TOUSSAINT DU BREUIL
Je produirai en appendice quelques renseignements sur ce peintre. Pendant le temps qu*exige rimpression de ces volumes, j'aurai le loisir de dépouiller plusieurs compteset descollectionsdepièces, qui se rapportent à la Qn da xvi® siècle et au commencement du XVII*. Ils ne peuvent manquer de mentionner un artiste qui eut dans son temps une certaine renommée, et fut chargé de grands travaux. L*Estoile enregistre sa mort de cette manière : « Le if 22 novembre 1602. Ce jour Dubreuil, peintre de « Sa Majesté, singulier en son art, et qui avoit fait « et devisé tous ces beaux tableaux de Saint-Geru main, en revenant dudict Saint-Germain, à Paris, c< sur un cheval qui étoit rétif et alloit fort dur, fut « à son retour surpris d'un renversement de « boyaux, que les médecins appellenlmiserere, qui I. 21
a en moins de vingt-qaatre henres- l'envoya en « l'autre monde. »
EUSTACHE DAMY.
Voici le renseignement que je découvre dans un compte de l'Écurie du roi. « Aultre despence faicle par ledict Chauveliu, présent trésorier, à cause de la despence extraordinaire, faicte en la dicte escurie du Roy, durant Tannée 1599.
(( A Eustache Damy, peintre, la somme de quatre cens escus, à luy ordonnée, pour avoir repeinct et doré tant le devant, derrière, que pommier dudict carosse. »
S'agit-il ici seulement d'un peintre à teintes unies? Je l'ignore; mais les raisons déjà invoquées pour citer tous les artistes, quel que soit le caractère modeste des occupations dont il est fait mention, ont ici toute leur valeur.
JACOB BUNEL.
J. Bernier ne pouvait laisser échapper l'occasion d'introduire, dans la série des grands Blesois^ le nom de Jacob Bunel. Voici ce qu'il en dit, et j'abrège :
a il naquit à Blois, l'an 1558, de François Bunel , peintre, et de Marie Gribbe son épouse. Il apprit, dès le bas âge, les principes de la peinture
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SOUS son père , et se forma ensuite sur ce modèle pour le dessein. Puis il voyagea en Italie. Après avoir fait un grand fond d'étude en ces lieux là, il revint en France, où son mérite fut bien tost connu. Du Breuil y estoit alors en grande réputation et travailloitaux galleries du Louvre. Jacob Bunel luy fut attaché. Ayant donc continué de travailler avec Du Breuil, ce peintre estant mort, il luy succéda et acheva ces grands ouvrages du Louvre qu'un embrasement a depuis consumméz. Il mourut à Tâge de cinquante six ans et laissa Marguerite Bahuche, son épouse, veuve, sans enfans, laquelle se remaria à Paul Galland, receveur du taillon de Touraine. »
On relira le passage cité p. 75, et on remarquera que J. Bernier, un grand pourchasseur d'anecdotes, ignorait que Marguerite Bunel fut peintre aussi. Mes recherches n'ont point encore épuisé tous les documents qui se rattachent à cette époque avancée du xvi« siècle; j'espère donc encore quelques détails intéressants.
MARGUERITE BUNEL.
« Bunel , dit Sauvai , a peint d'après le naturel les portraits de toutes les personnes qui vivoient de son temps, pour la petite galerie du Louvre. Sa femme le seconda bien dans son entreprise. Comme elle excelloit à faire les portraits des personnes de
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son sexe, ceux des reines et des autres dames pour la pluspart, sont de sa main et du dessein de son mari, n (Voir plus haut, p. 75.)
DANIEL RÂBEL.
Les Mémoires du temps disent que Daniel Rabel, fils de Jean Rabel, travailla pour la cour. Peintre et graveur, il acquit une grande réputation, et on connaît les vers que Malherbe et M. de Chelande lui adressèrent. Je n*ai trouvé son nom ni dans les Comptes royaux ni dans les documents que j'ai dépouillés; mais la signature suivante, écrite au bas d'un dessin à la plume, peut fixer la date de sa naissance. Ce dessin, exécuté avec une facilité de main désespérante, représente un vieillard, la tête chauve , portant une longue barbe. Il se trouve dans les portefeuilles de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et on lit au bas: Dante lfecitib9i anno jEtatis suœ 13. Voici la notice que lui a consacrée Mariette, et dont je transcris les faits essentiels : « Daniel Rabel, dessinateur, graveur et peintre en miniature , vivoit à Paris , au commencement du dernier siècle. J'ai trouvé dans le cabinet de M. 6aignat un volume in folio composé de cent feuilles de vélin sur chacune desquelles étoient peintes des fleurs et des papillons — L'ouvrage a été terminé en 1624. Rabel a gravé quelques planches d'une
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pointe très fine mais sans feu et sans ame. Il faisoit sa plus ordinaire profession de montrer le dessin à la jeune noblesse, et il ne manquoit pas d'occupation 9 car cela entroit déjà dans Téducation. Voilà aussi pourquoi il dessinoit à la plume» et se piquoit de contrefaire les traits de la gravure de façon à s*y méprendre. Il étoit fils, à ce que je pense, d'un Babel plus ancien, et lui-même artiste, qui se nommoit Jean. Voici comment Fabbé de Villeloin s'exprime dans son Paris, article des Peintres, p. 10, au sujet de Daniel Rabel :
« Il éloit Inventif surtout pour les ballets. Ses desseins furent vus d;ins le royal psials. »
(c Je puis en fournir la preuve : J'ai le ballet de la Douairière de Bilbao, qui est, à n'en point douter, un ouvrage de Daniel Rabel, et qui confirme ce que dit l'abbé de Villeloin de son talent dans ce genre d'ouvrage, et l'on ne peut guères douter qu'il n'ait été fait pour la cour , ce ballet ayant été dansé par Louis XIII « »