, IX, 65, 6; 74,9, pressé, IX, 62, 4 et 5 ; 79,4, poussé, IX,30,5, conduit, IX,96,24, coulant, IX,97,48, pénétrant, IX, 3,6, dans les eaux, allant s'unir aux eaux, IX,97,45, qui viennent elles-mêmes vers lui, IX, 82,3, purifié parles eaux, IX,68,9, ou dans les eaux, IX, 20, 6; 71,3, se revêtant des eaux, IX, 86, 40; 96, 13; 107, 18 et 26; 109,21. Mais nous ne devons pas oublier que le Soma est préparé dans le ciel par des sacrificateurs divins de la même manière que sur la terre. Sans doute, il est naturel d'appliquer au Soma terrestre toutes les formules relatives au pressurage et à la clarification du breuvage sacré qui ne renferment aucune indication contraire, et cette application est seule possible dans certains passages où les sacrificateurs qui pressent, qui purifient Soma dans les eaux, qui le revêtent des eaux, sont expressément appelés des mortels, IX,91,2, ou reçoivent les ordres de celui qui parle, IX, 16, 3, ou parlent eux-mêmes, IX, 107,2, cf. 16,2, ou eocore quand les Somas pressés dans les eaux sont présentés aux dieux par celui qui parle, 1,135,6. Mais dans d*autres passages qui paraissent décrire le sacrifice primitif, IX, 96, 10, cf. II, ou qui nomment des sacrificateurs mythiques, tels que Dadhanvan', IX,107,ly les Ayus, IX,86,2iS, et surtout dans celui qui donne aux sacrificateurs * l'épithète adabdhàh « infaillibles », IX, 97,57, qui parait désigner des prêtres divins, les eaux dans lesquelles Soma est pressé, purifié, dans le sein desquelles il est poussé, dont il est « oint », sont vraisemblablement les eaux célestes. Le vers IX, 96, 10, ajoute d'ailleurs qu'il a été « trait », non pas « avec les pierres », mais a dans la pierre» ou « la montagne », ce qui ne peut guère être rapporté qu'au
1. Le même que Dadhyauc. Sur celui-ci, voir le chapitre de la troisième piuptîe consacrée aux Aoyins. Le vers suivant, IX, f07, 2, paraft opposer le sacrifice actuel, nénanif à celui de Dadhanvan.
S. Ce sont bien des sacrificateurs. Le verbe nhcmti « ils lèchent » ne signifie pas qu'ils « boivent », mais bien qu'ils u caressent » Soma avec des prières, cf. X, 123, 1, avec des chants dont il est, en effet, question au second pàda.
nuage. Dans les formules telles que celles des vers 111,35,8» et VI, 40,2, d'après lesquelles le Soma est envoyé à Indra, ou distillé pour lui, par les hommes, les montagnes (ou la montagne) et les eaux, il est permis de croire que, par ces eaux, le poète n'entend pas seulement les eaux du sacrifice terrestre.
Même dans les passages concernant le sacrifice terrestre et actuel, il peut être fait directement allusion aux rapports de Soma avec les eaux célestes. Au vers IX, 108, 7, le Soma^ que les prêtres sont invités à faire couler reçoit, en même temps que Tépithète udapriU « nageant dans Teau », celle de vanakraksha « mugissant dans la cuve », d une part, mais aussi celle de rajaslur « traversant Tatmosphère » , de lautre.
Le nom de « grandes eaux *» donné aux eaux dans lesquelles Soma s'enfonce, IX, 7, 2; 99,7, ou désigne les eaux célestes, ou du moins n'est donné aux eaux terrestres que par allusion à ces eaux du ciel auxquelles elles sont identi* ques par leur origine comme par leur nature, et qu'elles représentent dans le sacrifice. J'explique de même le nom de «rivières » donné, soit avec celui de « grandes eaux », IX, 2» 4, soit seul, aux eaux dans lesquelles Somacourt, VIII,33,12y cf. IX,21,3, et qui coulent vers lui, IX, 2,4, où il est poussé, IX,53,4; 107,13, où il brille, IX,76,1, cf. VIII,2,2, et qui le purifient ainsi que le tamis, IX,86,11. Même observation sur le nom de « mer » donné aux eaux dans lesquelles Soma est poussé, IX,64,16 et 17, où il pénètre, IX,63,23; 64,27, et que traverse, IX, 107,15, ce roi de la mer, IX, 107,16. «Rivières » et « mer » sont des appellations courantes des eaux célestes, et ce n'est pas sans raison que les auteurs des hymnes les appliquent, soit séparément, soit ensemble, IX,86,8, aux eaux où s'enfonce Soma. Sans idoute il est possible qu'une expression même aussi caractéristique que le a sommet de la mer», IX, 107,14, désigne les eaux de la cuve où coule le Soma, et en fait il est dit expressément au vers IX,96,14, qu^ Soma' mugit avec les rivières « dans la cuve ». Mais on ne donnerait pas aux eaux de la cuve le nom de « rivières » et surtout celui de « sommet de la mer», si ces eaux n'étaient pas considérées comme tenant dans le sacrifice la place des rivières et de la mer atmosphériques. Nous avons déjà cité plus haut ', à propos des rapports de Soma avec les prières,