‹ La reliure du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 8 sur 103 · IV · texte numérisé non relu

IV

c'est adopter son principe : le livre de son temps, dans la reliure originale de son temps.

Or, en ce qui concerne les livres, le résultat n'est plus contesté aujourd'hui.

La poussée des livres illustrés, dans le dernier quart du xix'' siècle, a été la digne continuation d'un passé très glorieux.

Les beaux exemplaires de ces livres constituent des morceaux qui n'eussent pas déparé les plus célèbres bibliothèques des temps anciens.

Aucun des bibliophiles du xvni', du xvii% du xvi% y compris Grolier, n'a eu de plus beaux livres que ces exemplaires dans lesquels les bibliophiles de 1900 peuvent montrer avec fierté les étals, la « belle épreuve », ou même les dessins originaux des Edmond Morin, des Vierge, des Lepère, des Neuville, des Détaille, des Le Blant, des Beaumont, des Boilvin, des Bédouin, des Giacomelli, des Lhermitte, des Dagnan, des Luc-Olivier Merson, des Rochegrosse, des Robida, des Rops, des Chéret, des Forain, des Willette, des Steinlen, des Grasset, des Louis Legrand, et de cinquante autres.

— Oui. Mais la reliure?

Triomphe de la reliure originale.

Premier point incontesté. C'est surtout pour la reliure que la génération nouvelle s'est montrée la plus passionnée, la plus payante, la plus brave à la dépense qu'on ait connue. Nul bibliophile des siècles passés ne consacra à l'habillement d'un livre de plus fortes sommes que les Villebœuf, les de Lacroix-Laval, les Rattier, les Audéoud, lesDescamps-Scrive, les Victor Mercier, les A. Bordes, les Lebeuf de Montgermont, etc. Nous le montrerons plus loin par des chiffres.

Deuxième point incontesté. Cette force maté-

rielle et cette vigueur d'impulsion, les bibliophiles de 1900 les ont mises au service de la plus belle main-d'œuvre qui ait jamais été. Il est aujourd'hui jusqu'à plus de vingt relieurs que je pourrais nommer* ! Et des doreurs merveilleusement habiles, combien encore il en faudi'ait citer : Mercier, Maillard père, Maillard

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