‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 3 sur 335 · Dont le sens n^est jamais « les deux pères · texte numérisé non relu

Dont le sens n^est jamais « les deux pères

Bkrgaionk, La Religion vé'/iifuc. i

formules que nous rencontrerons plus loin\ TAgni et le Soma donnés comme fils du ciel et de la terre peuvent représenter le soleil aussi bien que les autres formes du Soma ou du feu. Le soleil d'ailleurà remplit les deux mondes de ses rayons, IX, 41, 5, cf. I, 84, I; c'est par lui qu'Indra a fait briller les parents, VI, 32, 2, c'est-à-dire encore le ciel et la terre. On exprime aussi la même idée en disant que le soleil a « fait croître » les deux mondes, VIII, 12, 7^ et, dans le langage mythologique, il n'y a pas loin de là à dire qu'il les a engendrés. Nous verrons qu'en effet Agni, dont l'une des formes est le soleil, passe pour le père des deux mondes en même temps que pour leur fils.

C'est naturellement avec l'aurore que le soleil a les relations les plus étroites. L'aurore conduit le « cheval blanc », r « œil des dieux », VII, 77, 3, c'est-à-dire précède le soleil qui, lorsqu'il brille à l'orient, paraît sortir de l'aurore, I, 121, 6, ou, selon l'expression déjà plus caractéristique du vers Vil, 63, 3, du « sein » des aurores. On a donc dit de raurore> non seulement qu'elle enfante la lutnière, III, 61, 4> mais qu'elle fait briller» VII, 80, 2, et, en propres termes, qu'elle « enfante » le soleil, VII, 78, 3.

Fils de Taurore, le soleil est aussi son amant et son époux. D'abord il la poursuit, I, 56, 4 ; IX, 84, 2, comme un homme qui poursuit une femme, I, 115, 2. Puisses rayons s'unissent à ceux de l'aurore, VIII, 9, 18; X, 111, 7, cf. I, 113,9; 123, 12; 124, 8; 137, 2; VII, 91, 1; X, 35, 6. Aux vers 11 et 12 de l'hymne I, 92 à l'aurore, il est dit tour à tour qu'elle brille « avec l'éclat de son amant » et qu'elle apparaît « avec les rayons du soleil ». Ces deux formules sont évidemment équivalentes. Quand on dit qu'elle vient du même lieu que son amant, VII, 76, 3, il est clair que cet amant ne peut être encore que le soleil. J'en dirai autant de l'a amant dé l'aulrore » auquel Agni est comparé pour son éclat, I, 69, 1 et 9; VII, 10, 1, cf. 2. Enfin l'aurore est appelée expressément Ttt épouse du soleil », VII, 75, 5.

Certains passages déjà cités, qui peuvent signifier que l'aurol^e brille « en même temps que » le soleil, par exemple les vers I, 113, 9; VII, 91, 1, pourraient aussi s'entendre en ce sens qu'elle brille a par » le soleil, que le soleil la fait briller, et de fait, le soleil est considéré comme le père des

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aurores au vers II, 23, 2, où on lui compare Brahmawaspati, père des prières. Ailleurs encore il est dit, sinon qu'il engendre, au moins qu'il « lâche », VII, 36, 1 ; 81, 2, des vaches qui paraissent représenter les aurores.

Quoique Télément mâle dont les formules védiques mentionnent les relations diverses avec les eaux du ciel doive représenter principalement l'éclair, on ne peut nier que des rapports analogues n'aient été conçus aussi entre les eaux et le soleil. Les nuages qu'il «dépasse», I, 141, 13; X, 77, 3, les eaux qu'il couvre de ses rayons, VII, 47, 4, cf. IV, 38, 10; X, 178, 3, l'ont d'abord tenu enfermé. Le soleilaété caché dans la mer (céleste), X, 72, 7. C'est de laque Brihaspatile fait «ortir,X, 67, 5. C'est là que Soma l'engendre, IX, 42, 1. Enfin, les « rivières qui ont accru l'œil unique », IX, 9, 4, ne peuvent être que les eaux du ciel considérées comme les nourrices du soleil. On voit par là que le personnage d'Apâm Napât, le « fils des eaux », que nous verrons identifié tour à tour à Âgni et à Soma, pourrait représenter le soleil aussi bien que réclair.

La formule « célibataire ou marié », appliquée au soleil, V, 44, 7, pourrait aussi faire allusion à une union intermittente du soleil avec les eaux, aussi bien qu'à son union déjà constatée avec les aurores *.

Enfin, si le soleil n'est pas formellement appelé le fiU des prières comme Agni et Soma, on dit du moins de lui, en vertu de l'action attribuée aux divers éléments du sacrifice sur les phénomènes célestes, que la prière Ta fait briller» X, 138, 2.

SECTION II

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